Seydou Coulibaly, Fondateur et Directeur du Festival international DIDADI de Bougouni : « Il y a des signes qui nous montrent une bonne perspective du festival dans les jours à venir »

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Les rideaux sont tombés, le samedi 18 mars dernier, du festival international DIDADI de Bougouni. Ce rendez-vous majeur dans l’agenda culturel de la troisième région était à sa 4ème édition. Selon Seydou Coulibaly, Fondateur et Directeur du Festival international DIDADI  de Bougouni, cette rencontre vise à faire de Bougouni, un pole d’attraction à travers l’événement. Seydou Coulibaly travaille à accroître les opportunités de développement dans tous les secteurs d’activités.  Il nous a entretenus sur ses ambitions, objectifs et la perspective du festival. L’interview !

Êtes-vous satisfaits en termes d’amélioration, d’évaluation et d’organisation du festival ?

Je suis très satisfait. Chaque année, il y a une nette amélioration du festival. Sur le plan d’évaluation, on constate à vue d’œil chaque année par un accroissement des participants. En ce qui concerne les populations, de plus en plus, s’intéressent au festival. C’est elle qui nous vient souvent demander par rapport à l’organisation. Cela réconforte moralement dans ce que nous faisons.  Ce sont des signes qui nous montrent que le festival est sur un bon train et évolue bien à satisfaction.

Où en est-il avec la mobilisation ? Le défi est-il relevé  au fil de temps?

La mobilisation est continuelle et l’on ne se fatigue pas à y faire. Il faut sensibiliser. Nous constatons qu’à chaque année il y a une avancée notoire comparativement aux éditions précédentes. L’un des objectifs du festival c’est la sensibilisation pour promouvoir le développement de Bougouni surtout, une ville carrefour on s’attend à une mobilisation de la masse populaire. Pour ce faire, il faut continuer toujours à sensibiliser davantage. Nous avons mis en place une politique de sensibilisation. D’année en année, elle fera son résultat. Ce qui nous permet de prendre contact avec les ressortissants et la communauté des ressortissants à l’intérieur du pays comme en dehors également, les faire venir à Bougouni au moins une fois dans l’année.

Nous mettons l’accent d’abord à l’intérieur de la région de Sikasso, voire ailleurs la communauté des ressortissants beaucoup plus nombreuse en côte d’ivoire, pays frontalier du Mali et de la Guinée. Il faut aussi reconnaitre que la mobilisation est un processus à longue durée dans notre cas. Nous profitions de notre proximité avec ces deux pays voisins. Nous sommes en contact avec d’autres festivals, pour nous améliorer d’une édition à l’autre.

Qu’en est-il avec la promotion des artistes locaux pour leur participation active au festival ?

Le festival vise la promotion des produits locaux. C’est d’ailleurs notre créneau, qui ne relève pas du hasard, notamment les produits agricoles, artisanaux et mêmes artistiques. Ici, à Bougouni nous avons assez de jeunes qui ont besoin de visibilité  mais comment les offrir ? Cette année, nous avons fait passer beaucoup de jeunes qui nous ont prouvé l’exemple de leurs compétences réelles ne sont plus à négliger.

Sur le plan de la culture des produits agricoles, nous avons entamé des démarches  dans les dix ans à venir d’accroitre la visibilité de ceux qui ont de la compétence avérée non négligeable. Le festival, c’est aussi donner une possibilité à tous ceux-ci qui veulent aller de l’avant de se confirmer. Les dispositions sont prises et les contacts sont renoués dans ce sens. A travers un appel lancé à l’endroit de tous, ceux qui viennent nous aiderons par ce que nous pouvons pour les aider à faire valoir leurs compétences.

La question s’invite au débat depuis dans les coulisses. Où en est-il avec la périodicité du festival?

Vous savez à Bougouni, les gens ne connaissent pas assez ce que c’est que le festival ? Depuis la première édition nous avons été confrontés à ce problème, certes l’organisation d’un festival n’est pas aussi facile qu’on peut imaginer non en termes économique mais aussi sur le plan physique. Pour ce qui concerne la périodicité annuelle, à peine fini, on entame les préparatifs de l’édition qui suit, sur tout autre plan parce qu’il est jeune et aussi nouveau, les gens peuvent facilement tomber dans l’oubli.

Organiser le festival une fois par an et chaque année se confirme malgré toutes les difficultés que nous pouvons avoir, mais on verra cela n’est pas exclu s’il faut chaque deux ans, surtout dans une ville où rien ne se passe c’est l’unique activité culturelle il serait mieux qu’on se donne la main en le faisant une fois par an, c’est ainsi vraiment mon objectif. Je ne dirai pas qu’il restera ainsi, mais je sais qu’avec l’appui de tout le monde on peut procéder ainsi.

Les collectivités du cercle, au nombre de 26 communes, resteront-elles en marge de l’événement ?

Non, nous avons les collectivités intégrées dans notre démarche participative et organisationnelle du festival, sauf que le budget alloué au secteur de la culture est négligeable dans notre pays en général. Elles n’ont, peut-être, pas les moyens. Notre souhait est de leur faire venir, ainsi pour réfléchir ensemble  et voir si même les 26 communes pouvaient rencontrer les organisateurs du festival et converger les idées, mais il faut se détromper l’organisation d’un festival n’est pas simplement lié à l’argent, la volonté ensuite l’engagement dans le temps. Je lance un appel aux ressortissants ou non de Bougouni, maliens ou étrangers, mon objectif en organisant ce festival, qu’on sache en dehors du carrefour naturel est aussi un carrefour culturel car se situe à cheval entre deux pays, la côte d’ivoire et la guinée et à quelques kilomètres de Bamako, si la population comprenait qu’elle peut réellement profiter d’un atout majeur non négligeable  on ne trouverait mieux que de s’occuper de ce festival et le pérenniser davantage.

Le gouvernement déplore aujourd’hui qu’il a certainement assez investi dans la culture touristique vers le nord du Mali, avec la crise sécuritaire pour quoi ne pas se rabattre vers le sud du pays, et il en profite mieux. Nous ne sommes pas sans savoir qu’il y a des pays au monde qui ne vivent que du tourisme, au sud il ya de richesse culturelle qui ne tarit jamais. En commun accord, on pourra mieux exploiter, en m’adressant à tous qui soient du cercle, de l’intérieur de la région ou d’ailleurs, on doit venir au festival de Bougouni et ceci pouvant permettre qu’on exploite mieux nos opportunités touristiques et culturelles.

Et sur le plan économique, quel a été le budget du festival ?

L’organisation d’un festival n’est pas chose facile en dehors de la position un peu retentissante des sponsors, au Mali il y a trop de festivals dont beaucoup ne sont pas sérieux, selon les sources. Mais nous croyons à notre démarche très positive et ferme et nous avons un objectif en l’organisant et c’est avec le temps nous cherchons à nous parfaire. Nous appelons nos sponsors et nos partenaires à nous faire confiance, on travaillera de concert avec eux et en toute franchise. Sinon, pour un début ce n’est pas du tout facile. Pour le montant chacun fait avec ses moyens, nous sommes obligés d’aller et de faire avec ce que nous disposons. Nous avons les artistes locaux en première ligne, nationaux, mais jusqu’à preuve le contraire nous n’avons pas pu produire un artiste international. Mais un festival s’organise dans l’ordre de dix à quinze millions en moyenne. Et la plutard de budget va dans le matériel  et il faut bien le confirmer dont les 80% sont investis dans l’organisation.

Que dites-vous à la population que ce festival n’est pas une appartenance de Seydou Coulibaly ?

On peut voir le festival avec moi, Seydou Coulibaly, mais le festival international DIDADI, dont le concept «  DIDADI » tire son origine d’une danse populaire de masse de la troisième région, en particulier Bougouni d’où le concept revient. Ce festival bien qu’il soit une création de Seydou Coulibaly n’est pas pour Seydou Coulibaly, mais il veut seulement promouvoir ce festival tout en priant Dieu que son nom disparait dedans dans les années à venir. Ce festival est pour Bougouni et restera pour Bougouni, et chacun à son niveau, peut faire ce qu’il peut et doit à ce festival, mais voir derrière ce festival, Bougouni et non Seydou Coulibaly.

Entretien réalisé par A.D

 

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