Editorial : La rue en ébullition

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En dépit des analyses d’experts et autres hommes politiques qui écartent une explosion de la rue à l’égyptienne ou à la tunisienne, au Mali, dans l’immédiat les ingrédients pour un tel scénario semble se réunir au fur et à mesure que les jours passent. La rue est en ébullition.

Les marches prévues tous les vendredis par le parti UNPR, même si ses réussites sont d’ores et déjà compromises par ses interdictions réaffirmées par les  autorités, donnent déjà des signes avant- coureurs d’une contestation qui ne demande qu’à être généralisé. Les initiateurs de ces actions ne veulent pas en démordre de leurs revendications pour un changement démocratique en appelant à une mobilisation  patriotique pour son aboutissement.

Certes, la classe politique, même les partis dits de la mouvance présidentielle, semble se démarquer de cette initiative, mais les revendications se rejoignent. Les hésitations à rejoindre le mouvement enregistrées, ces derniers jours, trouvent leur motivation dans la manière de mener la contestation et surtout qui doit la conduire.

Certaines formations politiques et autres associations et personnalités acceptent mal d’être menées par le président de l’UNPR. En d’autres termes, il est question de leadership. Ce qui a, d’ailleurs toujours constitué un obstacle majeur à une alliance entre les partis politiques toute tendance  confondue.

Par ailleurs, le front du refus d’une nouvelle constitution «le collectif touche pas ma constitution» risque de durcir également un temps soit peu la contestation, une fois la date du referendum fixée. Les syndicats des enseignants (Coses) qui  ont déjà observé une grève à l’ouverture des classes, n’ont pas été convaincus par les assurances du ministre de l’Education. La même contestation commence à gagner également les chômeurs qui promettent de porter, dans la rue, leur revendication pour un poste de travail décent dans les prochains jours.

Les multiples déboires auxquels ils font face ont fini d’achever leur patience. Les différents dispositifs mis en place par les pouvoirs publics pour absorber le chômage restent inaccessibles pour beaucoup d’entre eux, car sans moyens sans ressources.

Face au rythme et aux impératifs de l’urbanisation, un rapport préparé par les services de l’urbanisme pour le programme spécial «Sauvons notre quartier» signale que 45% de la population de la ville de Bamako vivent dans les quartiers spontanés.

En 1990 déjà, le schéma directeur d’aménagement et d’urbanisme de Bamako recensait trente trois (33) quartiers spontanés à Bamako dont vingt deux (22) étaient ciblés pour l’opération «Sauvons notre quartier». C’est-à-dire des déguerpissements, puis des recasements. Ces opérations ont fait beaucoup de victimes avec sont lot de mécontents. Dès lors la guerre des lopins a repris.
Amy SANOGO

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