Forces de défense et de sécurité : Gao exige le respect de son «quota» dans les recrutements

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Les ressortissants de la commune urbaine de Gao à Bamako ont animé samedi 15 juin un point presse à la Maison de la presse. Il s’agissait pour eux de manifester leur soutien à la jeunesse de Gao révoltée pour le non-respect du quota qui leur revient dans les recrutements des forces de défense et de sécurité. 

 Animé par Dr. Hamidou Issoufi, président de l’association, le point de presse, qui a réuni les cadres et élus de la commune urbaine de Gao, a permis de mettre l’Etat devant le fait accompli du non-respect de ses engagements, suivant l’arrêté N°2018-1198jMSPC-SG du 19 février 2018 portant ouverture d’un concours direct de recrutement d’élèves fonctionnaires de la Protection civile, et la décision N°2018-0289j2 DGPC-SG du 15 mars 2018 portant désignation des membres de la Commission nationale de recrutement au sein de la Protection civile.

À en croire le président de l’association des ressortissants de la commune urbaine de Gao, c’est après investigation et recoupement de toutes les informations, dont celles fournies par l’administration, qu’ils ont constaté, avec regret, que ledit recrutement s’est opéré en violation de toutes les procédures. «Sur les vingt-huit (28) candidats retenus pour la protection civile au titre de l’année 2018, dans le quota de Gao, trois seulement sont résidents de Gao», a-t-il déclaré.

Il dira que ledit recrutement n’a fait l’objet d’aucun communiqué, ni de concertation en violation de l’engagement du ministre de la Sécurité et de la Protection civile, le mercredi 13 novembre 2018 à Gao. Et d’ajouter que les démarches de la Société civile, à travers le président du Cadre de concertation et le Chef Arma auprès du Gouverneur, pour obtenir des informations sur la situation, se sont soldées par le refus de ce dernier de délivrer la liste des élèves fonctionnaires admis à la Protection civile.

Par ailleurs, à en croire Dr. Hamidou Issoufi, une cohorte d’admis a été découverte en avril 2019 dans trois bus à Tin-Esserned en partance pour Bamako. Il a ensuite fustigé le refus des autorités de fournir la liste et le nombre de candidats ayant postulé au concours de la Protection civile à Gao.

«Considérant qu’en dépit de la signature de l’Accord pour la Paix et la Réconciliation issu du processus d’Alger, les régions du Nord et singulièrement celle de Gao a été fortement marginalisée dans les recrutements directs de forces de défense et de sécurité. Considérant la déclaration du Ministre de la Sécurité et de la Protection Civile à la conférence des cadres de Gao en date du 13 novembre 2018 suite à son interpellation par la même société civile de Gao. De ce qui précède, nous, ressortissants de la Commune Urbaine de Gao et cadres de la région : réitérons notre soutien total à la société civile de Gao et à sa jeunesse ; Informons l’opinion nationale et internationale de la situation qui prévaut dans le dossier de recrutement d’élèves fonctionnaires de la Protection Civile dans la région de Gao ; exigeons la restitution du quota réel de Gao ; exigeons la suspension, sans délai, du recrutement en cours de la Police et de la Garde Nationale en attendant que la situation soit totalement élucidée à tous les niveaux ; demandons la mise en place d’un système équitable, transparent et consensuel de recrutement dans les corps en uniforme de l’Etat ; appelons les populations au calme et à la retenue et éviter l’amalgame au niveau des patronymes (noms de famille)», martèlent les ressortissants de Gao.

Et Dr. Hamidou Issoufi de conclure en ces termes : «Nous informons l’opinion nationale et internationale que la non satisfaction de ces points de revendication, qui sont pour nous légitimes, engendreront d’autres actions de notre part en synergie avec la Société Civile et la Jeunesse de Gao».

 

Gabriel TIENOU

 

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