L’Union Africaine Humiliée et le visage de l’Afrique dramatiquement changé

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 De Dakar à Kinshasa, de Khartoum au Cap-Vert, d’Alger à Pretoria, tout Africain conscient médite aujourd’hui sur l’humiliation infligée à l’institution panafricaine par l’Occident et le visage de l’Afrique dramatiquement changé par les bombes de l’OTAN, l’arme fatale ressuscitée par le Président Nicolas Sarkosy pour la recolonisation du continent noir.

 

A propos de l’OTAN, les rappels ci-dessous nous paraissent très importants : « Les alliés de la France à l’OTAN, ne sont pas eux-mêmes sans responsabilité, lorsqu’ils ont refusé de se désolidariser publiquement des essais nucléaires français (exécutés au mépris de la décision du Club des Trois, de suspendre les essais atomiques au dessus du sol africain) ou encore lorsqu’ils ont accepté tacitement que les armes de l’OTAN soient acheminées sur l’Algérie. Au moment de la révolte d’Angola, les sentiments anti-OTAN (et par  conséquent antioccidentaux) se durcirent encore, la position intransigeante des Etats-Unis à l’égard du régime de  Salazar avait, il est vrai, arrondi quelque peu les angles ». (Colin LEGUM, le Panafricanisme à l’épreuve de l’indépendance ; page 106, éditions Saint Paul. Paris 1965)

 

L’OTAN, la hache de guerre déterrée par le Président Nicolas Sarkozy ?

Nous nous rappelons que le Général de GAULE avait quitté l’OTAN en 1966, depuis lors tous ses successeurs : Georges POMPIDOU, Valery Giscard d’Estaing, François Mitterrand et Jacques CHIRAC sont restés fidèles à cette ligne politique de la France. Cela signifie que la position française pour la fin de la guerre froide était sincère. Elle (la France) était dans la même logique que le Bloc Soviétique, la disparition du Pacte de Varsovie l’atteste. Avec le maintien de l’OTAN, qui n’est qu’une organisation anachronique en ce 21ème siècle surtout après la guerre froide ; peut-on faire confiance à l’Occident ? Nous disons que Non. Le retour de la France dans le giron de l’OTAN, pour quel but ?

 

L’Afrique a, aujourd’hui, besoin d’un panafricanisme militant pour s’affirmer face au monde Occidental  (le bombardement de la Lybie, au mépris de l’Institution panafricaine, nous l’impose). 

 

Si nous désirons bâtir une Afrique Unie, une Afrique véritablement indépendante, une Afrique sécurisée, il nous faudra revenir sur cette prophétie du Président feu Dr Nkrumah : « La solution, c’est de trouver une Unité Continentale qui développe chez les africains le sentiment d’appartenance à une même communauté. Je suis fermement convaincu qu’un gouvernement continental africain de cet ordre s’impose » (Du même auteur même ouvrage, page 106).

 

Ce point de vue fut encore plus ouvertement exposé par le Président du Mali feu Modibo KEITA : « Nous sommes convaincus, avait-il dit, que les Etats africains ne seront jamais indépendants dans toute l’acception du terme s’ils demeurent de petits Etats plus ou moins dressés les uns contre les autres, chacun menant sa propre politique, en ne tenant pas compte de la politique de son voisin. Notre projet de Constitution, par conséquent, prévoit un abandon total ou partiel de la souveraineté nationale en faveur d’un groupement d’Etats africains. » (Du même auteur, même ouvrage, page 107).

Ce point de vue avait déjà été exprimé depuis 1959, par le président feu Modibo Kéita. Point de vue qui fut assez bien exprimé dans un éditorial de l’hebdomadaire ‘’ L’essor’’ organe de l’US-RDA, datant du mois d’avril 1959. Unité et Indépendance… Ainsi que le soulignait Modibo Kéita : ‘’Il est nécessaire que l’unité soit réalisée au Soudan (Mali) et en Afrique le plus rapidement possible, et il serait préférable qu’elle précède l’indépendance…’’. Et l’éditorial de citer en exemple : ‘’ l’Amérique du Sud où le départ des Espagnols et des Portugais… a laissé une poussière d’Etats dont l’accession à l’indépendance s’est faite séparément et où les particularismes locaux se sont cristallisés de façon si profonde qu’il est actuellement impossible de penser à un regroupement des Etats. Le résultat de cette division est que la plupart de ces Etats sont le jouet des puissances impérialistes agissant indirectement par le biais des grands trusts qui détiennent pratiquement le monopole de toutes les activités économiques de ces pays. C’est pour éviter ce cloisonnement de l’Afrique en petits Etats avec la Fédération africaine, une Nation africaine, dont le Mali, selon nous, ne constitue qu’une première pierre’’. (Georges CHAFFARD, l’Ouest africain  et ses voisins étrangers, page 409).

 

Remarques pour cette conclusion partielle

Aujourd’hui, les pays de l’Amérique du Sud ont compris la leçon de l’histoire, c’est pourquoi ils se sont regroupés dans un grand bloc, le « MERCOSUR ». A cause de la volonté politique affichée par ces Etats, cette Institution est plus respectée sur la scène internationale que l’Union Africaine (UA).

 

Si les Etats américains avaient pris le temps de s’organiser à l’abri de leurs frontières, les Etats-Unis n’auraient jamais vu le jour. Cela est d’autant vrai que l’histoire des Etats-Unis nous enseigne qu’au tout début,  c’est treize Etats qui décidèrent de former la première pierre des futurs Etats-Unis.

Les américains ont imprimé en lettre d’or sur les marbres de l’histoire les noms de ces Etats et leurs représentants au premier Congrès constitutif qui élabora la Fédération de la première puissance d’aujourd’hui.

 

C’étaient : « NEW Hamphire qui était représenté par (Josiah Bartlett, William Whipple, Matthew Thornton) ; Massachusetts qui était représenté par (Samuel Adams, John Adams, Robert Treatlaine, Elbridge Gerry) ; Rhode Island qui était représenté par (Stephen Hopkins, William Ellery) ; Connecticut qui était représenté par (Roger Sherman, Samuel Huntington William Williams, Olivier Wolcott) ; New York qui étai représenté par (William Floyd, Philip Livingston, Francis Lewis, Lewis Morris) ; New Jersey qui était représenté par Richard Stockton, John Witherspoon, Francis Hopkinson, John Hart, Abraham Clark) ; Pennsylvanian qui était représenté par (Robert Morris, Benjamin Rush, John Morton, Georges Clymer, James Smith, George Taylor, James Wilson, George Ress) ; Delaware qui était représenté par (Caesar Rodney, George Read, Thomas M’Kean) ; Mary land qui était représenté par (Samul Chase, William Paca, Thomas Stone, Charles Carroll) ; Virginia qui était représenté par (George Wythe, Richard Henry Lee, Thomas Jefferson, Thomas Nelson Francis Lightfoot Lee, Carter Braxton) ; North Carolina qui était représenté par (william Hooper, Joseph Hewes Jonh Penn) ; South Carolina qui était représenté par (Edward Rutledge, Thomas Lynch, Arthur Middleton) ; Georgia qui était représenté par (Button Gwinnett, Lyman Hall, George Walton) (Dr. Leonard C. Wood; Dr. Ralph, Gabriel, Mr Edward L. Biller dans leur ouvrage: America: its People and Values; editions: united States of America, ISBNc 15- 377795-8. Année: 1971).

 

Ces hommes étaient des êtres rarissimes qu’on adore en méditant sur leur œuvre, qu’on adule et qu’on vénère à cause de leurs actions passées avant même de les connaître. C’étaient des hommes qui ont su taire leurs ambitions personnelles, leurs égocentrismes. Rassemblés, ils n’avaient qu’un rêve, être le nombril d’une Amérique unifiée ! Ils furent les artisans du piédestal sur lequel s’éleva la première puissance !

Le 21ème siècle est celui de la formation des grands rassemblements. La rentrée de la Chine dans cette course des grands par la porte du succès fut remarquée, dès le premier juillet 1997 par la réunification pacifique de la mère Patrie. Le retour de HONG-KONG à la Chine lave l’humiliation centenaire de la nation chinoise.

 

L’Afrique divisée, humiliée et trop soumise

Si grâce à cet événement la Chine avait été comblée d’éloges au sein de la communauté internationale, quatorze ans après, en 2011, la communauté internationale s’est rivalisée, voire s’est empressée de reconnaitre et de signer des accords avec le nouvel Etat issu de l’éclatement du Soudan. Cet événement a prolongé, renforcé, aggravé l’humiliation de l’Afrique qui rentre dans le 21ème siècle la tête baissée ! Pire, lorsque l’Union Africaine (UA) va admettre à la tribune de l’Assemblée annuelle des Nations Unies, le CNT comme seule autorité juridique de la Lybie. Encore, une fois de plus, l’Afrique se vautrait dans la bassesse et dans la servitude.

 

Les exemples de patriotisme légendaires évoqués plus haut devraient être des sources d’inspiration pour les gouvernants de l’Afrique, mais hélas, hélas, hélas ! Les fidélités dans la servilité, dans la versatilité, dans les revirements spectaculaires, les virages à 180°, des dirigeants africains sont les causes principales du maintien des peuples africains dans les chaînes de l’esclavage sous le ciel de la liberté, de l’égalité et de la fraternité.

Qu’on me permette de donner raison à Robespierre quand il déclarait à la tribune de la Convention : « Déjà ils recueillent les fruits des semences de guerre civile qu’ils ont jetées depuis si longtemps, et la ligne des traîtres de l’intérieur avec les tyrans du dehors se déclare ».

 

Et ces armes larguées en Libye, à quoi servent-elles ? Elles conduisent inévitablement à une extension, à un développement, à un rebondissement, à une aggravation du banditisme, voire de toutes les formes d’insécurité dans l’Afrique sub-saharienne et affectera profondément le bien-être social de ces peuples.

 

Pendant que les 35% du pétrole et du gaz de la Lybie prendront le chemin de l’exil et que la reconstruction de Tripoli sera réservée aux entreprises capitalistes de la France (selon Sarkozy dans son discours prononcé à Tripoli) on assistera à la création d’emplois en France et les populations libyennes en proie à la faim, succomberont quotidiennement aux maladies bénignes et à la misère noire sans limite. Tout ce que le peuple libyen ignorait sous le régime Kadhafi il y a 40 ans.

 

En conclusion, cet avertissement qui nous paraît important, doit être lancé à toute l’Afrique. A la lumière de ce que nous subissons, si nous ne nous assumons pas, les voies du futur nous conduiront inévitablement à la disparition. Le temps use le mensonge et polit la vérité.

 

*Dravela rue 364 Porte n°150 Adresse émail : [email protected]

Portable : 66 84 78 69

 

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