Alioune Gueye à propos du Sommet de Bamako et la réunion de New York sur le VIH/SIDA : «Nos dirigeants ont échoué à préparer notre avenir…»

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Président du Réseau Ouest-Africain des Jeunes Leaders des Nations Pour l’Atteinte des OMD (ROJALNU/OMD), et de l’ASDEM dont le siège national est à Kati, Alioune GUEYE a présidé le Comité International de Pilotage du Sommet mondial des jeunes leaders sur le Sida tenu à Bamako les 15, 16 et 17 Avril 2011, sous la haute président de la République, Amadou Toumani TOURE. Dans l’entretien qui suit, Alioune Gueye nous fait le point du sommet mondial des jeunes leaders et  revient sur les temps forts de sa visite à New York, du 04 au 25 Juin 2011.

Le Katois: Vous avez conduit l’organisation du Sommet mondial des jeunes leaders à Bamako sur le Sida, quel est votre sentiment après cette importante rencontre de la jeunesse ?

Alioune Gueye : Le Sommet mondial des jeunes leaders sur le sida était une initiative des jeunes pour les jeunes et par les jeunes avec l’appui technique et financier du Gouvernement du Mali et de l’ONUSIDA. J’ai eu l’honneur et le grand plaisir de coordonner avec la co-présidente Eunwoo KIM de la Corée du Sud,  les activités du Comité International de Pilotage avec l’appui de 12 jeunes leaders. Le Sommet de Bamako s’inscrivait non seulement dans le cadre de l’objectif zéro de l’ONUSIDA (0 nouvelle infection – 0 discrimination et 0 décès lié au VIH- Sida), mais aussi dans le cadre du repositionnement des jeunes leaders dans la lutte contre le VIH- Sida.  Ce Sommet qui était placé sous la haute présidence du président de la République, Amadou Toumani TOURE a enregistré la participation d’environ 250 jeunes venu du monde entier et celle de hautes personnalités notamment le Directeur Exécutif de l’ONUSIDA, notre compatriote Michel SIDIBE, la Princesse de Norvège Mme Mitt Marit et la Première Dame du Mali, Mme Touré Lobbo Traoré. Il faut aussi retenir que le Sommet de Bamako fut une réunion de haut niveau, car les jeunes qui étaient là,  sont des jeunes leaders qui ont déjà pris le leadership de la lutte contre le Sida, qui connaissent les réalités que vivent leurs pairs et les défis auxquels ils sont confrontés, c’était de vrais jeunes leaders.

 

Durant trois jours, les jeunes ont échangé sur la santé sexuelle et reproductive  et ils se sont positionnés comme des acteurs incontournables pour une réponse efficace à l’infection du  VIH-Sida.

Ce qu’on peut également considérer comme fruit de la rencontre  fut l’élaboration et l’adoption historique d’un Appel à l’action des jeunes, dit Déclaration de Bamako.  Cette Déclaration est une véritable révolution dans la lutte contre le VIH-Sida avec un leadership très fort de la jeunesse. Elle  est une exigence adressée aux dirigeants mondiaux par les jeunes et  fait non seulement la synthèse et le point de toutes les déclarations des chefs d’Etats et des jeunes eux- mêmes sur le VIH-Sida, mais aussi des propositions tendant à renforcer le leadership de la jeunesse dans le cadre de la lutte contre le VIH-Sida avec des engagements clairs  à aller de l’avant. C’est un document de deux pages qui parle de l’échec des engagements pris par les chefs d’Etat sur le VIH-Sida, du renforcement de l’information et des services conviviaux pour les jeunes, de la gestion transparente des financements dans la lutte contre le Sida et du renforcement du financement des réseaux des jeunes. Nous sommes  satisfaits de ce que les jeunes ont réalisé à Bamako.

 

Vous venez de participer à la réunion de haut niveau sur le VIH-Sida à New York, pouvez-vous nous en dire plus sur cette rencontre à laquelle le président de la République du Mali a pris part?

Permettez-moi avant tout, de remercier très sincèrement le président de la République du Mali qui a accepté de répondre positivement à la sollicitation des jeunes leaders en se rendant au siège des Nations Unies à New York. Malgré ses multiples occupations qui auraient pu le retenir à Bamako le 8 juin, Il a tenu à livrer un message aux jeunes leaders à la tribune des Nations Unies et à remettre la Déclaration de Bamako au président de la 65ème Assemblée Générale des Nations Unies, Joseph Deiss et au Secrétaire général des Nations Unies, Ban Ki Moon. Ainsi, à partir de là, la Déclaration de Bamako est devenue un document officiel des Nations Unies et cela est une avancée extrêmement importante pour la prise en compte des préoccupations des jeunes. Et au nom des jeunes leaders du monde entier, nous disons  merci au président de la République du Mali pour le  travail de plaidoyer qu’il a fait à New York. Nous sommes très reconnaissants de ses efforts qui ont influencé la déclaration finale de la réunion de haut niveau qui mentionne en bonne place le leadership de la jeunesse.

 

Nous voudrions aussi salué le président de la République du Mali qui a décidé d’inclure quatre jeunes dans la délégation du Mali en application certainement du 1er point de la Déclaration de Bamako, relatif à la résolution 58/133 de l’Assemblée Générale des Nations Unies qui invite les Etats membres à inclure les jeunes dans les délégations officielles. C’est un très bon début de suivi de la Déclaration par le Mali.

 

Quel va être, exactement,  le suivi de la Déclaration de Bamako au Mali ?

Nous avons constaté avec satisfaction que plusieurs pays ont organisé la restitution du Sommet de Bamako et nous nous  réjouissions de l’appropriation faite par les jeunes de cette Déclaration de Bamako. Aujourd’hui, plus de 50 000 jeunes l’ont déjà signée sur internet pour un objectif de départ de 10 000 jeunes.

Au Mali, nous allons bientôt organiser avec l’appui de certains partenaires un atelier national pour l’appropriation et l’élaboration d’un plan d’action et de suivi de la Déclaration de Bamako. Après, nous comptons remettre officielle la Déclaration de Bamako et le Plan d’actions au Ministre de la Jeunesse et des Sports et celui de la Santé, au Secrétaire Exécutif du Haut Conseil National de Lutte contre le Sida (HCNLS) et aux Agences du système des Nations Unies au premier rang desquelles l’ONUSIDA pour accompagner la mise en œuvre des actions de suivi.

 

Après la réunion, vous êtes restés à New York. Quelles étaient les raisons ?

Effectivement, après la réunion de haut niveau, le Secrétaire exécutif du ROJALNU/OMD, Dakiri Sawadogo et moi-même, avions des rendez-vous avec certains partenaires. Nous avons mis à profit cette occasion pour faire le plaidoyer auprès des Agences du système des Nations Unies notamment l’ONUSIDA, le PNUD,  l’UNICEF et la Section jeune des Nations Unies.  D’abord, je dois vous dire que nos partenaires ont très bien apprécié notre initiative qui consistait non pas à venir leur demander de l’argent, mais à venir  leur présenter ce que notre réseau a eu à faire comme actions et ce que nous avons comme propositions d’actions dans le future.  Nous avons bénéficié d’une écoute attentive de la part de nos interlocuteurs  qui ont tous décidé de nous soutenir pour plus de visibilité de notre réseau, de soutenir nos actions de renforcement des capacités de jeunes et nos actions de plaidoyer pour une plus grande participation des jeunes aux prises de décisions. Aujourd’hui, le ROJANU/OMD a été accepté comme membre consultatif du Conseil économique et social des Nations Unies, ce qui est une grande opportunité, car nous serons consultés sur toutes les grandes questions qui seront débattues au niveau global. C’est aussi dans ce cadre que le ROJALNU/OMD a été invité à participer à la réunion de haut niveau sur la jeunesse en fin juillet 2011 à New York dans le cadre de la célébration de l’Année internationale de la jeunesse. Nous aurons l’occasion de présenter ce que nous avons réalisé d’août 2010 à août 2011.

 

Quel appel lancez-vous à la jeunesse malienne et africaine ?

Vous savez, les gens aiment  conjuguer les jeunes au futur et nous devons exiger qu’on nous prenne en compte d’abord au présent. Nous avons malheureusement constaté que nos dirigeants ont échoué à préparer notre avenir et nous devons les amener à nous préparer pour l’avenir. Et cela passe par une bonne éducation, une justice équitable pour tous et un bon cadre de vie. La jeunesse, c’est l’action, quand on est jeune, on doit agir et toujours agir afin de devenir le moteur du changement à tous les niveaux. Nous ne devons pas attendre que les initiatives viennent vers nous, nous devons les susciter et les mettre en œuvre.  Quant on n’agit pas, on ne se trompe pas et quant on ne se troupe pas, on n’avancera pas. Le ROJALNU/OMD s’emploiera à la formation d’un nouveau type de jeunes leaders au Mali et en Afrique, conscients de ses droits et de ses devoirs,  afin de contribuer efficacement à l’accélération de l’atteinte des Objectifs du Millénaire pour le Développement (OMD).

 

Votre mot de la fin ?

Remercier encore une fois de plus, au nom des jeunes leaders du monde entier, le président de la République du Mali, Amadou Toumani Touré, le Gouvernement du Mali, les Agences du système des Nations Unies et l’ONUSIDA.  Nous avons besoin de l’accompagnement de tous pour la mise en œuvre de la Déclaration de Bamako. Nous sommes résolument engagés à aller de l’avant.

Réalisé par Mamadou Diallo

 

 

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