Mali: Un coup d’État militaire consommé

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Comme en 2021, le Mali a vécu son 4è coup d’état militaire le mardi dernier. Plongé dans une crise sociopolitique depuis presqu’un mois, avec une frange de la population qui réclame le départ du Président de la République. Elle l’a fait savoir après plusieurs marches et meetings à travers la capitale et dans les capitales régionales.

C’est ainsi que le mardi, tôt le matin, des militaires ont organisé une mutinerie. Ils ont commencé à tirer en l’air à l’intérieur du camp Soundiata Keita de Kati.

Ce fut le début d’un film en plusieurs péripéties, marqué notamment par les arrestations des personnalités politiques et militaires durant toute la journée.

Le Président de l’Assemblée nationale, Moussa Timbiné, le ministre de la Justice Kassoum Tapo, le ministre des Affaires étrangères et de la Coopération international, Tiebilé Dramé, le ministre de la Défense et des Anciens combattants, général Ibrahim Dahirou Dembelé et son homologue de la Sécurité et de la Protection civile, général M’Bemba Moussa Keita sont tour à tour mis aux arrêt par les mutins.

Trois officiers supérieurs de l’Armée du Mali sont à la tête de ce coup d’Etat militaire. Il s’agit des colonels Malick Diaw, Sadio Camara, Cheick Fatamady Dembelé, Isamael Wagué et autres officiers supérieurs de l’Armée.

C’est au coup de16h que les mutins sont arrivés chez le Président de la République Ibrahim Boubacar Keita, le trouvant en entretien avec son Premier ministre Dr Boubou Cissé. Ils leur ont annoncé leur arrestation.

Le Président Ibrahim Boubacar Keita et Dr Boubou Cissé ont été conduits par les mutins au Camp Soundiata Keita de Kati.

Tard la nuit, le Président Ibrahim Boubacar Keita a lu un communiqué pour annoncer sa démission de la présidence de la République, la dissolution de l’Assemblée nationale et celle du Gouvernement.

La Communauté internationale a condamné ce coup de force intervenue au Mali. La CEDEAO se réunira aujourd’hui pour statuer sur la question en visioconférence, sous l’égide de son président en exercice le Nigérien Mahamadou Issoufi. Une chose est sûre, le Mali sera sanctionné.

Les mutins qui se sont presents sous le nom d’un Comité national du salut du peuple (CNSP) ont dans une déclaration annoncé la fermeture des frontières aériennes et terrestres jusqu’à nouvel ordre. Ils ont instauré un couvre-feu de 21h à 6h du matin ainsi que l’organisation des élections générales.

Ils annoncent notamment la mise en place d’un organe de collège transitoire composé de personnalités politiques et militaires.

Plusieurs acteurs politiques et civils ont été arrêtés et plusieurs en fuite. Le Mali va t-il encore revivre la même situation de 2012 ? Les prochains jours nous edifieront.

Seydou Diamoutené

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