De sérieux amalgames dans la lutte contre Aqmi

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Quelques jours après le raid Mauritanien dans la forêt de Waghadou, l’armée malienne a arrêté 11 personnes entre Nara et Sokolo. Ces suspects ont été présentés comme des combattants d’AQMI. Après les témoignages recueillis sur le terrain, de sérieux doutes planent, aujourd’hui, quant à leur appartenance à la nébuleuse.

Un communiqué officiel émanant du Ministère malien de la Défense et des Anciens Combattants indique l’arrestation de 11 islamistes entre le village de Sokolo et Nara. Lors de notre passage dans cette zone, nous avions reçu des témoignages quelque peu différents.

A en croire ces témoignages recueillis sur le terrain, les onze personnes ont été appréhendé dans la localité de Gadjougou. Une bourgade située à 75km à l’Est de Nara sur la route de la commune de Sokolo.

Dans ce village, six Mauritaniens se présentant comme des prêcheurs sont venus ce jour là. Ils étaient hébergés par un commerçant Peulh bien connu dans la zone. Ces visiteurs d’origine mauritanienne  étaient dans la mosquée, lorsque l’armée malienne est venue les y arrêtés.

« Ces six Mauritaniens n’avaient aucune arme en leur possession au moment de leur arrestation », précise un habitant de Gadjougou.  A la suite de  la perquisition au domicile du commerçant Peulh, ils ont trouvé une arme de Guerre : une Kalachnikov. Ainsi, les six Mauritaniens, leur hôte et quatre autres personnes ont été embarqués par les militaires en direction de Bamako. Des témoins les ont formellement vus lors de leur séjour à Sokolo à Djabaly.

Ce que  disent les villageois à propos des détenus

Pour les villageois que nous avons rencontrés à Nara et à Sokolo, ces personnes arrêtées par l’armée malienne sont des prêcheurs. Il n’y a aucun doute.

D’autres personnes que nous avons interrogées donnent la même version : « ces Mauritaniens arrêtés par l’armée malienne sont des gens de Doua (prêche) et les autres sont originaires de villages maliens», nous confie un habitant de Gadjougou rencontré à Sokolo.

Et Moulaye, un chauffeur de taxi de renchérir : « une semaine avant leur arrestation, nous avons vu ces prêcheurs à Adel Bagrou (village mauritanien près de la frontière Mali-Mauritanie) et  il paraît qu’ils ont quitté la ville mauritanienne de Néma. Ces prêcheurs comme d’autres font des prêches de ville en ville et d’un village à l’autre ».

Mais les forces de sécurité aussi bien du côté malien que mauritanien, tout le monde est suspect.

Pour preuve, notre équipe de reportage a été traitée de complice d’AQMI et a failli être menotté et conduit à Bamako. Et n’eut été l’intervention du chef de Brigade de la gendarmerie de Nara que nous avons eu à connaître de par le passé… nous aurions certainement parmi « la dizaine d’islamistes  arrêtés »

Pourtant, nous étions en règle, vis-à-vis de l’autorité. Mais pour  ces gendarmes, ce sont de faux papiers que nous avions à notre possession.

C’est dire toute la confusion qui règne en ce moment dans le cadre de la lutte contre AQMI. Une situation qui profite bien à la nébuleuse.

Baba Ahmed Envoyé Spécial

 

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