Au Mali, le nombre de déplacés internes a été multiplié par deux en six mois

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A Bamako, au marché à bétail de Niamana, dans le camp des déplacés du village de Sadia. Nicolas Réméné
A Bamako, au marché à bétail de Niamana, dans le camp des déplacés du village de Sadia. Nicolas Réméné

Selon le dernier bulletin d’OCHA, le Bureau de coordination des affaires humanitaires des Nations unies, ils sont désormais plus de 120 000 dans tout le pays, contre près de 63 000 au mois de juin. Cette augmentation brutale du nombre de déplacés internes est surtout liée à la situation sécuritaire dans le centre du pays. Plus de 54 000 personnes déplacées ont été enregistrées au cours de l’année passée dans la région de Mopti. Elles fuient les violences jiadistes et les conflits communautaires.

C’est à Bankass, Koro ou Birga que la plupart des déplacés ont trouvé refuge… accueillis par les habitants de ces villes. Ils survivent grâce à la solidarité des familles et l’aide fournie par les autorités régionales et des ONG. « L’Etat fait un gros effort, explique Sidi Alassane Touré, gouverneur de Mopti. Nous donnons des vivres, des couvertures, des nattes pour soulager ces populations éprouvées. »

Un secours que salue OCHA. Mais pour David Cibongo, responsable de la coordination, il faut plus de moyens. « Il est important que la solidarité internationale se mette en place », explique-t-il. « Ces populations ont perdu leur bétail, elles ne vont plus aux champs… L’aide d’urgence ne suffit pas. Il faut créer les conditions de leur retour », conclut-il.

Il faut au plus vite qu’ils puissent avoir une stabilité pour qu’ils retournent dans leurs activités – l’agriculture, l’élevage – de manière à ce qu’ils puissent reconstituer leur résilience et être autonome.

Première de ces conditions : la sécurité et la fin notamment des tensions communautaires. Selon Sidi Alassane Touré, des concertations pour la cohésion sociale doivent s’ouvrir la semaine prochaine dans la région de Mopti et se tenir tout le mois. D’abord au niveau des arrondissements, puis des cercles et enfin de la région. Le Premier ministre ou le président devraient assister à ce dernier niveau de discussions.

Par RFI Publié le 31-01-2019 

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