Ouverture de nouveaux consulats en France : la victoire des mafiosi !

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Le président du Conseil économique, social et culturel (Cesc) et sa délégation ont effectué une tournée européenne pour recenser les doléances des Maliens de l’extérieur en vue de leur rapport annuel. À Paris, le 21/11/2015, il fut encore question de la création de nouveaux consulats ou du moins dans un premier temps d’un nouveau consulat général. La tournée semble être un simple faire-valoir. La décision d’ouvrir au moins un nouveau consulat est déjà actée. Un conglomérat d’apatrides tantôt militants associatifs tantôt cadres de partis politiques est constitué pour œuvrer en faveur de ces ouvertures de consulats, et pour se partager les futurs postes. En raison de deux postes par entité. Le grand perdant demeure encore et toujours le Mali.

Avant de créer un nouveau consulat, il faudrait être capable de bien gérer l’actuel. Ce qui est très loin d’être le cas. Il est évident que les conditions d’accueil et les services rendus aux Maliens de France doivent être améliorés. Il est vrai que, dès sa prise de fonction, l’ambassadeur retraité Cheick Mouctary Diarra avait promis la création de nouveaux consulats. En  vérité, nous sommes obligés de réagir à double titre.

Premièrement par l’honnêteté intellectuelle,  deuxièmement,  parce que le Mali est notre maison commune. Le Mali qui manque de tout doit être géré autrement. IBK a tellement été applaudi, déifié par les flagorneurs à Paris, qu’il fera tout ivre de légèreté. Tout porte à croire que nos dirigeants apatrides sont pour cette ouverture. Néanmoins, nous devons informer l’opinion nationale et les amis du Mali de la réalité de la situation actuelle.

 

L’actuel consulat

 

L’actuel consulat général du Mali en France suffit pour satisfaire les besoins de la communauté malienne de France. La réalité est qu’il y a   trop  d’agents qui n’ont rien à y faire. Avant de penser à créer un second consulat, il est impératif de corriger les insuffisances de l’actuel. En effet, comment voulez-vous qu’un consulat fonctionne normalement avec un personnel inadéquat ? Personnel qu’on maintient à Paris par amour-propre. Que fait très honnêtement un Djibril Traoré, journaliste sportif, comme conseiller consulaire ? Il n’est ni juriste ni administrateur. Un consulat, c’est l’administratif et le juridique. Que fait Mme Altiné Coulibaly, camerwoman de l’ORTM au consulat ? Filmer qui et quoi ?

Que fait Mme Haidara, conseiller consulaire au consulat ? S’occuper de sa santé, celle de son enfant ou du problème des Maliens ? Tous les jours, elle assène à qui le veut ses vérités. Et elle a raison, les plus hautes autorités lui en ont donné l’occasion. En remplacement de qui, fut recrutée la fille de Django Cissoko, ancien Premier ministre, Cissoko Aminata ? Que fait-elle concrètement au Consulat ? Rien.

 

Pourquoi et comment Hammadoun Dicko, l’ancien conseiller consulaire,  en rentrant au Mali a fait recruter son fils Sala ? Sur quelle compétence, que sait-il faire ? Rien. Que sait faire Fakaye Diakité au consulat ? Son père, l’agent comptable, à peine arrivé, lui a trouvé un strapontin. Les exemples pleuvent, mais nous vous livrons ici les plus significatifs. Comment les autorités peuvent-elles accéder à l’ouverture du second consulat sans faire le ménage dans l’actuel ? Les raisons de notre effondrement humiliant n’ont-elles pas encore été comprises ? Dans ce désamour fécond et contagieux de la patrie, à quand une nouvelle crise existentielle ? Légitime interrogation.

 

L’ambassade en sureffectif

 

À l’ambassade, il y a un sureffectif insolent. Pourquoi ne pas mettre le personnel de trop à la disposition du consulat ? Mata Bagakogo a été recrutée comme assistante communication. Depuis quand un simple chargé de communication dans une ambassade a droit à une assistante ? Nous avons vérifié à l’ambassade américaine à Paris, pareil poste n’existe pas. Pourquoi n’est-elle pas mutée au consulat là où elle serait utile ?  Si jamais elle sait faire quelque chose d’un dossier administratif et juridique. Pourquoi  y a-t-il huit agents de protocole à l’ambassade ? Pour accueillir qui ? Pourquoi ne pas muter au moins 5 au consulat ? Pourquoi au moins 5 autres personnes appelées cadres vadrouillent à l’ambassade ? À ne rien faire.

La vocation de l’État malien est-elle d’embarquer à Paris les grands malades pistonnés au prétexte de travail au consulat ou à l’ambassade pour  se soigner en France ? Pense-t-on un instant à ceux qui vivent l’insécurité au Mali ? Que la nation malienne a autres priorités.

Trois cadres géraient très bien le consulat il y a 4 ans. Aujourd’hui, ils sont 7 cadres et le travail est très mal fait. En tout cas, il y a 12 cadres de trop au consulat et à l’ambassade. De trop, parce qu’ils ne sont venus en remplacement de personne. Des postes fictifs.  Chaque cadre coûte entre 8.000 à 12.000 euros par mois à l’État du Mali. Le problème du consulat est un problème de compétence et non du volume de travail. Contrairement à une bêtise assez redite, chantée, le nombre de Maliens en France binationaux, avec titres de séjour et sans titres de séjour, est de 158. 000 au lieu de 300. 000. Un peu de décence. L’INSEE existe. Pour les curieux, il faut juste faire l’addition des trois catégories précitées.

 

La cotisation de l’État malien employeur n’est pas payée depuis au moins deux ans

 

La cotisation employeur Urssaf -équivalente de l’INPS- est impayée depuis des années pour les agents locaux, c’est-à-dire les recrutés sur place. Des agents en retraite normalement sont obligés de faire travailler car ne pouvant faire prévaloir leurs droits à la retraite, car le Mali est en retard de payement de cotisation. Exemple Mme Camara. On est incapable de payer les retraites du personnel existant et on veut créer un second consulat. Quelle irresponsabilité ? Quelle inconséquence ? Quelle légèreté ? Comment voulez-vous que le Mali soit ici à Paris respecté dans le concert des nations ?

 

L’agitation et le lobbying calculés du président Haut conseil des Maliens de France (HCME)

 

Hamédy Diarra, le président du HCME, voulait se placer ou planter son homme au CESC. Heureusement pour le Mali, cette place lui a été ravie. Nous comprenons maintenant pourquoi un autre associatif n’a pas voulu faire partie de son bureau du HCME. Hamédy jette actuellement son dévolu et toute son énergie pour et sur la création de nouveaux consulats.

S’il est sincère qu’il nous dise ce qu’il a entrepris pour tenter de faire  assainir le recrutement du personnel du consulat existant. Le Mali, notre nation, n’a pas vocation à créer un consulat pour employer des gens qui ne souhaitent pas rentrer à Bamako. Notre nation a ses priorités. Débrouillons-nous ici autrement, ayons pitié de nos compatriotes qui veulent juste un point d’eau, un dispensaire, une école.

Hamédy Diarra et ses sbires n’ont que faire du Mali. Ils ont leur agenda qui n’est pas celui du Mali. Ils veulent pour les uns être agents publics,  pour les autres obtenir pour conjointes-conjoints, enfants des emplois publics au nouveau consulat.

Quelle que soit la volonté d’IBK de leur servir, il ne pourra pas embaucher tout le monde. Il n’a pas les moyens. Le Mali n’en a pas. Les frustrations et aigreurs seront plus sournoises pour ceux qui pensent à ces nouveaux postes et qui n’auront rien. Il est temps de mettre de côté nos égoïsmes, de penser au Mali, de voir la misère de notre peuple. Il est temps de compatir à la souffrance de notre peuple sans sécurité, sans routes.

 

L’autre solution, les consuls honoraires

 

À chaque réunion publique désormais, un applaudimètre est installé pour magnifier la création de nouveaux consulats généraux. Si le président du HCME est sincère et honnête, pourquoi n’appuie-t-il  pas les 20 dossiers de Maliens de France qui souhaitent juste être des consuls honoraires pour servir le Mali et les Maliens bénévolement, gratuitement ? Il dira qu’il n’a pas été approché. Pour approcher quelqu’un, il faut le croire, nul ne l’approchera. C’est certain.

Le consul honoraire est une personnalité bénévole appuyant le consul général dans son travail dans certaines localités. Il le supplée. Il reçoit délégation de certaines compétences du consul général et devient un trait d’union entre le consulat général et les usagers du service public. Une chose est sûre, en accordant ce statut à 10 (dix) personnes au moins, ce sont les finances publiques du Mali qui seront soulagées. Il y a en France des Maliens  professeurs agrégés d’université qui ont publiquement émis le souhait d’être consul honoraire. Leurs dossiers constitués sont en souffrance au niveau de notre ministre des Affaires étrangères. Quelle honte ? Il n’y a rien à voler dedans, donc ça traîne.

 

En tout état de cause, les tenants de ces ouvertures de consulats gagneront leur combat, car ils ont en face d’eux un interlocuteur sensible aux flatteries, IBK. Notre président qui a fait venir son chauffeur du Mali lors de la visite d’État, peut tout faire. Que vient faire le chauffeur du président à Paris ? Le conduire en France ? Euh Allah !

IBK a pu nommer le premier ambassadeur délégué du Mali à l’Unesco avec un budget conséquent, une voiture de fonction plus chère que toutes les voitures de l’ambassade réunies. IBK a accordé à la délégation malienne de l’Unesco l’autonomie financière avec la nomination à part d’un agent comptable différent de celui de l’ambassade et du consulat.

Oui, en France, le très pauvre Mali a trois agents comptables alors que des pays plus riches que nous en ont un. Ghana-Angola. Bonjour le patriotisme.

Depuis l’autonomie financière accordée au consulat il y a peu, les dépenses bidon d’ordinaires et de tableaux se font presque frénétiquement. C’est en dépensant qu’on trouve sa part de gâteau. Maudits soient les ennemis de leur peuple. Qu’une chose soit comprise à jamais : nous ne sommes ni maudits, ni naïfs, ni aigris. Dans ce bas monde par essence éphémère, nous ne jouerons jamais contre notre peuple. Abstraction faite de toute croyance ou mécréance.

 

Boubacar SOW

                                                                                                         boubacarsow@hotmail.fr

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5 COMMENTAIRES

  1. Mon frère tu t’acharnes trop sur les mêmes personnes qui sont restées dignes en ne te répondant pas tout ce que je te demande c’est de mener une petite enquête au niveau du consulat et tu verras que les personnes à qui tu t’attaques remplissent à merveille ce qu’on leur confie.

  2. En espérant que ça serve a quelque chose je confirme l’ entièreté de l’analyse de Mr Sow.
    Pour les avoir pratiqué de l’intérieur, je trouve même les propos de l’intervenant, sur certains points, assez pondérés. Nos représentations diplomatiques souffrent plus d’un problème qualitatif que quantitatif.

    Best regards

  3. Merci SOW, pour l’éveil de conscience sociale malienne malheureusement elle ( conscience ) s’endorme.
    C’est un devoir pour vous M. Sow et je m’en rejouit en tant malien vivant hors du Mali confronté à des desagrément de tous genres venant de ceux qui ont la charge de nous rendre service sur le sol étranger.
    L’administration du pays accueillant est plus clémente pour nous maliens que nos propres autorités consulaires ou diplomatiques. J’étais victime de ça Pretoria en RSA, à Moscou en Russie.
    Merci Sow!!!!

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