Meeting d’information sur le code des personnes et de la famille et sur les élections de 2012 au stade du 26 mars ATT invité par le Haut Conseil Islamique à promulguer le Code, maintenant

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La communauté musulmane s’était donné rendez-vous, le samedi 14 janvier 2012 au stade du 26 mars, à l’appel du Haut Conseil Islamique du Mali (HCIM) pour un meeting d’information portant sur le Code des personnes et de la famille et sur les élections de 2012. Dans son adresse aux 50 000 personnes qui avaient pris d’assaut les gradins, le président du HCIM, El hadj Mahmoud Dicko, a soutenu que le Code peut désormais être considéré comme un acquis. Avant de relativiser ses propos, en disant : " Contrairement à ce que disent les rumeurs, je suis sûr et certain qu’ATT va promulguer le Code…Qu’il respectera sa parole ". La gestion du pays est également passée au crible…avec la corruption, le népotisme, le clientélisme et la mauvaise gouvernance traités comme de véritables menaces pour le Mali, " un pays islamique ".  

On se rappelle que c’est le 22 août 2009 que le Haut Conseil Islamique du Mali avait tenu un meeting monstre au stade du 26 mars pour protester contre le Code des personnes et de la famille que l’Assemblée nationale venait de voter le 3 août du même mois.

Suite à cette démonstration de force, le pouvoir a été contraint de reculer. Car, de mémoire de Maliens, aucun meeting n’avait auparavant réussi à remplir ce stade, l’un des plus grands d’Afrique avec ses 50 000 places. Et cela sans bourse délier. Tout ce beau monde, certes très anxieux à l’époque, avait fait le déplacement par ses propres moyens. Ce jour-là, le pouvoir a failli basculer. Et si l’intention des organisateurs était, ce samedi 22 août 2009, de s’emparer du pouvoir, le président de la République serait aujourd’hui déjà en train de passer une retraire anticipée dans son Soudoubaba natal de Mopti. Ou ailleurs dans le monde. Car ce jour-là, le président ATT était en voyage officiel à l’étranger. Tout cela pour dire que Dieu aime le Mali démocratique…En ce sens également que les amendements voulus par le Haut Conseil Islamique sont largement partagés par l’écrasante majorité de notre peuple, dont plus de 95% se réclame de l’Islam.

Le samedi 14 janvier, c’est donc un meeting d’un autre genre, d’expression de  victoire et de joie, qui était organisé dans ce beau stade, pris d’assaut, dès les premières heures de la journée, par une foule enthousiaste de fidèles musulmans, dont un nombre important de femmes et de jeunes. 

Prenant la parole, et cela avant l’arrivée de certains hauts dignitaires religieux attendus tel le Chérif des Chérifs Bouye Haïdara de Nioro, dont le président du HCIM, El hadj Mahmoud Dicko, était parti à la rencontre à l’entrée de la ville de Kati, Mohamed Traoré du HCIM a entretenu l’auditoire des importants amendements portés dans le Code adopté par l’Assemblée nationale, le 3 décembre 2009. Parmi les revendications que la communauté musulmane souhaitait voir prises en charge, il a égrené, point par point, la dizaine de modifications apportées au Code adopté. Au titre de celles-ci, il y a, tout d’abord, le fait que dans l’ancienne mouture, il avait été biffé la formule " obéissance de l’épouse à l’époux ". Dans le Code adopté le 2 décembre 2011, il ressort, d’après le représentant du HCIM, que la femme doit désormais " respect et obéissance " à son mari. Une intervention sur le corps humain n’est plus l’apanage des seuls toubibs.

La circoncision et l’excision continueront à être pratiquées par ceux-là dont c’est le métier depuis des lustres. La femme mariée ne pourra pas, sans l’accord de son mari, choisir un autre lieu de résidence différent de celui de son époux, le chef de famille.  L’âge du mariage de la jeune fille, qui avait été fixé à 18 ans, redescend à 16 ans voire moins, avec l’accord des parents. En commentant cette partie, Mohamed Traoré dira que " nos rues sont remplies de filles enceintes âgées parfois de 13 à 14 ans ". Pour lui, maintenir l’âge du mariage à 18 ans, c’est encourager l’adultère et le vagabondage.

D’autres chapitres sur lesquels le HCIM a marqué des points ont trait, entre autres, au partage de l’héritage, aux droits que l’ancien Code accordait à l’enfant adoptif dans le partage de l’héritage, au mariage religieux qui retrouve droit de cité au même titre que le mariage civil. Désormais, les imams seront formés dans le but de pouvoir délivrer des certificats de mariage qui auront valeur partout. L’héritage est un sujet extrêmement important qui a fait l’objet d’intenses tractations au sein de la commission bipartite Assemblée nationale-HCIM présidée par Pr. Dioncounda Traoré, président de l’institution. Ici, la poire est partagée en trois. Mais pour le musulman, le partage de l’héritage se fera comme le Saint Coran l’a prescrit. Sur d’autres sujets, telle la possibilité pour la femme divorcée de continuer à utiliser le nom de son ex-mari, ou que la veuve continue à vivre sous le toit de son défunt mari jusqu’à ce qu’elle se remarie, le HCIM a eu satisfaction. Dès après le partage de l’héritage, la veuve est libre ; la femme divorcée ne pourra continuer d’utiliser le nom de son ex-mari qu’avec l’accord de celui-ci.

" Le Mali est un pays islamique " dixit Mahmoud Dicko

Le meeting du samedi dernier avait réellement commencé aux environs de 11 heures. Mais c’est autour de midi que la forte délégation du Chérif de Nioro, avec la mission conduite par le président du HCIM partie à sa rencontre à Kati, fit son entrée au stade dans un tonnerre d’applaudissements et aux cris Allahou Akbar ! Allahou Akbar ! (Dieu est Grand).

Arrivée à bord d’une 4×4 Lexus dernier cri dans un convoi de plusieurs voitures, le Chérif des Chérifs fit un long et chaleureux salut des deux mains à l’assistance, sous le flash des dizaines de journalistes et de photoreporters accourus pour ne pas rater cet instant historique. En effet, selon El hadj Mahmoud Dicko à qui le haut dignitaire religieux s’est confié, c’est la toute première fois que le Chérif des Chérifs franchit les portails d’un stade. Qui s’est dit prêt à tout instant à aller partout où l’Islam l’appellera.

Prenant la parole dans un stade où le thermomètre commençait à monter, le soleil étant déjà au firmament mais sans que cela n’ait aucun effet sur le public, El hadj Mahmoud Dicko dira que tout a été dit à propos du Code qui est, selon lui, déjà derrière nous. Il a, toutefois, émis quelques inquiétudes car, d’après lui, il y a des rumeurs qui tendent à faire croire que le président ATT ne promulguera jamais ledit Code. A ceux-ci, Mahmoud Dicko de répondre : " Contrairement à ce que susurrent certains, je suis sûr et certain que le président de la République va promulguer le Code. Par respect pour sa parole…". D’après le président du HCIM, notre pays est confronté à plusieurs défis. Mais celui autour duquel tout s’articulent tous les autres est celui des élections à venir.

Il a fustigé les maux qui gangrènent notre société au nombre desquels l’injustice et la malhonnêteté. Avant de soutenir que   quelque soit le président de la République qu’on élira en 2012, s’il n’y a pas la justice, la droiture dans le pays, cela ne rimera à rien. Il a dit ne pas comprendre l’attitude, par exemple, des forces de sécurité qui font peser beaucoup d’insécurité sur les populations qu’ils sont censés protéger, comme vient de l’attester un récent cas.

Cela est impardonnable, a-t-il regretté. El hadj Mahmoud Dicko a dit que tout le monde sait, dans notre pays, ce qui se passe au sein de l’appareil judiciaire. Il faut que cela change, a-t-il martelé sous une salve d’applaudissements. Selon le président du HCIM, le Mali ne peut rester dans une telle situation. Aussi, a-t-il dit qu’" Il est temps de mettre fin à la récréation en matière d’école et de manque d’emploi ".

Pour lui, " la menace qu’il y a au Mali, aujourd’hui, n’est pas la menace islamique, comme le prétendent certains. Mais c’est la corruption, le népotisme, le clientélisme, l’illettrisme et la mauvaise gouvernance, ce sont-là de réelles  menaces qui sévissent dans notre pays ". Raison pour laquelle, selon lui, l’avenir de la nation est menacé.

El hadj Mahmoud Dicko dit que le " Mali est un pays islamique " et que " cela peut plaire ou ne pas plaire ". Avant de terminer, il a demandé que chaque candidat à l’élection présidentielle délivre son programme devant la nation. Afin qu’on sache quel travail envisage-t-il de mettre en œuvre quand il sera élu. Rappelons que dans la loge officielle, il y avait plusieurs responsables politiques qui avaient fait le déplacement pour assister à cette cérémonie qui a toute son importance en cette veille d’échéances électorales importantes. Et dont le HCIM compte bien pouvoir jouer le rôle de sentinelle pour la bonne organisation et la transparence desdites échéances.

 "Toute tentative de faire  imposer quelqu’un par la fraude à la tête de l’Etat trouvera le HCIM sur le chemin de Koulouba " ont promis les dignitaires religieux, lors de ce grand rassemblement qui avait toute l’allure d’une mise en garde…Avec l’espoir qu’ils ont été entendus.

Mamadou FOFANA

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