Burkina Faso : A quand la condamnation des vrais coupables ?

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A Bamako, le président burkinabè réfute tout lien avec les rebelles
Le président burkinabè, Blaise Comparoré, à Réo, le samedi 10 mai, au Burkina Faso.
RFI/ Yaya Boudani

Blaise Compaoré doit rendre compte pour les crimes commis sous son règne et les rebellions qu’il est supposé soutenir. Mais si on fait une analyse objective de la situation politique de son pays, on l’a chassé à tort dans la mesure où la Constitution du Burkina  lui permettait de tenter une modification de la constitution. C’est l’Assemblée nationale qui devrait l’en empêcher parce que le peuple n’en voulait pas, mais malheureusement elle ne représentait qu’elle-même et non le peuple.

Le président est seul, les ministres, une trentaine mais les députés sont plus d’une centaine et dotés de pouvoir de contrôle du gouvernement. S’ils jouaient pleinement ce rôle de contrôle, beaucoup de crises seraient évitées. Donc, nos crises politiques et institutionnelles n’ont pas deux responsables, ce sont nos députés. Mais lorsque les crises éclatent, ils font comme s’ils n’en sont pour rien. Quelle hypocrisie ? Les Burkinabè ont bien posé le diagnostic car le peuple a su que l’Assemblée nationale est à la base de son malheur, mais le traitement n’a pas été efficace car les députés ne seront pas inquiétés même si on jugeait le président.

Donc, plus que Blaise, les vrais coupables de la crise politico-institutionnelle au Burkina Faso sont les députés qui ont brisé la confiance du peuple. Maintenant, ils ne courent aucun risque de poursuites, parce que nos lois ne  prévoient pas cela.

Si l’on considère tout l’argent qu’on met dans le fonctionnement de nos Assemblées nationales et pour quel résultat, c’est déplorable ; c’est être victime de son propre système.

L’Assemblée nationale a pour mission principale le vote des lois et le contrôle de l’action gouvernementale. Les députés sont des représentants du peuple qui, leur accorde leur confiance pour parler et agir en son nom. Par suite, les députés ont le devoir de consulter le peuple sur les projets qui concernent la nation et de lui faire régulièrement des restitutions. Mais dans la pratique tout ce qu’ils savent faire, c’est de voter des lois et se faire de l’argent sur le dos du peuple. Ce sont eux qui sont à la base de toutes les crises politiques en Afrique car ils ne jouent pas leur rôle de contrôle de l’action gouvernementale. Au contraire, ils deviennent complices de toutes les malversations du président et de son gouvernement et lui font croire qu’ils peuvent lui garantir son électorat au prochain mandat.

La majorité présidentielle est corollaire en Afrique, il suffit d’être président pour l’avoir. Quel opportunisme ? Malgré ce constat, nos chefs d’Etat continuent à tomber dans leur propre piège pour se faire ridiculiser alors que les vrais commanditaires sont à l’ombre, prêts à changer de vestes pour être avec le nouveau président.

Pour être en paix, l’Afrique doit réfléchir et trouver des stratégies qui obligeraient les députés à jouer pleinement leurs rôles. Il est temps que nous mettions en place notre propre système démocratique qui tiendra compte de nos réalités actuelles et de nos valeurs culturelles.

Le système d’humilité favorise la culture de l’impunité et de l’inégalité devant la loi. On doit trouver une formule de remplacement ou la supprimer simplement. On l’a importé alors qu’elle nous amène dans le gouffre.

Il faut que l’on sache que les Occidentaux peuvent aussi faire école chez nous. Ce que nos valeurs sociales, telles que la solidarité, l’humanisme… qui sont en train de disparaître, peuvent résoudre, les milliards et les armes qu’on nous propose ne peuvent pas résoudre ça.

Dans tout ça, ce qui est marrant, l’UA (Union africaine) et nos organisations sous régionales n’ont aucune capacité d’anticipation des crises. Elles attendent qu’elles éclatent pour venir ensuite jouer aux sapeurs-pompiers. La réalité est que ces organisations n’ont pas de moyens, ni politique, ni financier et ni militaire pour être efficaces. Puisqu’elles sont incapables de jouer pleinement leur rôle.

L’UA et les organisations sous régionales attendent toujours la dernière minute pour faire semblant d’agir afin de ne pas mettre leur incapacité en évidence. Même si elles venaient à temps, elles ne pourraient rien faire, elles préfèrent attendre l’ordre des Occidentaux pour bénéficier de leur appui-conseil.

Mamadou DOUMBIA,

 Professeur de Math au LBAD

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2 COMMENTAIRES

  1. les vrais coupables ne seront jamais jugé ou condamné par la cpi car ils ont eté mis au pouvoir pour proteger les interets de leur maitre.les boys d’etats africains sont des vendu qui appauvrisse les populations aux profil de leur maitre qui les sous estime et prets a les laché quand ils en n’ont plus besoin

  2. Bonjour,
    Je suis tout à fais d’accord avec vous Mr Doumbia, cette analyse plus qu’objective dois nous interpeller tous quant on sais beaucoup de pays africains traversent actuellement la même situation.
    Pour en venir au Mali, la crise de Mars 2012 n’était que la suite d’un abandon total par la classe politique au profit des intérêts d’un groupe.
    A l’époque un article s’intitulant(Honte à nos politiques) parue sur ce même site résumait la situation.
    Mais ce qui est regrettable c’est qu’on a pas tiré les leçons de cette crise: 1. Avoir une assemblée qui peut faire un contre poids au pouvoir et non faire semblant d’être à l’opposition.
    L’élection d’IBK a prouvé que nos hommes politiques n’ont aucune vision, combien de nos parties politiques ont une base éduquée?
    2. On a fais croire à la jeunesse que c’est pas le mérite comme chemin pour réussir mais plutôt la politique et la facilité.
    Pour finir, disait l’autre: L’Afrique n’a pas besoin d’hommes forts mais des institutions fortes!!!

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