Frappes aériennes à Bounty : Les défenseurs des droits de l’Homme demandent une enquête indépendante

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L’attaque de Bounty du dimanche 3 janvier 2021 n’a pas encore fini de faire parler d’elle. Malgré les communiqués des armées malienne et française affirmant que ce sont des terroristes, qui ont été tués lors des frappes aériennes menées dans le village de Bounty, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme et d’autres associations maliennes demandent une enquête indépendante sur ces évènements.

Depuis le dimanche 3 janvier la polémique enfle sur les réseaux sociaux et dans les médias autour des frappes aériennes dans le village de Bounty situé dans le cercle de Douentza. L’armée française est accusée par des villageois d’avoir bombardé des civils lors d’un mariage.

Selon deux communiqués publiés le jeudi 7 décembre 2021 par les armées malienne et française, il s’agit des frappes aériennes menées dans le cadre de l’opération conjointe des FAMa, Barkhane, les forces conjointes du G5 sahel dénommée « éclipse » en cours dans la zone des trois frontières afin de neutraliser les groupes armés terroristes. « Les images d’observation et de surveillance des frappes aériennes effectuées par un mirage 2000 sur ledit objet ont fait un bilan d’une trentaine de terroristes neutralisés. Un groupe de villageois et des hommes armés en motos et en pick-up sont arrivés sur le site et ont procédé à l’inhumation des morts. L’environnement observé n’a montré ni scène de mariage, ni enfants ou femmes. Tous les renseignements recueillis en direct justifiaient que les cibles neutralisées étaient des objectifs militaires », affirme l’armée malienne dans son communiqué.

Face à cette confusion et dans le but de lever toute ambiguïté, la Fédération internationale des ligues des droits de l’Homme (FIDH) et l’Association malienne des droits de l’Homme (AMDH) ont, à travers un communiqué conjoint, exhorté les autorités maliennes et françaises à accepter la mise en place d’une commission d’enquête indépendante qui pourrait être placée sous l’égide de la Division des droits de l’Homme et de la protection de la Minusma.

« Seule une commission d’enquête ad hoc et indépendante peut aider à faire toute la lumière sur ce qui s’est passé à Bounty. Jusqu’à présent il y a pas mal de versions qui divergent. Même si nous faisons confiance aux forces Barkane et aux forces maliennes, si les doutes persistent, il faut aller vers une commission d’enquête indépendante. On peut par exemple proposer que la division des droits de l’Homme de la Minusma mène éventuellement une telle enquête. Au-delà de ça, nous avons ici au Mali la commission nationale des droits de l’Homme (CNDH) et d’autres associations, qui peuvent être impliquées dans une telle enquête », a déclaré Me Drissa Traoré, secrétaire général de la FIDH au Mali.

« Suite à cet incident, nos organisations réitèrent leur demande aux autorités internationales et nationales de placer les droits et les besoins des personnes les plus vulnérables au cœur de leurs interventions afin que celles-ci renforcent les efforts vitaux déployés dans le pays en matière d’aide humanitaire, de développement, de gouvernance démocratique, de consolidation de la paix et de l’État de droit », a précisé Me Moctar Mariko, président de l’AMDH.

SalimataDiarra

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