Litiges fonciers : Colère des déguerpis

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Un regroupement d’associations est à pied d’œuvre pour amener l’Etat à revoir ses dispositions. Le citoyen Bazoumana Fofana est dans la lutte depuis longtemps. Bientôt, les tribunaux de l’UEMOA et de la CEDEAO seront saisis des différentes affaires.

  A maintes reprises, des familles venues des quatre coins de Bamako avaient afflué vers la Bourse du Travail pour se faire entendre des autorités de la République. Siège de la Centrale syndicale, UNTM, la Bourse du Travail leur permettait, en effet, de se rassembler, d’échanger et de crier fort leurs amertumes. Après les Assemblées et meetings de toutes sortes, elles envisageaient d’entamer des marches de protestations. Bien qu’annoncées pacifiques, ces marches furent tour à tour interdites par les autorités.

Elles ne peuvent faire autrement, pourrait-on dire. Car, elles avaient peur que les échos de ces marches se répandent à l’intérieur du pays et ailleurs. Ces interdictions n’ont jusque-là pas entamé la détermination des familles à aller à la quête de leurs terres. Surtout, il se trouve que dans la plupart des cas de litiges, la justice avait été saisie. Des arrêts ont souvent été rendus. Quelques fois. La Haute cour est saisie. A savoir, la Cour d’Appel de Bamako dont les Arrêts sont quasiment sans recours.

De Daoudabougou à Senou, en passant par Dialakorodji, Niamakoro, Sokoro, entre autres, les déguerpis et expropriés ne démordent guère.

Tout comme ce pauvre patriarche du nom de Bazoumana Fofana, victime d’une extraordinaire spoliation de son titre foncier N° 11247. Lui aussi a saisi la justice de son pays. La bataille judiciaire a longtemps alimenté les chroniques bamakoises. Avant que l’on connaisse la suite finale, les puissants du jour ont réussi à procéder au transfert de son titre au nom d’un certain Cheick Sadibou Cissé, puis de Babou Yara, de son vrai nom Djonké Yaranangoré.

Aujourd’hui, Bazoumana Fofana et les membres des différentes associations de déguerpis mènent ensemble la lutte pour la récupération de leurs biens. Chacun de son côté, d’une certaine manière, ils réclament plus de justice, d’équité dans notre cher Mali. Et dans l’impossibilité d’obtenir gains de cause devant les tribunaux nationaux, ils envisagent de se tourner ailleurs. L’on nous-a fait savoir récemment, de leur côté, que les tribunaux de l’UEMOA ou de la CEDEAO ne tarderaient plus à recevoir leurs plaintes contre l’Etat malien.

 

LES AUTORITÉS INTERPELLÉES

Et pourtant, les plaignants gardaient un immense espoir lors de l’accession au pouvoir de M. Ibrahim Boubacar Kéïta, IBK. L’actuel Chef de l’Etat, Président de la République, avait suscité en eux un sentiment réel de redresseur de torts, d’injustice et bien d’autres. Et le fait que ses premiers compagnons de route n’étaient pas mêlés dans les affaires foncières du moment ils se disaient qu’avec le temps tout rentrerait dans l’ordre.

C’est pourquoi ils n’avaient hésité à saisir les services techniques de la Primature, des Ministères de la Justice et des Domaines de l’Etat. Par exemple, le vieux Bazoumana Fofana ne s’est pas prié pour adresser des correspondances officielles aux uns et aux autres.

Avec son bâton de vieil homme, il n’avait pas hésité à arpenter les allées de ces autorités en questions.

Dans un premier temps, on lui prêta une oreille attentive. Ses dossiers furent soumis aux examens des conseillers techniques et autres experts. Puis, et cela est devenu de coutume dans notre pays, on le renvoya dans sa vieille demeure. Les portes se refermèrent, les unes après les autres. Les téléphones ne décrochaient plus. Par finir, ordre est donné de ne même plus le voir dans une salle d’attente ministérielle.

Une sorte d’humiliation est ainsi infligée au vieux citoyen Bazoumana Fofana qui ne demandait qu’à être entendu, compris, des autorités de son pays. Lui qui avait tant investi dans son pays durant des décennies, qui espérait que l’Etat de droit s’installait progressivement, et que les puissants ne brisaient plus les faibles impunément, est ainsi récompensé.

L’opérateur économique qu’il est, ne saurait comprendre un tel traitement dégradant. Ailleurs, au Sénégal ou en Côte d’Ivoire, des citoyens comme lui sont humainement et élégamment traités avec tous les honneurs. Eux peuvent et doivent encore investir dans leurs pays. Par contre, Bazoumana Fofana et les siens hésiteront par mille fois. A condition que les autorités changent de comportement et d’attitude.

 

B.KONÉ

 

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1 commentaire

  1. Bonjour B KONE cherches à savoir qui est ce vieux Banzoumana et prends tes sous et laisses le

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