Edito : Que restera-t-il de la CMP ?

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Samedi dernier, une nouvelle embarrassante a frappé de plein fouet la Convention de la Majorité Présidentielle. Il s’agit de la décision courageuse du bureau national politique de l’ADEMA de se battre pour soi-même en 2018.

La première question qui mérite des éclaircissements pourquoi avoir attendu tout ce temps avant de se prononcer ? Ce parti, son ralliement à la cause d’IBK en 2013, avait suscité des discussions un peu partout. Et cela au regard du passé. Le rétroviseur nous fait voir des séries noires avec les histoires entre IBK et certains militants (pères fondateurs de l’ADEMA). Qui pouvait imaginer ce même parti faire la cour à l’enfant jeté avec l’eau du bain ? Personne !

Malgré le pacte d’alliance entre les deux, le climat n’a jamais fait objet de signe d’espoir. C’est l’ADEMA, au regard des commentaires, qui est le grand perdant. Le parti s’est vu affaibli au fil du temps. Nombreux sont-ils, militants de première heure, à faire profil bas au départ avant de prendre position dans l’optique de sauver les meubles de l’ADEMA qui était en voie de disparition sur la scène politique.

IBK et Alpha Oumar Konaré, IBK et Adam Bah Konaré, IBK et Madame Sy Kadiatou Sow… presque tout le monde  savait que le rapport politique ne pourrait jamais être au beau fixe. Et voilà après des actes politiques révoltants, la sortie de Dramane Dembélé du gouvernement, la lettre de l’ex première Dame Adam Bah Konaré… et ces évènements suivis de plusieurs réactions diverses, il fallait s’attendre au départ tôt ou tard de l’ADEMA. Même si le parti ne quitte pas officiellement la CMP, il y aura un climat de méfiance entre les deux hippopotames (ADEMA-RPM).

Alors pourquoi attendre aussi la fin du quinquennat d’IBK pour se prononcer, cela après que certains barons de l’ADEMA aient largement bénéficié des avantages du pouvoir ?   L’ADEMA a vidé le pouvoir de sa sève. Il est le seul allié qui n’a pas droit à se plaindre en termes de récompenses politiques. Le cas IBK, ce n’est pas la première fois. Même avec ATT, l’ADEMA était dans ce rôle et après la chute du pouvoir, il n’a pas hésité à rejoindre l’opposant d’hier devenu maitre du Mali.

La première mandature d’IBK   manifeste un malaise profond. De son accession à la magistrature suprême à aujourd’hui, plusieurs de ses soutiens ont abandonné le navire. Syndicats, religieux, mouvements associatifs… Et enfin les politiques. Parmi ceux-ci, ADP-MALIBA, SADI… Il y a d’autres aussi qui ne sont plus en bon termes avec le RPM et se font de plus en plus rares à chaque fois qu’il est question de la CMP : Racine Thiam, Choguel Kokala Maiga, Moussa Mara Housseïni Amion Gundo… Ces chefs de partis politiques semblent aussi être sur le point du départ. Les trois premiers se sont carrément effacés des activités au nom de la CMP  et le dernier a un langage flou qui fait d’ailleurs même peur au régime. Poulo parle d’engagement entre son parti et IBK jusqu’à la fin du mandat de ce dernier, mais n’aborde jamais la CMP et lors de ses dernières sorties, il a appelé  le Président à une large concertation autour du projet référendaire. Une suggestion contraire à la posture de la CMP qui est en train de battre campagne pour le OUI au Mali et à l’étranger.

Le RPM risque d’être sévèrement affaibli avant 2018. Si l’ADEMA a affiché déjà et à visage découvert ses ambitions, d’autres attendent le dernier virage pour descendre du train. Ils officialiseront certainement eux aussi leur candidature à la présidentielle de 2018.

La réalité du terrain laisse croire que le RPM n’a aucune chance en 2018.

Boubacar Yalkoué

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