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COP21: quel bilan pour l'Afrique?
De gauche à droite : le président du Cap-Vert, Jorge Fonseca, Ibrahim Boubacar Keita (Mali), Ali Bongo Ondimba (Gabon) , Mahamadou Issoufou (Niger), François Hollande et Idriss Déby (Tchad) © AFP / STEPHANE DE SAKUTIN

Les rideaux sont tombés au Bourget  (Paris) sur les travaux  de la 21ème Conférence des Parties (COP 21) à la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC). Cette grand-messe, qui a réuni les représentants de 195 pays, autant dire la planète entière, a été sanctionnée par un accord dénommé «Accord de Paris sur le climat», adopté le 12 décembre dernier au terme de treize jours d’échanges par moment très âpres.

L’objectif est de rester au-dessous de 2°C d’augmentation de température d’ici à 2100 et, autant que faire se peut, de limiter cette augmentation à 1,5° C. En attendant de tirer avec le recul nécessaire, toutes les leçons qui s’imposent de cet événement mondial, il sied, à notre avis, de jouer la carte de la solidarité, car nous partageons une même communauté de destin, celle des habitants de la planète bleue.

Même si, à ce jeu, les pays en voie de développement jouent le rôle du dindon de la farce, il s’agit d’éviter, chacun à son niveau, d’émettre plus de gaz à effet de serre, responsables du réchauffement et du dérèglement climatique. Plus d’une quarantaine de gaz à effet de serre ont été recensés par le Groupe Intergouvernemental d’Experts sur l’Evolution du Climat (GIEC) , dont les principaux sont le Dioxyde de carbone (CO2), le Méthane (CH4) et le Protoxyde d’azote (N2O).
Le dioxyde de carbone représente près de 70% des émissions de gaz à effet de serre d’origine anthropique. Il est principalement issu de la combustion des énergies fossiles (pétrole, charbon) et de la biomasse.

Il s’agit alors de remplacer ces sources d’énergie polluantes par des sources d’énergie propres, renouvelables. Le solaire (photovoltaïque, thermique), l’hydroélectricité, l’éolien, la biomasse, la géothermie sont des énergies à flux  inépuisables par rapport aux «énergies stock» tirées des gisements de combustibles fossiles en voie de raréfaction: pétrole, charbon, lignite, gaz naturel.

Notre pays, pour ce qui le concerne, dispose d’immenses potentialités en matière d’énergies renouvelables, surtout dans les domaines solaire et éolien. Il est heureux de constater que nos autorités commencent à prendre conscience de cette réalité. En témoigne la multiplication des petites centrales hybrides (solaires – thermiques) et la construction prochaine de deux centrales solaires photovoltaïques, à Kati et à Ségou, d’une puissance respective de 40 et de 30 MW. C’est à saluer, mais c’est insignifiant par rapport à l’énorme potentiel dont jouit le Mali.

Il s’agit de faire preuve d’une forte dose de volontarisme et d’esprit d’innovation. Car il n’est pas normal que l’Allemagne, qui a un potentiel de 3kwh / m2, réalise 5 000 MW en énergie solaire alors que le Mali, avec un potentiel de 7kwh / m2 et 300 jours d’ensoleillement annuels, en soit toujours au stade des  balbutiements. Pourquoi ne pas promouvoir le solaire thermique haute température et construire des centrales cylindro-paraboliques, des centrales à tour ou des centrales paraboliques?

D’autant que notre pays dispose, surtout dans sa partie septentrionale, du meilleur rayonnement solaire direct d’Afrique. Et le solaire basse température, avec les séchoirs, chauffe-eaux, cuiseurs et autres fours solaires? Et pourquoi ne pas produire des vélomoteurs et motocyclettes électriques «made in Mali» ?

En compensation des dommages qu’ils ont causés à la planète pour les besoins de leur industrialisation, les pays riches doivent mettre la main à la poche, pardon à la tirelire, pour financer des projets innovants. Aux pays du Sud de faire preuve d’imagination.

Cette dynamique pourrait se traduire par la création de richesses et de dizaines de milliers d’emploi. Ici chez nous, l’Agence de l’Environnement et du Développement Durable (AEDD) devrait communiquer davantage sur les financements liés aux changements climatiques (crédits carbone, fonds vert, etc.), afin que le maximum de Maliens connaissent les opportunités qui s’offrent à eux. Pourquoi ne pas mettre concomitamment l’accent sur la R&D (Recherche et développement)?

Yaya Sidibé   

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