Législatives au Mali : Les contestations perdurent après l’arrêt de la Cour Constitutionnelle

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Au Mali, les manifestants ne décolèrent pas après l’arrêt de la Cour constitutionnelle, du jeudi dernier, proclamant les 147 députés élus à l’Assemblée nationale.

-Maliweb.net- « Pneus brûlés, routes barricadées et fumée noire qui se dégageait» dans   les circonscriptions électorales de Sikasso, Bougouni et dans la commune I et VI du district de Bamako.  Tel semble devenir le quotidien des milliers de manifestants dans ces localités depuis la proclamation des résultats définitifs  du second tour des élections législatives, du 29 avril dernier, de la Cour constitutionnelle. Motif : ces manifestants reprochent à la Présidente de la Cour, Manassa Danioko et les 8 autres juges de la Cour d’avoir préparés un hold-up électoral en faveur du parti présidentiel RPM.

Ce matin à Sikasso, ce sont des centaines de partisans de l’alliance  ADEMA-ASMA-ADP-CFD, liste déclarée non gagnante par la Cour,  qui se sont convergées  vers le gouvernorat de la ville pour protester contre le verdict. « Nous allons paralyser le trafic routier et les activités de l’administration jusqu’à ce qu’on rende notre victoire », proteste un manifestant à Sikasso dans une vidéo postée sur le réseau social Face Book. Rien que dans le cercle de Sikasso, la Cour Constitutionnelle a annulé plus de 20 milles voix dans 12 communes. De quoi susciter la colère  des partisans de la liste ADEMA-ASMA-ADP-Maliba  et CFD qui, pourtant, était arrivée en tête lors des résultats provisoires des législatives proclamés par le Ministre de l’administration territoriale.

Même son de cloche  dans les commune I et VI du district de Bamako, où les jeunes mécontents du verdict de la Cour continuent à occuper les routes et brûlés les pneus polluant l’air par une fumée noire.

 Un député sortant interpellé

A Oueléssebougou, ville située à 80 km Bamako, c’est le député sortant  de la liste Horonya Ton, Bananzolé Bourama,  qui a été interpellé par la gendarmerie du Camp « pour incitation à la violence ».  Cet ex-député malheureux avait été déclaré également élu par les résultats  provisoires des législatives du  19 avril dernier avant de voir son élection infirmée par la Cour constitutionnelle. Ce qui justifierait sa colère.

Depuis la proclamation des résultats définitifs, les neufs membres de la Cour Constitutionnelle  occupent le centre de tous les débats dans les salons feutrés du pays.  Au point qu’un important dispositif sécuritaire a été déployé devant le domicile de la Présidente de la Cour.  Certains avocats  prompts à donner leur avis sur l’actualité  se sont partagés sur le rôle de la Cour.  Pendant que certains proposent de réduire le pouvoir de la Cour Constitutionnelle, d’autres  parlent de changer le processus de désignation des membres de la Cour. Il faut noter que six des neufs membres de la Cour sont nommés par le Président de la République et celui de l’Assemblée nationale, qui sont tous issus du parti au pouvoir. Voilà de quoi susciter les débats sur l’impartialité de la Cour après  chaque consultation électorale. Surtout que cette fois-ci  les requêtes analysées par la Cour  sont, pour la plupart, favorable au parti présidentiel.

Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net  

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2 COMMENTAIRES

  1. Au point qu’un important dispositif sécuritaire a été déployé devant le domicile de la Présidente de la Cour. Les primes de ce dispositif sont payer par l’argent du contribuable malien. C’est dire que le Mali n’est pas un pays pauvre mais une question de gouvernance.

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