Drissa Fomba, président d’Amnesty international Mali : « Amnesty international n’attend rien d’un Etat ou d’un gouvernement »

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Après la conférence débat lors du lancement du rapport annuel d’Amnesty International au Centre et à l’Ouest de l’Afrique, nous avons approché le président de la section Amnesty International/Mali. Dans l’entretien qui suit, Drissa Fomba fait le point sur l’objectif d’Amnesty International à travers le monde.

M le président, l’occasion qui nous réunit aujourd’hui est la présentation du rapport annuel d’Amnesty International, alors quels sont vos sentiments ?

C’est une occasion bénie, c’est dans le cadre du lancement du rapport annuel d’Amnesty International pour l’Afrique de  l’Ouest et le Centre que nous nous sommes retrouvés ici ce matin. Ceci dit, mes sentiments sont bons d’autant plus que nous avons pu parler sur pas mal de détails, vous avez-vous-même pu constater que des chiffres alarmants ont été présentés, ce qui veut dire qu’un message a été véhiculé dans le but n’est-ce pas de retrouver des solutions sur beaucoup de choses.

Quels sont les objectifs après cette conférence de presse ?

Cette conférence a pour objectif principal d’informer l’opinion nationale et internationale sur tout ce qui se passe comme détresse humaine en Afrique de l’Ouest et du Centre mais aussi tout ce qui se passe comme violation des droits de l’Homme et même horreur tout simplement commise souvent par nos autorités, les groupes armés interviennent chez nous et voilà à travers vous les médias naturellement, nous voulons informer largement l’opinion nationale et internationale de ce qui a motivé la venue de ces forces étrangères pour  nous assister pour nous aider les détenteurs de droit à sortir de ces souffrances qui sont leur lot quotidien.

M le président, comme vous l’avez noté, depuis 2012, des graves violations des droits de l’Homme sont constatées, alors qu’est-ce que Amnesty fait pour réduire ce fléau ?

Vous savez, ce qui se passe au Mali depuis 2012 importe tout le monde. Amnesty International se préoccupe de la violation systématique des droits de l’Homme. Alors, il suffit qu’il y ait conflit pour que le champ des droits de l’Homme soit vaste, s’élargisse par ce qu’on  sort du caractère humain de la chose. Quand il y a conflit, on pense  que l’Homme n’a plus son sens, l’Homme devient un ‘’vulgaire objet qu’il faut mater’’, c’est contre tous ces aspects qu’Amnesty International a travaillé depuis toujours. J’ai souvenance que le directeur sortant d’Amnesty a failli être assassiné pour avoir fait la lumière sur certains faits notamment des violations flagrantes des droits de l’Homme au Mali.

Quels sont vos rapports avec l’Etat malien ?

Amnesty n’attend rien d’un Etat. Que ce soit côté finance ou autres, mettez-vous à l’aise. Amnesty ne prend pas de l’argent avec des gouvernements. Nous avons même dit dans la conférence de presse qu’Amnesty finance elle-même ses activités, alors nous n’attendons rien d’un Etat et d’un gouvernement. Nous ne cherchons que la vérité, la justice ou la lumière sur les allégations de violation des droits humains. Nous faisons aussi en sorte que les communautés vaquent librement à leurs occupations voilà tout ce que nous attendons d’un Etat.

Un dernier message M le président ?

C’est pour dire que cette conférence de presse a battu tous les records. C’est vrai que les journalistes qui sont l’objet principal de cette activité sont sortis massivement et ce qui m’a comblé de joie. Je souhaite qu’au-delà de cette conférence que cette collaboration entre Amnesty et les journalistes puissent continuer et  pour cela, nos portes restent ouvertes à tous ceux qui veulent faire apparaitre une quelconque lumière au bénéfice des droits de l’Homme.

Amadou Kodio    

 

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