Aide au développement : La Banque mondiale fait le ménage

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La Banque mondiale a écarté plus d”une centaine de personnes et d”entreprises convaincues de fraude, dans des projets qu”elle finance. C”est ce qui ressort d”un rapport rendu public, mardi 6 février. Paul Wolfowitz, le président de la Banque, a fait de la lutte contre la corruption son cheval de bataille dès son arrivée à la tête de l”organisation internationale.

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Quand nous découvrons que l”aide au développement, déjà insuffisante, est détournée de l”objectif visé, celui de profiter aux pauvres, nous avons le devoir d”agir

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Depuis son entrée en fonction à la tête de la Banque mondiale le 1er juin 2005, la lutte contre la corruption est la priorité de Paul Wolfowitz. Au point qu”il a créé un nouveau programme, en complément de ce qui existait déjà depuis la fin des années 90. L”INT, l”organe d”enquête indépendant de la Banque, fait ainsi partie de cette nouvelle stratégie.

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Au cours des deux dernières années, l”INT a mené près de 441 enquêtes extérieures sur des cas de fraude et de corruption dans les projets d”aide au développement financés par la Banque. Suite à ces investigations, elle a exclu 54 particuliers corrompus et 58 entreprises, originaires principalement d”Indonésie, du Cambodge, de Suède, du Royaume-Uni et quelques unes du Nigéria et du Burkina Faso.

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Pour la France, la Banque mondiale avait exclu, en novembre 2004, l”entreprise Thales Engineering & Consulting S.A., filiale à l”époque du groupe Thales, géant de l”électronique et de la défense, pour des manœuvres frauduleuses dans le cadre du Projet de démobilisation et de réinsertion (CDRP) qu”elle finance au Cambodge.

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La Banque mondiale surveille les fraudes concernant les projets qu”elle finance. Mais elle a également fait le point sur l”intégrité professionnelle de ses personnels. Dans un rapport intitulé "Integrity Report of the World Bank Group", l”INT indique avoir mené 227 enquêtes internes portant sur les fautes professionnelles commises par le personnel du Groupe. Ses investigations l”ont conduite à procéder au licenciement de 22 membres de son personnel et à imposer des sanctions disciplinaires à 11 autres pour des faits de corruption.

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De manière plus globale, l”une des principales constatations des enquêtes est que les mécanismes mis au point par les acteurs corrompus sont en général similaires, que ce soit en Afrique, en Asie, en Europe, en Amérique latine ou au Moyen-Orient. Dans la foulée de ce rapport, dont les principales conclusions sont publiées sur le site de la Banque, son président a engagé une vaste consultation avec les pays et les organisations bénéficiaires de l”aide au développement, pour s”assurer que les plus pauvres n”aient pas à souffrir des conséquences de son offensive contre la corruption. Autrement dit, une stratégie qui cible les dirigeants mais qui ne doit pas pénaliser la population.

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Pour autant, cette surveillance a ses limites. «Nos enquêtes sont avant tout administratives, nous n”avons pas de pouvoir de police. Nous ne pouvons pas effectuer des enquêtes criminelles, nous ne pouvons citer les gens à comparaître ou effectuer des perquisitions», a commenté Gleen Ware, le conseiller de la BM pour les enquêtes. Et de préciser que "les cas de corruption étaient signalés aux autorités des pays concernés". C”est à donc à eux qu”incombera, in fine, la décision de poursuivre ou non.

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RFI

rn". C”est par un rappel que le président de la Banque mondiale a commencé la présentation du premier rapport du Service de déontologie de l”institution (INT). "Les activités de l”INT nous aident à nous acquitter de ce devoir envers les pauvres, qui sont nos clients en dernière analyse", a indiqué Paul Wolfowitz.

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