Mobilisation nationale après les attaques du 25 avril : Culture, artisanat et tourisme en première ligne pour défendre l’unité nationale
Réunis au CICB autour du ministre Mamou Daffé, artistes, artisans, opérateurs touristiques et traditionalistes
Réunis au CICB autour du ministre Mamou Daffé, artistes, artisans, opérateurs touristiques et traditionalistes ont rendu un vibrant hommage au général de corps d’armée Sadio Camara, tout en appelant à la cohésion nationale, à la vigilance citoyenne et au soutien des Forces armées maliennes face à la menace terroriste.
Présidée par le ministre en charge de la Culture, Mamou Daffé, la cérémonie a réuni une forte mobilisation d’artistes, d’artisans, d’opérateurs économiques, de traditionalistes, de responsables associatifs ainsi que plusieurs figures emblématiques du monde culturel malien. La salle des 1 000 places du CICB, pleine à craquer, témoignait de la portée symbolique et émotionnelle de l’événement.
L’un des moments les plus marquants de la rencontre fut l’hommage rendu au général de corps d’armée Sadio Camara, tombé lors de l’attaque terroriste du 25 avril 2026 à Kati.
Un hommage chargé d’émotion
Dès l’ouverture de la cérémonie, l’émotion était palpable. Plusieurs interventions ont salué la mémoire du défunt général, présenté comme une figure du patriotisme et du sacrifice pour la nation.
La présence exceptionnelle de la cantatrice Kandia Kouyaté, devenue rare sur les grandes scènes publiques ces dernières années, a particulièrement retenu l’attention. Son apparition a été interprétée comme un geste fort de solidarité nationale et d’attachement aux valeurs de cohésion.
Moment de haute intensité symbolique, l’interprétation du titre traditionnel « Dianjo » par Kandia Kouyaté, accompagnée par l’Ensemble instrumental du Mali, a plongé la salle dans un profond recueillement. Habituellement réservé aux grandes figures historiques, ce chant a résonné comme une consécration posthume pour le général disparu.
« Former une ceinture de sécurité autour du Mali »
Au nom des organisations faîtières du secteur culturel, le président du Recotrade, El Hadj Moctar Koné, a appelé les Maliens à dépasser les divisions pour faire front commun contre les menaces qui pèsent sur le pays.
« Le peuple malien doit former une ceinture de sécurité pour sauver la nation », a-t-il déclaré sous les applaudissements de l’assistance.
Dans la même dynamique, plusieurs intervenants ont insisté sur la nécessité de renforcer l’unité nationale et de préserver le vivre-ensemble face aux tentatives de division.
Pour M. Dagamaïssa, le contexte actuel impose de tourner le dos aux querelles internes :
« L’heure est venue d’oublier le passé et de se donner la main pour bâtir un Mali fort et prospère ».
Les représentants des secteurs économiques et culturels ont unanimement exprimé leur soutien aux Forces armées maliennes (FAMa) et aux autorités de la Transition engagées dans la lutte contre le terrorisme.
Au nom des acteurs de l’industrie hôtelière et de la restauration, Satigui Diallo a salué les efforts des autorités tout en invitant les Maliens à multiplier les prières pour le repos de l’âme du général Sadio Camara et de toutes les victimes du terrorisme.
Le président de l’Assemblée permanente des chambres de métiers du Mali (APCMM), Mamadou Minkoro Traoré, a insisté sur la nécessité de préserver l’essentiel : « Le seul bien commun que nous partageons, c’est le Mali ».
Fort de plusieurs millions d’adhérents à travers le pays, le secteur artisanal a également plaidé pour un renforcement de la vigilance citoyenne et une meilleure circulation des informations vers les autorités compétentes.
Les interventions des représentants des traditionalistes et des dozos ont donné à la rencontre une dimension historique et identitaire.
Le porte-parole des traditionalistes a rappelé les grandes heures de résistance du Manding face aux épreuves, estimant que le général Sadio Camara incarnait l’héritage des grandes figures guerrières du pays.
Les représentants des chasseurs traditionnels, conduits par le Dr Fodé Moussa Sidibé, ont réaffirmé leur engagement dans la défense du territoire national : « Le Mali ne peut se construire sans les dozos. Nous restons en première ligne dans la reconquête du pays ».
Le gouvernement appelle à la vigilance et rejette les amalgames
Le ministre Daffé a observé une minute de silence à la mémoire des victimes du terrorisme avant de lancer un appel à la responsabilité collective.
Face à la montée des rumeurs et de la désinformation, le ministre a exhorté les populations à privilégier les informations vérifiées et à signaler tout comportement suspect aux autorités compétentes. « Chacun doit garder un œil sur son environnement », a-t-il insisté.
Le ministre a également mis en garde contre les risques de stigmatisation communautaire et de justice populaire, estimant que ces dérives pourraient servir les objectifs des groupes terroristes cherchant à fracturer le tissu social malien.
Le premier responsable de la culture a présenté la disparition du général Sadio Camara comme un héritage patriotique : « Il nous a légué son foulard. Cela signifie que chacun de nous doit devenir un Sadio Camara, prêt à porter le Mali ». M. Daffé a réaffirmé la résilience de l’Etat face aux attaques terroristes. Et de conclure son allocution sur un message d’espoir et de fermeté : « Le Mali est debout. Ne cédons pas à la peur. Les grandes nations se forgent dans la douleur ». Avant de rappeler le rôle central de la culture dans la consolidation de l’unité nationale : « Lorsque notre pays est attaqué, nous devons nous donner la main. C’est ensemble que nous sommes forts ».
Y.A.C