Déclaration des femmes détenus à Bamako, Markala, Manantali, Sélingue et Dioila

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Nous, femmes des Militaires détenus dans le dossier du 30 avril 2012 communément appelé dossier béret rouge, dans les locaux de la gendarmerie Nationale au Camp I de Bamako, Markala, Sélingué et Dioïla :

Considérant l’évolution socio-économique du pays ;

Considérant le contexte politique national actuel ;

Considérant le début de la mise en œuvre de l’accord pour la paix et la réconciliation au Mali, issu du processus d’Alger, signé les 15 mai et 20 juin 2015 ;

Considérant l’engagement du Gouvernement du pour la création et la fonctionnalité de la Commission Vérité, Justice et Réconciliation «CVJR» suivant ordonnance 2014-003/P-RM du 15 janvier 2014 ;

Considérant l’adoption du décret portant création de la Commission d’Evaluation de Recensement d’Indemnisation des victimes de la rébellion et du mouvement insurrectionnel du 22 mars 2012 ;

Considérant la détention provisoire de nos époux pendant plus deux (02) ans dans la procédure judiciaire dite «Affaire béret rouge/béret vert» ;

Considérant la nécessaire réforme en cours des Forces de Défense et de Sécurité (FDS) en vue de restaurer une armée républicaine, moralisée, équipée et réconciliée ;

Considérant que la tentation de vengeance du 30 avril 2012 menée par le Colonel Abdine Guindo a fait beaucoup de victimes militaires et civiles ;

Considérant que les plaintes faites par les victimes qui s’élèvent à 33 personnes n’ont pas été examinées par la justice ;

Considérant que lors de l’insurrection administrée du 22 mars 2012, le même Abdine Guindo a fait ouvrir le feu sur les éléments de Kati en progression ayant occasionné six (06) morts dont la liste suit la présente déclaration ;

Saluons la décision prise par le Président de la République Son Excellence Ibrahim Boubacar KEITA, Chef Suprême des armées de faire du Mali un pays émergent par la mise en place des mécanismes et processus adéquats de paix, de sécurité et de développement ;

Par conséquent, sollicitons la mise en liberté de nos époux laquelle n’enfreint aucunement à la loi et ni ne fait obstacle à la procédure judiciaire e cours ;

Réitérons notre demande insistante auprès du président de la République et de son Gouvernement pour la prise en compte des victimes civiles et militaires (morts et blessés) dans la tentative de vengeance conduite par le colonel Abdine Guindo, chef du Régiment des Commandos parachutistes dans la nuit du 30 avril au 1er mai 2012 dans le chapitre de l’indemnisation des victimes du 17 janvier 2012 et du 22 mars 2012 à titre exceptionnel ;

Demandons la levée des sanctions financières et régularisation du droit de ceux d’entre eux, dont le salaire continue de subir une retenue mensuelle depuis les 05 mai 2013 et 27 novembre 2013 ;

Affirmons que nos chers époux, qui sont des vrais patriotes demeurent engagés à apporter leur contribution à l’édification du pays en général et à la reconstruction de l’armée et des forces de sécurité en particulier ;

Réaffirmons notre accord et soutien à toute bonne volonté engagée pour le dénouement heureux de cette crise fratricide ;

Vive la réconciliation entre les éléments des forces armées de défense et de sécurité ;

Vive un Mali prospère, stable et juste ;

Vive l’Armée Malienne creuset de l’Unité Nationale et garante de l’Indépendance, de la Souveraineté de notre Pays.

Bamako, le 19/12/2015

La Présidente, Mme DEMBELE Oumou DEMBELE

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