Fousseynou Ouattara, vice-président de la commission défense et sécurité du CNT : «La Charte n’interdit pas une prolongation de la transition»

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 Ingénieur expérimenté ayant pignon sur rue, Fousseynou Ouattara est le vice-président de la Commission Défense et Sécurité du Comité national de transition (CNT). Après l’adoption du Plan d’actions du gouvernement (PAG) adopté le lundi 2 août 2021, il s’est confié au Le Matin pour donner sa vision de ce document et de la transition. Interview !

Le Matin : Avez-vous voté pour le PAG du Premier ministre Choguel Kokalla Maïga ?

Fousseynou Ouattara : Je me suis abstenu.

Pourquoi ?

F.O : Je n’ai pas cru à la faisabilité de son Plan d’actions.

 Est-ce que les actions envisagées au niveau de la Défense et de la Sécurité peuvent néanmoins sécuriser et stabiliser le pays ?

F.O : Oui, les actions envisagées peuvent sécuriser le pays en théorie. Mais, en réalité sans une relecture du traité de coopération en matière de défense entre le Mali et la France de 2014, la stabilisation du Mali ne sera pas pour demain.

Beaucoup d’observateurs pensent que ce PAG est trop ambitieux compte tenu du délai de la Transition.  Qu’en pensez-vous ?

C’est évident ! Le PAG est trop ambitieux pour le temps imparti.

Êtes-vous alors favorable à une prolongation de la Transition ?

F.O : Je suis favorable à la stabilisation de mon pays et je soutiens toutes les actions pouvant concourir à cela. Et par ailleurs, la Charte n’interdit pas une prolongation de la transition.

A défaut d’une prolongation, quelles doivent être alors les priorités pour le gouvernement de transition ?

F.O : Stabiliser le pays, poser les jalons du développement et de la cohabitation pacifique… Se conformer strictement à la Feuille de route.

 Quels sont les scrutins prioritaires selon vous et pourquoi ?

F.O : Aucun scrutin ne saurait être prioritaire sans la sécurisation de l’ensemble du territoire et le retour de l’administration sur leurs lieux d’affectation. La priorité, c’est aussi permettre aux réfugiés de regagner leurs domiciles. Il faut donc au préalable créer les conditions pouvant permettre une participation massive des électeurs aux scrutins. Un président élu avec moins d’un million de voix sera-t-il légitime ?

Pensez-vous que le coût du PAG soit réaliste ?

F.O : Non ! Ce coût est trop exorbitant.

 

Quels sont les moyens dont dispose aujourd’hui le CNT pour un suivi strict de la mise en œuvre de ce PAG ?

F.O : Le CNT dispose des moyens classiques définis dans la Charte et la constitution : les interpellations au besoin la motion de censure.

 

Propos recueillis par

Moussa Bolly

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