Crise scolaire ; Les enseignants obligent le gouvernement à violer ses propres lois

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Une semaine après l’interpellation du gouvernement sur la crise du secteur éducatif, le collectif des syndicats de l’éducation (SYPESCO, SYLDEF, SYNEB, SYNESEC, SYNEFCT, FENAREC, COSES, SNEC) a de nouveau renoué avec les hostilités à travers une manifestation, le jeudi 11 Avril 2019, sur toute l’étendue du territoire national. Objectif : obtenir la satisfaction de trois des dix points de revendications contenues dans leur cahier des doléances, dont l’octroi d’une prime de logement, la relecture sans délai du décret n°529 P-RM portant allocation d’indemnités au personnel chargé des examens et concours professionnels, l’accès des enseignants fonctionnaires des collectivités territoriales aux services centraux de l’État. Auxquels est venu se greffer le déblocage des salaires de février et mars retenus pour cause de grève.

À Bamako, la marche est partie de l’obélisque « Bougie Ba » au monument Kwamé N’Kruma, trajet au long duquel les enseignants ne tarissaient pas dénonciations de l’incapacité  du Gouvernement à sauver l’école  malienne ainsi que de la  mauvaise  foi  de certains   ministres pour  résoudre  la crise. «Oui  aux  précomptes  non  aux  blocages  des  salaires», «Boubou  Cissé  voleur !», «Non au  mensonge des  ministres  devant   les  députés», «L’école doit être  une  priorité   pour  tout  bon  citoyen», «Non  à l’injustice  concernant  la  loi  de  grève», «Boubèye  assassin» sont entre autres les slogans brandis par les enseignants. Dans une déclaration lue par le porte-parole du collectif, Adama Fomba, ils dénoncent également un mépris du  gouvernement, sa «légèreté»  et  son «manque  de  sérieux»  lors  des  négociations, une violation flagrante   des textes régissant l’exercice  de  droit  de  grève en République  du  Mali, tout en exigeant l’application des accords conclus avec la partie gouvernementale depuis janvier 2017.

Et le secrétaire général du Syneb, Amadou Coulibaly, de prévenir qu’ils ne se laisseront pas intimider avant d’annoncer la continuité des grèves au même titre que la suspension des négociations jusqu’à ce que leurs alaires soient débloqué.

Pour Sabou Diadié Fofana du Synesec, un pays ne peut se développer sans éducation et l’enseignant est au cœur de tout développement. Cependant, déplore-t-il, le mouvement est en face à un gouvernement inconscient qui ne travaille pas pour le développement du Mali.

Son homologue du Snec, Moustapha Guitteye, a rassuré pour sa part que les enseignants signataires du 15 Octobre ne cherchent qu’à sauver l’école malienne quand le gouvernement cherche, lui, à sauver l’année scolaire. Et de prévenir qu’ils ne céderont a aucune pression ni intimidation et que « leurs enfants seront sacrifiés » au même titre que les autres enfants du Mali en cas d’année blanche.

En guise de réponse au ministre de l’Economie et des Finances qui a conditionné la restitution des retenues de salaires à la levée des mots d’ordre de grève, les syndicalistes se disent à leur tour ouverts au dialogue, à condition que leur salaire des mois de février et mars soit débloqués. Cette retenue de salaire, estiment-ils, viole les textes régissant l’exercice de droit de grève en République  du Mali.

Par-delà la retenue des mensualités avec l’ensemble des allocations et cotisations, en atteste pour le moins la décision du ministre Boubou Cissé de battre en retraite en ordonnant dans la foulée le traitement des salaires des enseignants alors qu’un préavis de grève est sur la table à partir du 15 avril. Ce faisant, le ministre crée une jurisprudence en la matière car il est désormais possible de grever sans risquer une retenue de salaire et pourvu d’être capable de mobilisation.

Amidou Keita

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