Peuls tués par de présumés chasseurs dogons au Mali : 160 morts (nouveau bilan)

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Le bilan de l’attaque contre un village peul du centre du Mali par de présumés chasseurs dogons samedi est monté à 160 morts, ont affirmé lundi à l’AFP un élu local et une source de sécurité malienne.

Un précédent “bilan provisoire” annoncé dimanche par la télévision publique ORTM faisait état de 136 morts. “Le nouveau bilan est de 160 morts et il sera probablement plus lourd encore”, a déclaré à l’AFP Amadou Diallo, conseiller municipal de Bankass, principale localité de cette zone située près de la frontière avec le Burkina Faso. Il a dénoncé “une épuration ethnique”. Ce bilan a été confirmé par une source de sécurité malienne, tandis que des associations peules évoquaient plus de 150 morts dans le village d’Ogossagou-Peul après la découverte de corps, notamment dans des puits.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta s’est rendu lundi à Ogossagou-Peul, où il a promis la sécurité et la paix. “Il faut la sécurité ici, c’est votre mission”, a déclaré M. Keïta à l’adresse du nouveau chef d’état-major, le général Aboulaye Coulibaly, qui l’accompagnait lors de cette visite.

Le général Coulibaly a été nommé dimanche dans la foulée du limogeage des principaux chefs de l’armée lors d’un conseil des ministres extraordinaire au cours duquel le gouvernement a prononcé la dissolution du groupe de chasseurs dogons “Dan Nan Ambassagou”. Cette tuerie, la plus sanglante depuis la fin des principaux combats de l’opération lancée en 2013, à l’initiative de la France, pour chasser les groupes jihadistes qui avaient pris le contrôle du nord du pays, s’est produite en pleine visite du Conseil de sécurité de l’ONU au Mali et au Burkina Faso voisin.

Depuis l’apparition il y a quatre ans dans le centre du Mali du groupe jihadiste du prédicateur Amadou Koufa, recrutant prioritairement parmi les Peuls, traditionnellement éleveurs, les affrontements se multiplient entre cette communauté et les ethnies bambara et dogon, pratiquant essentiellement l’agriculture, qui ont créé leurs propres “groupes d’autodéfense”. Ces violences ont coûté la vie à plus de 500 civils en 2018, selon l’ONU.

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