Lettre à grand-père

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Cher Grand-père…

Cette 57ème lettre que je t’envoie est tachée de tous les soucis du monde. A force de réfléchir, mes cheveux et mes barbes ont tous blanchi. Mes yeux ont rougi et mon dos s’est aujourd’hui courbé sous l’énigme de demain. Que sera le Mali de demain ? Dieu seul sait. Une crise politique qui n’a pas connu tout son épilogue au Nord. Cette insécurité au Centre qui tue d’abord les hommes armés et n’exclue aucun enfant, aucune femme et aucune fille. E aujourd’hui, un Sud se précipite vers une crise institutionnelle. Dites-moi ce qui resterait du Mali ? Cher Grand-père, rien.

Tu sais Grand-père, le Mali aujourd’hui, ressemble à une maison. Une maison en banco qui se repose sur des piliers qui tremblent sous le poids de la maison. En dehors de la maison, des lourdes tempêtes menacent. Les gens au lieu de se donner la main et de voir comment ensemble soutenir les piliers en attendant que les tempêtes passent, ils décident de tout casser afin de rebâtir une autre maison. Les questions qu’on doit se poser. Serait-il possible de rebâtir cette autre maison comme rêvée ? Les acteurs ont-ils les mêmes ambitions ? Est-ce que la tempête va attendre ? Et l’autre maison qui sera bâtie, serait-elle épargnée aussi ? Un autre groupe ne va-t-il pas la détruire aussi à moindre souffle d’air ? Sommes-nous pas en train d’installer autre mécanisme populaire contre notre Démocratie ?

Voilà les questions grand-père, qui ont fait que j’ai les mêmes barbes blanches que toi. Ne doit-on pas tous, enfin, dire adieu à ‘’ma famille d’abord’’ pour le drapeau de “Mali d’abord” ? Le concert mondial de développement se joue sans le Mali depuis belle lurette. Les réalités de Covid-19 et son changement sur le nouvel ordre économique se refondent sans notre Maliba. Le monde trace et doit tracer un nouveau schéma. Un nouveau schéma économique politique et social comme l’imposera la pandémie et cela pour un longtemps. Il nous faut aller vers cela et plus vite sera mieux.

Cher grand-père, tu sais, le vendredi passé. J’ai versé des larmes deux fois. La première, c’est quand l’imam de notre Mosquée a récité les versets 7 et 8 et la Sourate “Secousse”. Je cite : “Celui qui œuvrera un atome de bien, le verra. Et celui qui commettra un atome de mal, le verra”. J’ai pleuré car on peut tromper l’opinion nationale et internationale (la nouvelle divinité médiatique) mais on trompera guère celui qui connait ce qui se cache au plus profond de nos poitrines. J’ai aussi pleuré avant que la sagesse de l’Imam Dicko ne supplie les manifestants de rentrer. Je me suis dit si ce régime tombe que serait le sort de notre Soumaïla Cissé. 90 jours déjà ! Vu qu’on a déjà des lueurs d’espoir. Je me suis demandé combien de temps faudra-t-il encore pour fêter son retour avec surement aussi des barbes ?

Cher grand-père, Souhaitant de tout cœur que le mardi prochain, nous serons de nombreux barbus à fêter “Soumaïla Libre et barbu”, je te souhaite une excellente semaine et que le bon sens fasse place au dialogue et à l’entente nationale. Amine !

Lettre de Koureichy

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