Madani Tall contre la falsification de l’histoire par le ministre des mines : « S’il souhaite que le Mali Kura se fasse dans la vérité, il n’a pas besoin d’exagérer pour expliquer pourquoi il est en difficulté »

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Bien qu’en désaccord avec la durée de la transition, nombre d’entre nous observons les actions du gouvernement avec bienveillance, pour la simple raison que certaines d’entre elles rejoignent notre propre lutte. A savoir, la souveraineté du Mali, le refus de base étrangère sur notre sol -combat de tous les présidents maliens de Modibo Keita à ATT, le refus des APE autorisant les produits européen en Afrique sans droits de douane et les accords de La Valette signés en 2015, qui obligent à rapatrier nos frères immigrés.

Pourtant, cette bienveillance ne signifie guère que nous acceptions sans réagir des propos qui dénigrent nos propres actions. Le Président ATT n’est plus, mais nous qui l’avons accompagné, nous devons de rectifier les dires du jeune ministre de l’énergie dont les propos ont sans doute dépassés la pensée lorsqu’il affirme avoir trouvé « un secteur confronté à une absence d’investissement pendant près de 20 ans ».

Or s’il souhaite que le « Mali Kura » se fasse dans la vérité, il n’a pas besoin d’exagérer pour expliquer pourquoi il est en difficulté. Il ne peut ignorer que près de la moitié de l’électricité consommé au Mali est le fruit d’investissements en seulement 6 ans sous ATT lorsque le Mali a récupéré EDM.

Il s’agit de la reprise totale des centrales de Darsalam (36 MW) et Balingué (24 MW), de l’Interconnexion Mali- Cote-d’ivoire (50 MW), de Kénié (27 MW), du financement de Gouina et de l’Interconnexion via Bougouni. Sans compter le travail de l’AMADER. L’autre moitié Sélingué (47 MW), Sotuba (5MW) et Manantali (104 MW) a été réalisé par les Présidents Modibo Keita, Moussa Traoré et Alpha Oumar Konaré.

Sur les les 760 km de ligne à haute tension 225V, , colonne vertébrale de l’électricité au Mali, 384 sont l’oeuvre de Moussa Traoré et 376km celle d’ATT. Sans compter les 398km Sikasso-Bougouni-Bamako, déjà financés depuis 2012, mais que les différents régimes successifs, peinent à réaliser.

Entre 2002 et 2011 nous sommes passés de 10% à 55% de couverture urbaine et de 1% à 17% de couverture rurale. Qui plus est, à cette époque 15 minutes de coupure dans un quartier suffisaient pour que le président interpelle le ministre ou m’envoie le faire. Sans oublier que la dette d’EDM qui ne dépassait 25 milliards avant le coup d’Etat de 2012 est atteint 300 milliards en 2022 avec un nouveau DG d’EDM par an.

J’ai le privilège d’être l’ingénieur financier de chacun de ces investissements, aux cotés de ministres valeureux. Je sais donc que ce n’est pas facile, mais il importe de s’atteler à la tache plutôt que de ternir la réputation de ceux qui ont accompli leur part du travail. Dieu veille.

Madani Tall

 

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