Exposition 2019 Beijing: Vendre le Mali à travers la musique et le tourisme

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Notre pays était la vedette de cette exposition, le dimanche 21 juillet dernier au Parc d’exposition Beijing de Yanquing.

Co-présidée par l’Ambassadeur du Mali en Chine, Didier Dakaou et le directeur adjoint de l’événement, cette cérémonie a commencé par l’exécution des deux hymnes nationaux: malien et chinois. Elle a enregistré la présence de plusieurs diplomates africains, des Maliens résidant dans l’empire du milieu et un public chinois, en grand nombre.

Le slogan de l’événement est institulé: ” vivez vert, vivez mieux!”.

Le Mali, à l’honneur dans ce pays, a été bien apprécié, applaudi, soutenu, grâce à la musique et à ses potentialités touristiques.

L’Ensemble instrumental national du Mali, créé au lendemain de l’indépendance en 1961, a émerveillé le public par ses prestations. Il a fait danser Maliens et Chinois ainsi que des diplomates africains.

Dans une tenue traditionnelle en basin de couleur jaune, avec des instruments typiquement maliens, sous la conduite de Moussa Mariko, flûtiste et directeur artistique, ce groupe musical, avec ses chanteuses à la voix d’or, a rehaussé l’image du Mali. Sans oublier les pas de danse envoûtants, la tonalité de chaque instrument, qui adoucit le coeur et illumine le visage.

Des morceaux fétiches comme ” An Ka Ben” ( rien ne vaut la paix – unissons nous… Unis, nous bâtirons le Mali); Tie Kanon, chanté en Dogon, pour louer le bienfait qui n’est jamais perdu; Safari goï Kamba, en Sonrhaï, chant d’amour, comme principe d’union et de cohésion sociale. Grosso modo, il exalte en ces termes: ” aimez- vous les uns, les autres”. Viennent ensuite le morceau peulh, dédié à la bravoure: ” Bandan Leburu”, Duga, hymne à la bravoure, Cedo, hommage à la bravoure, Mali Sadio…

Tous ces morceaux ont fait vibrer l’auditoire, au point que des maliens et maliennes n’ont pas manqué de mettre la main à la poche pour arroser les artistes, sous les yeux étonnés de certains chinois.

Parmi  les diplomates, il y avait une forte présence de  Congolais, les deux ( Brazzaville et Kinshasa). Ce qui a conduit nos artistes à chanter ” Boyayé les Africains” ( les Africains sont les mêmes). Une chanson fétiche dans ces grands milieux de la musique africaine. Ainsi, la scène a rapidement pris une autre couleur, une nouvelle ambiance, avec ces diplomates  danseurs  qui ont envahi la piste, avec élégance. Non sans distribuer quelques billets de banque aux artistes. Ils étaient fièrs, les visages épanouis.

C’est dans cette atmosphère carnavalesque que l’ambassadeur Didier Dakaou s’est adressé au public.

D’une voix calme, apaisée, habillé en grand boubou, trois pièces, coiffé d’une chéchia blanche et d’une babouche blanche, il a tout d’abord salué ” cette belle initiative du gouvernement de la République populaire de Chine d’organiser cet évènement d’envergure mondiale, jamais égalé tant par sa durée que par le nombre des participants”. Il a ensuite rappelé l’objectif de Beijing Expo, qui vise, selon lui, non seulement à promouvoir un cadre de vie agréable et sain pour tous à travers l’adoption de bonnes habitudes et de meilleures techniques culturales de fleurs; mais aussi à créer, sur une durée de six mois, un tremplin d’échanges multidimensionnels, techniques, artistiques et culturels entre peuples de divers horizons.

Le Général devenu diplomate n’a pas manqué d’expliquer la situation géographique du Mali, de rappeler sa glorieuse histoire, sa culture cosmopolite, ses potentialités économiques avec l’agriculture, l’élevage et sa croissance de 5, 3%.

Enfin, il a loué l’excellente relation qui lie la Chine au Mali, depuis son indépendance en 1960.

Puis intervient un intermède musical, suivi de l’exposé  d’Ibrahim Touré, de l’Agence pour la Promotion des Investissements ( API- Mali).

Avec brio, le jeune Touré a expliqué le climat attrayant des affaires au Mali: Code des investissements, création d’entreprise individuelle en 72 heures, non discrimination entre locaux et internationaux… S’y ajoute le potentiel de la transformation agro-industrielle, avec le coton, les produits laitiers, les fruits et légumes.

Il sera suivi par le secrétaire général du ministère de l’Artisanat et du Tourisme, Hamane Demba Cissé, appuyé par Moctar Bah, directeur général adjoint de l’Agence de Promotion Touristique du Mali. A l’aide d’un power point, ce dernier a fait ressortir l’immense potentialité touristique du Mali, en mettant l’accent sur la région de Sikasso, un nouveau pôle attractif. Celui-ci a même été visité par un tour operator chinois, il y’a quelques mois. Les images ont été projetées à l’assistance.

La boucle a été bouclée, comme on le dit par l’Ensemble Instrumental national du Mali.

La fête fut belle, le Mali, une fois de plus a été bien vu, bien vendu à la fois, à travers la musique, les potentialités touristiques, et bien sûr son climat d’affaires, très propice aux investisseurs.

Rappelons que la troupe musicale de Moussa Mariko a surtout connu sa gloire pendant la première République, sous Modibo Keita, qui accordait une place prépondérante à la culture malienne.

C’est ainsi qu’en 1963, l’Ensemble instrumental national du Mali a obtenu une médaille d’or folklorique au théâtre des Nations unies à Paris. En 1966, le revoici avec une médaille d’or au premier festival des Arts nègres à Dakar. Ce n’est pas tout. En 1969, elle décroche la médaille d’or au premier festival panafricain des Arts à Alger. Sa dernière médaille d’or date de 1995. C’était celle de la mélodie à Johannesburg ( foire afro- arabe).

Cette troupe national qui chante dans toutes les langues locales a effectué plusieurs tournées à travers le monde. C’est une fierté nationale, qui a un repertoire très riche, peu connu des nationaux. Hélas!

El Hadj Chahana Takiou, envoyé spécial à Beijing

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En encadré

Le Général Didier Dakaou, déjà dans ses habits de diplomate

Une forte délégation malienne a séjourné à Beijing, ou Pékin, du 18 au 22 juillet dernier. Composée des responsables du Tourisme malien, d’API- Mali, de trois journalistes et d’une vingtaine d’artistes de l’Ensemble instrumental national du Mali, la délégation a été bien accueillie dès l’aéroport de la capitale chinoise, par le premier conseiller, Almoustapha Dicko, accompagné des deuxième et troisième conseillers, respectivement Bocary Bocoum et Mme Diarra, et bien sûr du protocole attitré de l’Ambassade.

Rapidement, les hôtes du jour sont installés dans un hôtel confortable, dans la périphérie de Pékin, non loin du lieu de l’événement, à savoir l’Exposition Beijing 2019.

Pour être proche des invites, afin de les mettre dans les conditions les meilleures, Moustapha Dicko a abandonné son domicile, femme et enfants, pour venir loger avec eux, dans leur hôtel.

Principal organisateur, côté malien, de l’Exposition Beijing 2019, Dicko s’est fait appuyer par un groupe d’étudiants et stagiaires maliens, en Chine. Très disponibles, ces derniers étaient permanament en place pour aider, accompagner et faire l’interprète dans les restaurants, marchés et autres démarches administratives.

Après la Journée du Mali le 21 juillet, son excellence Didier Dakaou a invité la délégation à la chancellerie autour d’un déjeuner pour dire, entre nous, le Mali.

L’Ensemble instrumental national du Mali a mis à profit cette occasion pour rappeler les hauts faits du nouvel Ambassadeur, qui a côtoyé pendant des années la mort, dans le Nord et dans le Centre du Mali. Il a eu la vie sauve grâce à Dieu et à la bénédiction de ses parents, a soutenu le porte-parole de la troupe folklorique. Celui-ci, connaissant bien le père du Général-diplomate et son arbre généalogique, a fait vibrer la fibre patriotique et le coeur de Didier Dakaou.

” C’est notre tradition, notre culture, nous sommes obligés de les respecter, chaque fois que nous rencontrons des nobles, des dirigeants de notre pays qui sont à la hauteur des missions confiées à eux par la patrie.

Didier, tu aurais pu nous envoyer un émissaire pour tes salutations, comme le font certains. Tu as tenu à ce que nous venons chez toi, en ton lieu de travail, nous te remercions pour ce geste. Arrivés au pays, nous allons le dire à nos chefs”, a t-il expliqué.

Pour sa part, l’Ambassadeur s’est dit fier de leur prestation, avant de demander l’implication de tous, à quelque niveau de responsabilité qu’il se trouve, pour contribuer au retour de la paix, de la quiétude et de la cohésion sociale au Mali. Ensuite, comme le veut la tradition, il a remis une grosse enveloppe à l’Ensemble instrumental national du Mali. Imaginez la joie et les sons des différents instruments musicaux des artistes qui ont rivalisé, sans compte les voix suaves des chanteuses pour dire grand Merci au généreux donateurs.

Sur ce, les hôtes du jour sont invités à se mettre à table, avant de prendre la direction du marché pour trois longues heures.

Retour à l’Ambassade aux environs de 18h pour la route de l’aéroport.

Revoici Son Excellence Didier Dakaou, à la tête de la délégation pour la conduire dans un restaurant huppé de la capitale chinoise pour déguster le Canard laquais et plusieurs autres mets chinois. On y sert quatre, cinq, voire six repas différents qui portent la marque de l’empire du milieu.

Les uns et les autres se sont bien regalés avant de poursuivre le chemin de l’aéroport pour un vol de onze longues heures : Pékin – Addis Abeba.

En tout cas, la délégation a été bien accueillie, honorée par les représentants du Mali.

Vivement une autre mission à Beijing!

El Hadj Chahana Takiou, envoyé spécial.

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