Edito : " J'accuse... !"

18 Jan 2021 - 01:35
Mis à jour: 6 ans
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Edito : " J'accuse... !"
Chahana Takiou
Je ne parlerai pas de l'affaire Dreyfus, bien que je me reconnais parmi les dreyfusards, parce que je crois en son innocence, pour combattre l'injustice et l'illégalité. Je m'intéresse à l'affaire dite de la zone aéroportuaire. En effet, le jeudi 14 janvier, sur instruction du Président de la Transition Bah N'Daw, plusieurs dizaines de Maliens ont vu leurs logements détruits par un Buldozer. Sans au préalable être informés, encore moins recevoir une sommation. L'opération, conduite sans pitié, sans remords, sans compassion, a fait des sans-abris: hommes, femmes, enfants. Sans parler des bagages et autres matériels de maison écrasés ou jetés dehors. Tout cela s'est déroulé en présence de trois ministres de la République : Domaines; Transports; Sécurité. Ils croyaient bien faire, oubliant superbement que leur mission première, c’est la sécurisation des personnes et de leurs biens; la protection des Maliens. Ils appauvrissent ainsi le Mali et les Maliens, au lieu de leur créer des conditions de prospérité et de sécurité. Combien de centaines de millions sont ainsi perdus pour la richesse nationale? Combien de Maliens deviendront pauvres, misérables pour certains, en raison de cette opération ? La méthode n'y est pas. L'injustice a prévalu ! Ô injustice ! Oui, il y a eu bel et bien injustice ! Qui a vendu ces terrains? Ce sont les représentants de l'État, les préfets et sous-préfets de Kati, des maires, suite à une délibération du Conseil communal. Combien de personnes ont- elles acheté ces terrains, sans savoir que c'est une zone aéroportuaire? Où était l'État au moment des constructions ? Le laxisme a prévalu sur toute la chaîne. Au lieu de se prévaloir de ses propres turpitudes, l'État s'attaque à bras raccourcis à des paisibles citoyens. Zone aéroportuaire, dit-on? A l'aéroport Charles De Gaulle et à Roissy à Paris, les immeubles et hôtels sont à proximité de l'aéroport. Dans la sous-région, le Mali est donc le seul pays à qui l'ASECNA impose une telle mesure? Au Burkina, en Côte d'Ivoire, au Sénégal (avant le nouvel aéroport) et dans plusieurs capitales africaines, les maisons à usage d'habitation sont proches des aéroports, encore beaucoup plus que celles de Bamako. Voilà que dans ces pays, on ne casse pas, on n’appauvrit pas les citoyens, même lorsque le jeune ivoirien a été trouvé mort dans le train d'atterrissage d'un avion à destination de Paris en janvier 2020. L'Etat ivoirien a simplement pris des mesures, notamment le déguerpissement (expulsion) des emprises de l'espace mitoyen, je dis bien mitoyen, à la zone aéroportuaire en vue d'établir une zone tampon de sécurité autour de l'aéroport. Dans ces pays là, même si l'ASECNA menace, on ne l'écoute pas, car on a souci du confort des citoyens. Au Mali, ceux-ci semblent être relégués au dernier plan. Du coup, J'accuse le Président de la Transition, pour avoir ordonné cette démolition. J'accuse Bah N'Daw pour n'avoir pas fait entreprendre par les services compétents le travail nécessaire d'information, de sensibilisation et d'orientation des citoyens, les grandes victimes. J'accuse le chef de l'État parce que c'est bien le laxisme des pouvoirs publics qui a conduit à cette situation. J'accuse parce que les vrais responsables de la situation restent impunis, tandis que ceux qui ont acheté, avec leurs fortunes, se voient punis. J'accuse parce que je sais davantage que les grands argentiers qui pullulent dans la zone aéroportuaire seront épargnés soigneusement, à travers des alibis: la Société Toguna, le Centre de formation professionnelle, la Poissonnerie et bien d'autres opérateurs économiques. J'accuse parce que la politique de deux poids, deux mesures constituent une injustice. Dieu n'aime pas l'injustice ! Il faudra, donc, la combattre, autant que l'illégalité. L'État se devait d'annuler administrativement les permis et lettres de ses représentants, au préalable. Ainsi, les acheteurs sauront se tourner vers les revendeurs pour remboursement. Ce qui n'a pas été fait. L'État a usé de sa force publique pour agir et provoquer une injustice, une illégalité. Il revient donc à cet État de réparer les préjudices causés. Wa Salam ! El Hadj Chahana Takiou Depuis Casablanca

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Commentaires (16)

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MINIANKADEN
MINIANKADEN 6 ans
Tu dis "Leurs logements": il fallait ajouter "construits sur un terrain qui ne leur appartient pas"! Tu ajoutes que l'operation a ete menee "sans sommation" Quelle honte pour un "journaliste" d'affirmer sans preuve. Cherche a savoir, si ce n'est pas trop demander, combien de sommation ont ete delivrees depuis des annees! cet article est une honte pour le journalism!
Kinguiranke
Kinguiranke 6 ans
Son auteur est une honte pour la nationalite Malienne!
ali
ali 6 ans
Chahana, merci de nous dire que tu es a Casablanca, Quel journaliste bling bling! Chahana, quelle est la difference entre l'aeroport Charles De gaule et celui de Roissy? Ou bien tu voulais dire orly au lieu de Roissy? Chahana, il y a des verites dans ton article, notamment le deux poids deux mesures, mais pourquoi tu n'as pas denonce les deux poids deux mesures du regime precedent? Dieu sait qu'il y en avait! Salut!
AG AZAMANE
AG AZAMANE 6 ans
A la suite de Chahana Takiou/journaliste taquin/"le nez dans l'air" qui, ici, après les 3 verres de thé mentholé d'asmed/"hari-foutou"/la mauvaise eau", de son vrai nom tombouctien d'ascendance métisse/"sang mélangé" arabo-sonraï, est: "Chahanna Tandina" de Tanger /Maroc" se fend de: "J’accuse parce que les vrais responsables de la situation restent impunis, tandis que ceux qui ont acheté, avec leurs fortunes, se voient punis...", en "vomissant, comme un plus que "rassasié" des "mangeur de zamé de dimanche chez les "En-Haut-des En Haut". En tout étatm de cause, moi-même, étant propriétaire de mon terrain que j'habite en ce moment - muni d'un titre d'occupation en bonne et due forme, transféré, acquis en 1988, suite au transfert à mon nom d'une lettre d'attribution du vendeur/premier occupant/attribiteur du terrain) d'une parcelle dans le lotissement de 1982 de Kalabancoro-dougoucoro-extension Est (dans le cercle de Kati), je fus surpris, en 2001, de retour d'une "expatriation hors du Mali" de 5 ans, depuis 1997, que la zone dite "astreinte de proximité de rivière" de 90 m, entre mon lotissement et une rivière/collecteur d'eau de ruissment de pluies, qui se jette au fleuve, à km, en bas, est lotie et vendue à des gens qui ne m'ont laissé que 9m de rue, alors que j'avais planté des arbres et des gazons entre moi et la rivière qui gonflent des crues annuelles et atteint le niveau des fenêtres de ma maison. On m'a dit que ce sont "des lotissements de minuit" orchestrés, frauduleusement, par le Maire et le Sous-Préfet de ma commune rurale. Bien que je vive, en bonne entente, avec mes voisins "squatteurs de terrains d'habitations", dont certains ont construit des bâtiments à 3 niveaux sur la rive de rivière de la zone dite "Mangoro-Komotou-tou des Traoré, je ne manque pas de leur rappeler qu'ils sont installés sur les berges d'une d'une rivière/"collecteur d'eau" qui portraient, un jour, redevenir ce pourquoi les "bons géomètres" des années 1980 les avaient épargner. Sincèrement
ζ ᵲ ґ
ζ ᵲ ґ 6 ans
 Bonjour El Hadj Chahana Takiou.  Moi aussi, j'accuse : - d'abord les autorités de la République, surtout les différents ministres des Domaines de l'État, qui sont restés de marbre, bouche bée, en admirant même l'occupation s'enfler ; - ensuite les vendeurs officiels, que ce soient les maires de la C.Vl et ou les préfets de Kati, qui devraient d'ailleurs rembourser et dédommager les spoliés et toutes les autres victimes collatérales (comme les locataires) ; - enfin, j'accuse également les acquéreurs des parcelles eux aussi, qui par naïveté et avidité, se sont jeté eux-mêmes dans la gueule du loup.  Les torts sont donc partagés, mais inégalement avec les autorités comme les plus fautifs.  Toutefois, soyons réalistes : il faut reconnaître que cette TRANSITION a très bien fait de sévir sans avertir en réparateur des laxismes; sinon si elle avait même simplement alerté des gens comme le porte parole du "diable Satan en imam très éclairé", alors cette délivrance des intérêts publics ne saurait être une réalité, faute qu'ont commise du reste les prédécesseurs.  Vive la Junte !
ζ ᵲ ґ
ζ ᵲ ґ 6 ans
 Bonjour El Hadj Chahana Takiou.  Moi aussi, j'accuse : - d'abord les autorités de la République, surtout les différents ministres des Domaines de l'État, qui sont restés de marbre, bouche bée, en admirant même l'occupation s'enfler ; - ensuite les vendeurs officiels, que ce soient les maires de la C.Vl et ou les préfets de Kati, qui devraient d'ailleurs rembourser et dédommager les spoliés et toutes les autres victimes collatérales (comme les locataires) ; - enfin, j'accuse également les acquéreurs des parcelles eux aussi, qui par naïveté et avidité, se sont jeté eux-mêmes dans la gueule du loup.  Les torts sont donc partagés, mais inégalement avec les autorités comme les plus fautifs.  Toutefois, soyons réalistes : il faut reconnaître que cette TRANSITION a très bien fait de sévir sans avertir en réparateur des laxismes; sinon cette délivrance des intérêts publics ne saurait être une réalité, faute qu'ont commise du reste les prédécesseurs.  Vive la Junte !
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