Coopération Mali–Guinée : un projet de paix et de résilience clôturé sur des résultats probants
Du 20 au 24 avril 2026, Bamako a accueilli les travaux de clôture du projet transfrontalier « Appui à la prévention des conflits et renforcement de la résilience économique des communautés frontalières du Mali et de la Guinée ».
Financé par le Fonds pour la Consolidation de la Paix (PBF) et mis en œuvre par le PNUD, l’UNFPA et l’ONUDC, ce programme est arrivé à son terme après 30 mois d’exécution, marqués par des avancées significatives en matière de stabilité et de développement local.
Mis en œuvre entre octobre 2023 et avril 2026 dans les cercles de Kangaba et Yanfolila au Mali ainsi que dans les préfectures de Siguiri et Mandiana en Guinée, le projet disposait d’un budget global de 4,2 millions de dollars américains. Malgré un environnement sécuritaire complexe, il affiche un taux de réalisation physique de 96 % et un taux d’exécution financière de 96,7 %, témoignant d’une gestion efficace et d’un engagement soutenu des acteurs impliqués.
Les différentes rencontres organisées à Bamako, notamment l’atelier de capitalisation des acquis, la réunion du Comité technique et la session du Comité de pilotage, ont permis de mesurer l’impact réel du projet sur le terrain. Celui-ci a favorisé une structuration durable de la coopération transfrontalière, avec l’élaboration de 24 Plans Communaux de Sécurité et de deux Plans Conjoints Locaux de Sécurité Transfrontalière au niveau des zones de Kangaba-Siguiri et Yanfolila-Mandiana. Par ailleurs, 18 cadres d’échanges multiacteurs ont été relancés, renforçant le dialogue et la prévention des conflits dans les zones frontalières.
Le renforcement des capacités a également été au cœur des actions menées. Au total, 906 acteurs locaux, dont près de la moitié sont des femmes, ont été formés aux mécanismes de prévention et de gestion des conflits. À cela s’ajoute la formation de 2 680 jeunes, dont plus de 1 200 femmes, sur le leadership, la cohésion sociale et la prévention des tensions communautaires.
Sur le plan économique, le projet a contribué à améliorer les conditions de vie des populations locales. Trente-neuf Groupements d’Intérêt Économique ont été structurés, rassemblant 920 membres. Plus de 1 500 femmes et jeunes ont bénéficié d’un appui à travers des activités génératrices de revenus dans des secteurs tels que l’agroécologie, le maraîchage et la transformation agroalimentaire. La mise en place et la réhabilitation de périmètres maraîchers transfrontaliers ont également permis de réduire la pression sur les ressources naturelles et de limiter les conflits liés à l’exploitation minière artisanale et au foncier.
Le projet a par ailleurs renforcé les dispositifs de gouvernance sécuritaire. Des diagnostics locaux ont été élaborés, accompagnés de la mise en place d’une convention de gestion concertée des ressources naturelles partagées. Des actions de lutte contre la prolifération des armes légères et de petit calibre ainsi que contre la criminalité transnationale organisée ont été soutenues, tandis que des formations conjointes ont été dispensées aux acteurs maliens et guinéens chargés de la gestion des frontières.
À l’issue des travaux, le Comité de pilotage a validé les rapports techniques et financiers et officialisé la clôture du projet. Les participants ont unanimement recommandé la mise en œuvre d’une seconde phase afin de consolider les acquis et d’étendre l’initiative à d’autres zones frontalières. Ils ont également insisté sur la nécessité d’intégrer durablement les outils développés dans les politiques publiques des deux pays.
Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net