vie sociale : Niono se meurt

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Niono, situé à 347 km de Bamako dans la région de Ségou, est un cercle connu et très réputé pour sa grande production de produits de première nécessité. Son marché était l’un des plus fréquenté par tout le pays. Aujourd’hui, la destination est fuie et délaissée par tous les négociants.

Son marché hebdomadaire se tient normalement tous les dimanches et les gens viennent de partout pour s’approvisionner et d’autres en profitent pour venir vendre leurs marchandises. Certains y partent rencontrer leurs familles ou des amis et se donner des nouvelles. A partir de cette semaine, ce marché hebdomadaire des dimanches ne se tiendra plus jusqu’à nouvel ordre. Et pour cause, depuis fin 2020, la sécurité et la quiétude sont devenues un luxe pour les habitants du cercle de Niono. Un conflit sans fin oppose les chasseurs (Donzos) aux djihadistes. Plusieurs personnes ont perdu la vie, des villages détruits et des villageois obligés d’abandonner leur localité.

En plus de tout cela, les bandits armés profitent de cette situation pour alimenter la peur et la crainte des populations. Chaque dimanche, depuis maintenant plusieurs mois, il y a des bandits qui s’attaquent aux convois des forains qui tentent de rejoindre le marché de Niono. Ceux-ci sont dépouillés de tous leurs biens, les victimes attristées et sans aucun autre choix se rendent à Niono pour aller informer les autorités locales et leurs parents. Les femmes qui sont sans argent ou sans objet de valeur subissent des viols collectifs et ceux qui refusent sont tués.

Celles qui sont victimes de ces viols n’ont nulle part où se plaindre et personne avec qui elles peuvent partager leurs tristes histoires, car cela est un sujet tabou dans la société surtout dans ces zones les plus reculées du pays.

Selon une source locale, certains auteurs de ces actes « inhumains » sont souvent des jeunes connus. « Il y a des gens parmi ces bandits qui sont des jeunes vagabonds des villages environnants. On les connait, mais hélas personne n’ose les dénoncer », regrette notre interlocuteur.

Afin de pouvoir mettre fin à ces actions, les autorités locales ont décidé de suspendre le marché hebdomadaire de Niono qui se tenait chaque dimanche.

L’économie locale paralysée

Le cercle de Niono est l’épicentre d’un violent conflit entre les chasseurs (Donzos) et des Djihadistes. Depuis fin 2020, plusieurs personnes y ont perdu la vie et d’énormes pertes financières, agricoles et matérielles ont été constatées.

Depuis le début du conflit, les acteurs de ces secteurs d’activités sont confrontés à beaucoup de difficultés. Tous ceux-ci ne sont pas sans conséquences. Il y a de grandes répercussions non seulement sur les activités locales, mais aussi sur l’économie.

Selon des sources que nous avons consultées sur place à Niono, il y a certaines activités génératrices de revenus qui ne se mènent plus, comme l’agriculture, l’élevage et le commerce des bétails.

La saison de récolte de l’année passée a coïncidé avec l’occupation des zones environnantes de Niono, surtout la Commune rurale de Dogofry. « L’année dernière, au moment de la récolte, on ne pouvait même pas se permettre de quitter notre village à plus forte raison se rendre aux champs pour la récolte », explique une source à Dogofry. Elle fait savoir qu’en plus de cette privation, les djihadistes sont venus dans la plupart des champs après avoir moissonné ceux qu’ils peuvent emporter.

Une autre source affirme que ce n’est pas seulement les champs qui ont été dévastés, des bétails et matériels agricoles aussi ont été emportés. « Il y a des personnes qui ont tout perdu de l’année passée à maintenant, du bétail, des matériels agricoles et de l’argent. D’autres aussi ont perdu des proches ou leur dignité », révèle la même source.

Les mêmes sources font savoir que tous ceux-ci ont rendu non seulement la vie difficile à vivre dans la zone, mais aussi ont permis l’augmentation des prix des produits commerciaux.

« Déjà la plupart d’entre nous sommes pauvres et certains gagnent leur vie grâce au commerce et d’autres grâce à l’élevage. Il est maintenant très difficile pour nous de gagner notre vie ou d’acheter, car tout est devenu un peu plus cher », affirme une autre source avec le visage déprimé.

Le « dédouanement » des bétails par les hommes armés

Les quelques éleveurs qui ont pu préserver leurs bétails, ou les éleveurs d’autres localités, s’ils veulent se rendre à Niono pour vendre leurs bétails doivent verser une somme pour chaque tête aux hommes armés qui occupent les routes. « Ils demandent aux éleveurs de payer une certaine somme pour chaque tête ou de leurs laissés le bétail et de retourner d’où tu viens », explique une source avant de faire savoir que c’est ce processus aussi qui a contribué à l’augmentation des prix des bétails.

Un chef de famille raconte qu’à la veille de la fête de tabaski qu’il a discuté du prix d’un mouton avec un éleveur et que celui-ci lui explique tout le processus qu’ils endurent avant de pouvoir amener les troupeaux dans la ville de Niono. « Le prix minimum des moutons étaient de 125 000 F CFA, même les plus petits, à cause des dépenses qui sont imposées aux éleveurs avant de pouvoir faire passer leurs moutons », affirme le chef de famille.

L’impact se fait sentir jusqu’à Bamako

Pratiquement tous les commerçants de riz de Bamako s’approvisionnent dans le cercle de Niono. Ce dernier temps, à cause de l’insécurité, ces localités n’ont pas pu suffisamment produire et cela à créer une sorte de rupture de stock chez les commerçants de riz.

Aucun produit agricole ne sort de Niono pour le moment. Et une certaine qualité de riz devient difficile à s’en procurer. Cela a ainsi provoqué une montée rapide des prix du riz dans la capitale.

Moussa Diarra, commerçant au marché de Niamakoro, fait savoir que le prix de son riz, de marque Gambiaka, a connu une légère augmentation. « Avant, je vendais le Gambiaka à 17 500 F CFA, mais maintenant je le cède à 20 000 F CFA. Il est fort probable que sa augmente encore si la situation ne change pas », explique M. Diarra

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NIONO

Les victimes oubliées du centre

Depuis plus de 10 mois maintenant, le cercle de Niono est devenu un lieu dans lequel la sécurité est un confort. Un conflit commencé à Farabougou entre les chasseurs (Donzos) et les éleveurs de la place a fini par être une lutte sans fin entre ces Donzos et les djihadistes dans toute la zone.

De nos jours, pas seulement Farabougou, mais toute la commune de Dogofry, située à 15 km de Niono, est concernée par ce conflit. Beaucoup de pertes matérielles ont été enregistrées, des champs mis à feu, des bétails emportés. En plus de tout cela, beaucoup de personnes ont perdu la vie. Des enfants sont devenus orphelins de père ou de mère, des femmes veuves et des familles sans plus rien.

Ceux qui ont perdu la vie sont certes morts, mais dans ce conflit les vraies victimes sont les femmes et les enfants à qui tous leurs ont été arrachés.

Parmi ces pauvres victimes, Mme Diallo K. D., veuve et mère de 3 enfants, est l’une des personnes qui a tout perdu. Une femme de teint légèrement clair, taille moyenne et maigri par la fatigue et la faim. Elle est dans la trentaine, habite à Flakokoni, un village vidé de sa population et a été obligée de chercher refuge dans la ville de Niono à cause du conflit. « Moi et mes trois enfants sommes maintenant hébergés dans un camp dans la ville de Niono, installé par la mairie. Nous sommes venus ici dans la précipitation et je n’ai pu rien amener avec moi », explique la veuve.

Elle fait savoir que le plus difficile pour elle après la mort de son mari a été la prise en charge de sa famille, car elle n’avait aucun moyen. « Je savais plus que faire quand mon mari a été tué. Prendre toute seule la charge de mes enfants m’inquiète plus que le conflit lui-même.  Je ne savais que vendre du lait et cultiver un petit jardin, mais hélas tout notre troupeau a été emporté par je ne sais qui », confie-t-elle avec des larmes aux yeux et désespérée.

Son mari était un berger qui gagnait sa vie dans l’élevage. Ils avaient plus de 70 têtes de bœuf et des moutons. Tué dans des circonstances inexplicables, le mari de K. D. est sorti un jour avec le bétail et n’est plus jamais rentré chez lui. « Comme tous les matins, il est sorti avec le troupeau et le soleil couché on ne l’a pas vu, ni le jour suivant. Trois jours après, des voisins sont venus m’annoncer qu’ils ont retrouvé son corps dans la forêt. Immédiatement je suis tombé en sanglots. Le même jour, nous procédons à son enterrement », fait savoir K. D.

Depuis ce jour, plus rien ne fut comme avant pour K. D. et ses trois enfants et commence ainsi leur calvaire.

Devenue sans-abri du jour au lendemain

Baluchon sur la tête, avec uniquement les essentiels, son plus petit enfant au dos et les deux autres sur ses pas, ils ont marché plus de 2 km avant d’atteindre le village suivant. De là-bas, elle raconte avoir été amenée à Niono par une personne de bonne foi. « Quand nous avons quitté notre village, j’étais toute déboussolée et inquiète de pouvoir atteindre le prochain village en vie, car je ne savais pas si on allait tomber sur des hommes armés sur la route. Une fois arrivés là-bas, Moussa, un vieil ami de mon défunt mari, accepte de nous conduire dans la ville de Niono. Une fois sur place, on a d’abord cherché refuge à l’hôpital auprès des autres déplacés de mon village, avant d’être amenés à la mairie pour être recensés et installés dans un camp », explique K. D.

« Avant tout cela, j’avais une maison et un mari. Avec mes enfants on était heureux et tranquille et maintenant voilà à cause de ces conflits interminables je suis devenue un sans-abri. Du jour au lendemain, je n’ai plus rien et me voici déplacée dans un autre endroit », confie-t-elle. Selon elle, personne n’est d’autant plus touchée par ce conflit que les femmes et les enfants, étant donné que pour elle, celle-ci sont les plus sensibles et sont sans défense. « Dans notre société, c’est l’homme qui s’occupe de tout, de la prise en charge de la famille à sa sécurité. Nous les femmes, nous les soutenons. Nous nous occupons de l’éducation des enfants et faisons la cuisine et notre rôle se limite à cela », explique-t-elle et voir tout ce changement s’opère très rapidement est pour elle une situation très difficile et compliquée. « C’est triste de ne plus être chez soi et d’avoir sa propre maison », se plaint-elle.

Vivre selon les moyens

Dépourvue de tous ses moyens, la veuve et ses enfants sont dans un camp de déplacés installé à Niono. Ils vivent du peu d’aide qu’ils reçoivent et de l’argent qu’ils gagnent lors des petites activités génératrices de revenus qu’ils font.

D.K., pour pouvoir subvenir aux petits besoins de sa famille, mène parfois des petits commerces ou devient parfois aide-ménager. « Souvent, je fais des portes à porte pour voir s’il y a des gens qui ont des linges à laver, grâce à ça, je peux gagner souvent 1 500 F CFA ou 1 000 F CFA par jour. Il y a aussi des jours où je n’obtiens absolument rien du tout. Avec le peu d’économie que je fais, durant le jour du marché, je vends des condiments et maintenant avec l’arrêt du marché hebdomadaire, je sais même plus que faire », explique-t-elle. D. K. fait savoir qu’à leur arrivée au camp, les choses étaient un peu compliquées pour eux, parce qu’elle n’avait rien sur elle et même ses enfants n’avaient pas plus de deux complets d’habits. « Nous ne pouvons plus nous permettre de nous offrir les trois repas de la journée, souvent je me privais moi-même de nourriture pour que mes enfants puissent avoir à manger », raconte-t-elle avec une voix tremblante.

K. fait savoir qu’elle prie Dieu nuit et jour pour que ses enfants puissent rester en bonne santé. Car s’ils tombent malade dans ces circonstances, elle ne pense pas avoir les moyens pour les soigner, elle se contente des médicaments ambulants traditionnels, sans pourtant savoir les conséquences que ces médicaments ambulants peuvent avoir. ‘’Les seuls médicaments que je peux me permettre d’acheter sont les médicaments que vendent les vendeurs ambulants ou les médicaments traditionnels”. 

Elle est beaucoup plus préoccupée par l’avenir de ses enfants, selon elle, vivre une telle expérience est d’autant plus traumatisante pour elle, à plus forte raison ses enfants.

Comme cette famille de déplacés, beaucoup d’autres familles sont dans cette même situation à cause du conflit du nord et du centre du pays, et souvent elles sont oubliées. Il est important qu’une politique soit mise en place pour que les déplacés puissent bénéficier d’un minimum de confort et aient accès à un soin de qualité.

 

Dossier réalisé par

Hamady Sow

(envoyé spécial à Niono)

 

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5 COMMENTAIRES

  1. Stratégie et défense nationale, Choguel et la transition Militaire sont-ils en train de perdre une occasion en or pour sécuriser le Mali?

    I. Rapport de forces et références historiques

    1. A l’international

    On ne peut pas parler de stratégie dans un conflit armé sans évoquer l’épisode de la crise des missiles de Cuba en octobre 1962.

    Le président Kennedy était face à un choix cornélien quand l’union soviétique de Nikita Khrouchtchev décida après l’échec du débarquement de la baie des cochons contre le régime de Fidel Castro, d’installer des missiles nucléaires sur l’île de Cuba à 200 km seulement des côtes de la Floride aux USA.

    Face à cette menace grave sur la sécurité des États-Unis, Kennedy devrait choisir entre l’affrontement (donc prendre le risque de la responsabilité d’une guerre nucléaire qui serait probablement la 3ème guerre mondiale entre le bloc soviétique et le monde occidental) ou procéder à un blocus maritime autour de l’île de Cuba pour empêcher les navires de guerre soviétique d’approvisionner l’île en engins nucléaires (et de ce fait obliger Khrouchtchev à déclencher la guerre nucléaire et à en prendre la responsabilité devant l’histoire ou renoncer à approvisionner l’île et se faire ridiculiser).

    La suite est connue, Khrouchtchev demanda, in extremis, à ses navires de faire demi tour contre la promesse américaine de ne pas envahir Cuba. Promesse tenue jusqu’aujourd’hui.
    Mais l’épilogue de cette crise a été un grand succès pour le jeune président Kennedy face au vieux Khrouchtchev.

    2. Le cas d’espèce du Mali

    Dans les rapports de forces entre les pays africains indépendants et la France, la balance a très souvent été du côté de la France depuis 1960.

    Illustration:

    Quand le président Modibo Keïta a fait sa réforme monétaire en août 1962 pour sortir de la zone franc et du franc CFA, il fut contraint en 1967 de renégocier en position de faiblesse (avec à la clé une dévaluation de 50% du franc malien face au franc cfa) pour réintégrer la zone franc.
    Et en novembre 1968, il fut renversé par une junte militaire dirigée par le Lieutenant Moussa Traoré, formé en France.
    En 1984 le régime du Général d’armée Moussa Traoré, a finalement abandonné le franc malien au profit du franc cfa.
    6 ans plus tard, le président Moussa Traoré a dit à Mitterrand en 1990 que “la démocratie n’est pas une camisole de force” et qu’il va “mettre le Mali à l’école du Japon ».
    En mars 1991 il a été renversé par un coup d’état par ATT qui rentrait d’une formation en France.

    Alpha Oumar Konaré a dit qu’il n’ira pas accueillir Jacques Chirac, président français à Dakar.
    Selon lui, Chirac doit venir à Bamako s’il veut parler aux dirigeants Maliens.
    Cela fut perçu comme un affront à l’Élysée et Alpha a été obligé de louer les bons offices d’Oumar Bongo, le président du Gabon pour se réconcilier avec Chirac.

    En 2011, ATT a refusé vertement de soutenir la croisade de Nicolas Sarkozy contre Kadhafi contrairement au sénégalais Abdoulaye Wade. En janvier 2012, la rébellion Mnla éclata au nord du Mali et en mars 2012, ATT fut renversé par la junte militaire du capitaine Amadou Aya Sanogo.

    Le président Macron a décidé de visiter les troupes françaises à Gao sans passer par Bamako et obliger IBK d’aller l’accueillir sur le tarmac de l’aéroport de Gao à plus de 1000 km de Bamako.

    Le déroulé de l’histoire montre clairement qu’entre les dirigeants maliens et les dirigeants français c’est une affaire du pot de terre contre le pot de fer et c’est visiblement les dirigeants maliens qui sont le pot de terre dû à la situation socio économique de notre pays mais aussi à la myopie stratégique de nos dirigeants successifs.

    II. Pourquoi Assimi et Choguel avaient une chance de renverser la vapeur face à Macron?

    1. Les objectifs affichés du Mali : Le Mali veut juste vivre en paix dans un état unique et indivisible de Kayes à Kidal.
    Depuis la punition de Sarkozy contre ATT, cet objectif simple au prime abord, est devenu le serpent de mer des dirigeants maliens.

    2. L’inefficacité apparente de Barkhane et de la Minusma dans la sécurisation du Mali: L’insécurité s’étend chaque jour du nord au sud du pays en passant par le centre en dépits de 5000 soldats de Barkhane et 13000 de l’ONU au point qu’aucune localité du Mali ne connaît actuellement une sécurité totale. Ça n’existe plus.

    3. Les moyens mis en œuvre par les gouvernements successifs du Mali pour remettre l’armée malienne d’aplomb peinent à reconstruire une vraie armée combattante. L’armée malienne est plutôt sur la défensive dans la plupart des situations de combat et se fait régulièrement surprendre par des mines anti personnelles et des embuscades voir des attaques frontales de ces positions avancées ou isolées.

    4. Un manque criard de renseignement sur les terroristes et leurs tanières (bases arrières, circuits d’approvisionnement en vivres, en carburant et en armes, camps d’entraînement, réseaux de recrutement, aires ou entrepôts de stockage ou zone de caches d’armes et de logistique divers, etc.

    5. Inadaptation de l’armée malienne à la guerre asymétrique: Insuffisance logistique de l’armée surtout dans le redéploiement aérien et l’assistance aérienne aux combats et au renseignement

    6. Forte corruption dans la chaîne de commandement et gestion financière et matérielle et gestion des ressources humaines très approximatives et budgétivores de l’armée malienne

    7. Absence d’appuis des forces étrangères (Barkhane, Takouba, Minusma) pour neutraliser les terroristes du centre et du sud du Mali notamment dans la zone du pays dogon, la zone de Tenekou et Djenné, la zone Office du Niger (niono, Dogofry, Farabougou, Kolongo, Macina, etc)

    Au vu des 7 points ci-dessus, le gouvernement transitoire de Choguel pouvait mettre dans la balance la possibilité de faire intervenir d’autres partenaires ETATIQUES comme la Chine; l’Afrique du sud; la Russie et la Turquie pour renforcer son front sud et central face à la flambée de l’insécurité dans le pays et le faire savoir clairement par écrit dans une lettre officielle motivée au gouvernement français et au conseil de sécurité de l’ONU.

    En procédant ainsi, Assimi et Choguel pouvaient contraindre Macron de faire son choix entre quitter le Mali ou s’engager vraiment à apporter plus d’appuis aux forces armées maliennes au centre et au sud pays soit par du renseignement indispensable sur les terroristes et leurs agissements soit par l’assistance aérienne pour les traquer partout qui font défaut cruellement à l’armée malienne à bien des égards.

    A l’état actuel des enjeux sécuritaires du Sahel, Macron n’allait pas choisir de partir sauf à prendre le risque de donner la possibilité à d’autres pays d’avoir plus d’influence que la France au Mali et se prendre la mouche ensuite aux élections présidentielles françaises d’avril et Mai 2022.

    Ce qui le mettrait devant un choix cornélien et dans une posture comparable à celle de Nikita Khrouchtchev en octobre 1962.

    Donc il serait obligé de se plier pour apporter plus de soutien légitime à l’armée malienne là où elle est actuellement en grande difficultés sur le terrain.

    III. Pourquoi Assimi et Choguel sont en train de perdre cette chance inouïe qu’ils avaient de faire plier stratégiquement Macron?

    D’abord il se sont mis naïvement dans une posture de réactionnaires de la rue qui font d’eux des sortes de rebelles récalcitrants voulant flirter dangereusement avec des groupes privés paramilitaires assez nébuleux et énigmatiques.

    Ensuite, les joutes verbales inopportunes à l’ONU « abandon en plein vol » alors que les soldats français ne sont pas encore partis du territoire malien: ne constitue pas un argument crédible et valable aux yeux des observateurs internationaux sérieux.

    Ensuite la surenchère à Bamako « le peuple malien n’a jamais été ingrat » en réponse aux déclarations fortes de la ministre française des armées, Florence Parly, au sénat français: « inacceptables» ; « indécent», pour qualifier les propos de Choguel à l’ONU.

    Florence Parly n’a pas parlé du «peuple malien » au sénat français, comme Choguel veut nous faire croire.
    Elle a commenté les propos de Choguel à l’ONU. C’est différent.

    Voilà ce qu’elle a dit:

    https://youtu.be/0LPbRBijZRM

    Ces faits montrent clairement qu’on est rentré dans une logique d’affrontement diplomatique avec ceux-là mêmes qui sont censés nous aider pour obtenir notre objectif de vivre en paix dans notre pays, sécurisé un et indivisible.

    Le risque pour nous maliens dans cette logique d’affrontement diplomatique avec la France est une fâcheuse exacerbation du cafouillage sécuritaire sur notre sol et surtout un discrédit international et un isolement sur la scène internationale car nous sommes en position historique de faiblesse face cette France qui a plus de moyens diplomatiques, financiers et militaires pour nous mettre en posture du pot de terre dans beaucoup de domaines vitaux pour notre cher pays.

    Et après près de 10 de crises aiguës qui ont eu raison de tous les fondements de notre pays et de sa nation, notre enclavement au sein de l’Afrique occidentale sans accès à la mer, nous met une pression supplémentaire dans cette posture du pot de terre contre le pot de fer.

    Soyons plus astucieux, calmons le jeu et rabattons les cartes de la stratégie et sortons de la posture réactionnaire « Aeemiste » pour nous assurer une position plus confortable et plus responsable face à Macron et aux autres partenaires internationaux et faisons tout pour fédérer toutes les synergies autour du Mali et pour le Mali mais jamais contre le Mali.

    Que Dieu veille!

    Salute

  2. It is obvious area is in desperate need of
    “no stone left unturned successful military action” in combination with ” hunt would would you you” interrogation of all males found in region thereafter perimeter defense with suitable observation posts are to be set up providing observation of all males coming into area with them also having to submit to ” hunt would would you you” interrogation unto lazy young plus old no good for anything good terrorists/ jahadists/ violent criminals are complete eradicated from area. We do not need anymore like them. This is life or death condition obligating immediate attention that military should with overwhelming firepower plus great reconnaissance act quickly plus decisively to bring this breach of civilized conduct to end. Where we fail to do so terrorists/ jahadists/ violent criminals clearly win plus boast of their superiority. Restoring of order is essential to having competent government that will not tolerate violent lawlessness whether it is cloaked in religion or any other entity.
    Henry Author Price Jr aka Kankan

  3. c’est la france qui doit aller a niono et non l’armée malienne n’est ce pas choguel hé cessez ce populisme qui ne mène a rien liberez niono des griffes des djihadistes c’est a bko que les gens font la grande gueule niono est tout près il faut y allez nos colonels font semblant d’ignorer cette situation- diawara c’est ça la réalité le peuple souffre du nord au centre et maintenant l’ouest s’embrase au lieu de faire le griot des colonels dis les de revenir sur terre et laisser la france en paix

  4. Avec toutes ses réalités certains politiciens alimentaires de bamako soutiennent assimi qui depuis son coup d’Etat de très nombreux villages ne cultivent point et ne manger pas pour causse d’embargo islamistes ,l’insécurité s’est aggrave sous les colonel démagogue et menteurs

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