Contribution – Par Dr Tiécoro DIAKITE : Le Mali nouveau, slogan ou réalité

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En entend par-ci, par-là faisons le Mali nouveau. Aucune malienne et aucun malien patriote ne peut être indifférent ou contre le Mali nouveau, tellement le peuple malien a souffert de la gouvernance pratiquée dans ce pays depuis le 18 novembre 1968. Certes, le pays a connu certaines évolutions particulièrement sous la gouvernance de feu ATT (constructions d’infrastructures, certaines modernisations) mais entachées de népotisme et de favoritisme, maux qui ont freiné la progression du pays. De 1968 à ce jour, le pays a connu quatre (04) coups d’Etat militaires, soit un (01) coup d’Etat militaire tous les douze (12) ans, une instabilité constitutionnelle quasi continue. Est-ce la voie vers une progression politico-économique et sociale d’un pays du quart monde avec un Produit Intérieur Brut (PIB) de moins de 018 Mds de dollars US pour une population de moins de vingt (20) millions d’habitants nettement inférieur au seuil de pauvreté de 02 dollars par habitant.  

Le pouvoir d’achat du Malien, revenu réel (revenu nominal sur coût de la vie) a nettement baissé, le taux de chômage (% population ne travaillant pas sur population en âge de travailler) s’est nettement détérioré de 1968 à ce jour. Face à tous ces indicateurs macroéconomiques négatifs, peut-on parler de progression ou de bien-être économique et social ? Les Maliens et les Maliennes ne peuvent que souhaiter le Mali nouveau. 

Pour ce faire, il convient de changer radicalement la mentalité et le comportement des dirigeants politico-administratifs et le peuple. Ce qui passe par plusieurs étapes préalables, à savoir : procéder à un constat pour connaitre la réalité économique, politique et administrative, c’est-à-dire procéder à un constat réel de la société malienne. Après ce constat, procéder à un diagnostic, c’est-à-dire déceler les maux de la société et les qualifier, c’est-à-dire diagnostiquer ces maux en les qualifiants. Il restera à définir les solutions pour corriger les dysfonctionnements de la société par l’éducation et ensuite par la répression. Ainsi, le décollage du Mali nouveau sera une réalité. En l’absence de ce processus, le Mali nouveau sera plus un slogan qu’une réalité. Les choses resteront en l’état. Sans ce processus nouveau accompagné de ressources humaines de qualité (compétence, intégrité, patriotisme) rien ne changera. 

C’est un travail de longue haleine qui demande du temps. Ressources humaines de qualité ne se limitent pas seulement aux titulaires de gros diplômes (doctorats ou maîtrises) mais des femmes et des hommes ayant en plus une forte personnalité (exit le népotisme, le favoritisme et l’injustice sociale). Quant on diagnostique, on constate que les gouvenances du passé ont été assombries par les maux précités, ce qui a empêché toute évolution positive de la société malienne. L’éducation de base de la population qui était l’une des meilleure de la sous-région ouest africaine a disparue. La santé mentale, physique, morale et patriotique de la Soudanaise du Soudanais, ensuite de la Malienne du Malien était citée en exemple en Afrique noire. Ce qui n’est plus le cas. 

Le Mali nouveau doit revenir aux situations politico-économiques de 1960 à 1968. Il appartient à la transition militaire actuelle, qui a fait preuve de patriotisme dans le domaine de la souveraineté de guider le peuple malien à revenir sur les vertus de la gouvernance du Président Modibo KEÏTA en instaurant la justice sociale par la lutte contre la corruption, l’injustice sociale, le népotisme et le favoritisme, ce qui permettra de dégager des financements publics à investir dans l’enseignement public et la santé. Compte tenu de la situation financière difficile du pays, il convient de mener une politique d’austérité budgétaire en réduisant les charges de l’Etat par la baisse des hauts salaires et indemnités. Il est inacceptable que l’Etat attribue à des fonctionnaires des rémunérations et indemnités supérieures à quatre (04) millions de F CFA par mois. On ne trouve dans aucun pays voisin les rémunérations et indemnités supérieures à de tels montants.

Au plan de la politique extérieure, le Mali a montré l’exemple en s’affranchissant pour le moment du néocolonialisme français, il doit s’affranchir également de la MINUSMA qui sert les intérêts français et de tous les valets africains. Ainsi, il acquira sa pleine souveraineté. 

 

Dr Tiécoro DIAKITE

Docteur en Economie du Développement (Paris I)

Diplômé Expertise Comptable (Paris)

Diplômé en Droit des Affaires (Paris I)

Ancien Ministre

Ancien Expert principal du BIT

Lauréat International AWARD 2008

Chevalier de l’Ordre National du Mali

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