Défaillance dans l’organisation des examens: A qui la faute ?

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Chaque année, le département en charge de l’éducation déploie d’énormes efforts pour la moralisation des examens et de  leur surveillance. Mais  ces efforts sont souvent battus en brèche, avec des fuites de sujets, des fraudes massives et d’autres.

Pendant ces dernières années, l’admission aux examens comme le DEF, le CAP, le BT et le Bac, au lieu de refléter le niveau réel des candidats, ressemble plutôt à une simple formalité. Ainsi, des défaillances criardes sont observées dans le système d’organisation et de surveillance des examens. Tout le monde a constaté cette année que les sujets du DEF  étaient vendus par des petits vendeurs de cacahuète à la porte des différents centres d’examens. En dehors de cette fuite de sujet, tout est entrepris par les chefs de centre, les surveillants et certains directeurs d’écoles privées, pour aider les candidats. Et le plus souvent, ils demandent  à chaque candidat présent dans la salle de payer la somme de 1000F CFA.

Une fois la somme collectée, un spécialiste de l’épreuve en cours est cherché en vue de traiter le sujet. Lorsque ce dernier finit de traiter, la réponse est ainsi photocopiée et distribuée à tous ceux qui ont eu à contribuer.

Pour les autres examens, la situation parait la même. Ainsi, à défaut de traiter les sujets pour les  candidats contre de l’argent, ces derniers  sont autorisés à copier. Avec le développement de la téléphonie, plusieurs candidats reçoivent des traités de sujets envoyés  par SMS, soit par un parent, soit une connaissance ou toute autre personne.

Ainsi, de la fuite de sujets à la fraude généralisée et organisée, les examens maliens donnent actuellement l’impression d’une simple formalité. Si autrefois l’admission à ces examens était faite à la sueur du front, aujourd’hui, il n’en est rien et n’importe qui peut être admis à ces examens, quelque soit son niveau. En adoptant un nouveau critère dans le calcul des notes de passage, on pensait que le ministère allait prendre le taureau par les cornes en faisant tout pour circonscrire les fuites de sujets et lutter considérablement contre la corruption ou le laxisme des surveillants. Mais le phénomène semble prendre de plus en plus d’ampleur, à telle qu’on se demande de savoir qui est responsable de ce laxisme ou de cette lâcheté.

Il est temps que le département de l’éducation, de l’alphabétisation et des langues nationales prenne ses responsabilités pour moraliser les examens dans notre pays. La situation actuelle de ces examens, loin d’honorer notre système éducatif, ternit plutôt son image. Comment des sujets peuvent faire fuite avec des personnes responsables ? Il y a-t-il une complicité de la section des examens et concours ?

De toutes les façons les responsables en charge de l’éducation doivent faire preuve de de sagesse, responsabilité, d’honnêteté et de vigilance pour circonscrire les fuites de sujets et la fraude massive dans les salles d’examens.
Moussa Diarra

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