Souleymane Dravé, directeur général de Createam : “Notre bilan est élogieux malgré la jeunesse de la structure”

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Crée en septembre 2016, le Centre révélateur et accélérateur de talents d’entrepreneurs, Createam sort du lot des incubateurs d’entreprises au Mali en seulement deux ans d’existence. Plus orienté vers l’accompagnement des jeunes entreprises dans les domaines de la Technologie de l’Information et de Communication (TIC), l’agro-business et l’énergie renouvelable, Createam est également dans les domaines de l’art et de la santé. Pour en savoir plus sur cette jeune structure, nous sommes allés à la rencontre de son directeur général, Souleymane Dravé, qui conduit ses destinées depuis sa création.
Aujourd’hui- Mali : Comment vous présenter à nos lecteurs ?
Souleymane Dravé : Je me nomme Souleymane Dravé. J’ai évolué dans l’audit et le conseil au sein du cabinet d’expertise comptable Egcc International pendant plus de 8 ans jusqu’à atteindre le poste de directeur de missions. Après un passage dans le secteur public en tant que chargé de missions du ministre en charge de la Planification, j’ai été retenu depuis 2106 comme directeur général du 1er incubateur d’entreprises au Mali, Createam, initié par Orange Mali.
C’est quoi précisément Createam ?
Createam, c’est le Centre révélateur et accélérateur de talents d’entreprises au Mali. Un incubateur d’entreprise ou encore une structure dédiée à l’entreprenariat et à l’accompagnement des jeunes qui souhaitent développer un projet d’entreprise ou qui souhaitent obtenir de l’appui dans la structuration et dans le développement de leur entreprise. Pour ce faire, nous menons des activités de formation, de coaching, d’évaluation de besoin, d’identification de marchés pour les jeunes entrepreneurs et éventuellement nous menons des activités de plaidoyer auprès des partenaires pour pouvoir aider ces jeunes entrepreneurs à travers tout le Mali.
Comment est venue l’idée de la création de Createam ?
Createm a été créé sur un partenariat public-privé. Il a été initié par le groupe Orange-Mali de par sa politique de responsabilité sociale d’entreprises mais qui s’est fait rejoindre par des partenaires de taille qui sont vraiment motivés à l’idée du développement de l’écosystème au Mali et de soutenir les entrepreneurs maliens. Les principaux que nous pouvons citer sont Total-Mali et la Compagnie d’Assurance Alliance. Cependant des entrepreneurs maliens tels que Dfa, Ebt et Aliou Yattasaye ne sont pas restés en marge du projet Createam. Plusieurs autres associations dans le domaine de l’entreprenariat se sont également impliquées. Nous sommes également en partenariat avec l’Apej et le Cesp.
Quel bilan faites-vous des deux années d’existence de Createam ?
Dans nos ses années d’existence, nous avons pu mener énormément d’activités, d’actions à l’endroit des jeunes entrepreneurs. Malgré ce petit temps d’existence, nous avons formé plus de 650 jeunes et nous avons pu accompagner en projet entrepreneurial plus de 71 entreprises maliennes. Ce qui fait, en gros, que nous pouvons affirmer que notre bilan reste élogieux, malgré la jeunesse de la structure.
Y’a-t-il un domaine de prédilection à Createam ?
A Createam, la priorité est donnée aux TICs, à l’énergie renouvelable et à l’agro-business. Vous verrez que c’est un peu plus large, mais ce sont des domaines transversaux sur d’autres domaines tels que l’art, la culture et la santé. Par exemple, nous accompagnons actuellement une application qui s’appelle TICmali qui est dans la culture, mais elle a un volet TIC élevé. Donc nous sommes obligés de l’accompagner car elle est considérée comme une entreprise TIC.
Quelles sont les difficultés auxquelles Createam est confrontée depuis sa création ?
Les difficultés sont nombreuses comme dans toute autre entreprise. Nous avons en premier lieu l’écosystème, l’environnement général parsemé de chocs et d’entrechocs qui font qu’a des moments sont plus favorables que d’autres, mais malgré tout ça on reste à travers nos partenaires. Nous souhaitons vraiment que l’Etat aide ces structures comme cela est le cas par ailleurs. Par exemple, au Sénégal tout près, l’Etat a mis de vrais locaux à la disposition des incubateurs pour qu’ils puissent bien s’exprimer. Cela reste indispensable pour nos d’incubateurs.
Quelles les sont les perspectives et ambitions de Createam ?
Createam se veut être une structure qui va faire des champions. Notre but c’est de faire émerger de futurs champions qui à leur tour seront capables de recruter. Je pense qu’on a des exemples dans ce cadre-là. Nous avons accompagné trois jeunes entrepreneurs de moins de 30 ans qui embauchent aujourd’hui au moins 8 jeunes chacun, c’est-à-dire 24 emplois créés. Notre ambition, c’est de multiplier cette initiative non seulement à Bamako, mais aussi dans les régions du Mali.
Comment se porte l’entreprenariat au Mali ?
Au jour d’aujourd’hui, avec l’écosystème qui est en train de s’étoffer, je pense que les entrepreneurs ont de plus de plus d’opportunités pour se structurer. Il est vrai qu’il y a beaucoup d’efforts à faire, mais on ne part plus du néant au Mali pour entreprendre. Tout cet écosystème d’incubateurs existant aujourd’hui au Mali tend à donner un autre visage à la jeunesse malienne qui a vraiment envie de réussir dans le domaine entrepreneurial.
Quels sont, selon vous, les domaines qui présentent le plus d’opportunités pour la création d’entreprises au Mali ?
Honnêtement, je vois que le Mali est quasiment un pays vierge, malgré tout ce qu’on dit par rapport aux difficultés. Avec un peu d’innovations et d’engagement dans n’importe quel domaine, je pense qu’un jeune peut arriver à faire quelque chose de valeureux au Mali. Je pense qu’il suffit juste de faire les choses différemment, s’adapter aux différents besoins et avoir un peu d’imagination dans le domaine choisi. L’agriculture, l’agro-business, les TICs, les services, tout est à développer au Mali, mais de façon professionnelle.
Un message à l’endroit des jeunes par rapport à l’entreprendrait ?
J’invite les jeunes à entreprendre et d’apporter, à chaque projet qu’ils auront, à chaque besoin qu’ils identifieront, une valeur particulière et une touche personnelle. Il faut toujours se démarquer des autres afin de pouvoir s’entendre sur une part de marché que les autres n’occupent pas déjà. Cela permet d’avoir une meilleure croissance et de multiplier l’imagination. Il y aura toujours des difficultés et des erreurs, mais il faut au moins essayer. C’est ça aussi entreprendre.
Réalisé par Youssouf KONE

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