Ministre des affaires foncières, Dionké Diarra : « Toguna agro-industrie a transformé son bail en titre foncier dans la zone aéroportuaire »

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La démolition des constructions illicites dans la zone aéroportuaire étaient, jeudi 11 février, au cœur de la première séance plénière des questions orales adressées  au Ministre des Affaires foncières et de l’Habitat, Dionké Diarra. La plénière était présidée par le Colonel Malick Diaw.   

Maliweb.net  – Les questions adressées au Ministre des Affaires foncières  étaient posées par  le chef de parti,  membre du CNT, Aboubacar Sidiki Fomba.  Ce dernier  a interrogé une heure durant les opérations de démolition des occupations illicites  qui  ont concerné 1660 hectares dans la zone aéroportuaire. Les questions posées  sont, entre autre,  « quels sont les motifs de cette démolition ? Quelles sont les limites exactes de la zone aéroportuaire ? Pouvez-vous  confirmer  que tous les déguerpis de  1995 ont été recasés ? Comment  expliquez-vous la perception par le trésor  public  des sommes s’élevant à 300 000FCFA pour plus de mille personnes pour des taxes et des droits à travers les lettres distribuées par la mairie du district ? Comment expliquez-cous cette contradiction administrative entre le Ministère des Affaires foncières et la Mairie du district ? »

En réponse,  le ministre a  rappelé que les services de l’aéroport et les  ministères concernés n’ont cessé d’alerter les collectivités territoriales sur l’occupation illicite de cette zone classée d’utilité publique. Poursuivant, l’aéroport de Bamako est menacé de retrait de licence par l’aviation civile internationale à cause des constructions. « Les démolitions devraient  débuter depuis mai 2020, mais elles ont été interrompues sur ordre du premier ministre Boubou Cissé à cause du contexte politique très tendu »,  a justifié le  ministre Dionké Diarra.

Lequel, devant les membres du CNT,  a déploré la responsabilité des collectivités dans l’occupation de la zone. « Le maire du district n’a aucune compétence pour faire des relevés topographiques sur un domaine déclaré d’utilité public. Les collectivités ont contrevenu sur les textes en attribuant illégalement des lettres  aux occupants », a déploré le ministre Dionké Diarra.

Il a, par ailleurs, ajouté que tous les déguerpis de 1995 ont été recasés par le Ministère de l’administration territoriale. Selon ses explications,   L’Etat  aurait déboursé 5 milliards FCFA pour l’installation des déguerpis. Malgré cet état de fait, il soutient qu’une vingtaine d’année après, des personnes sont en train de réclamer des parcelles estimant qu’elles n’ont jamais été recasées.

Insatisfait des réponses données par le ministre, ce membre du CNT  est revenu au pupitre pour inviter le ministre des affaires foncières à donner des réponses sincères au peuple. « J’ai mal au cœur  quand  je fais chaque fois le constat de l’ampleur des dégâts », lance Aboubacar Sidiki Fomba.  « Des occupants ont nuitamment construit leur maison dans la zone aéroportuaire », rétorque le ministre, qui soutient  que ce comportement  justifie à suffisance  que  les lettres d’attribution des parcelles n’ont pas été obtenues dans un cadre légal.

L’installation du groupe Toguna agro-industrie sur ce site  s’est également invitée dans les débats.  Cette société épargnée par les opérations de démolition en cours, pour des raisons d’utilité publique, a bénéficié d’un bail de l’Etat qu’il a transformé plus tard en titre foncier avec les autorités de l’époque. Pour le ministre des affaires foncières, les activités  de cette entreprise dans la dite zone  sont juridiquement reconnues.  «  Les activités de Toguna agro-industrie sont autorisées devant la loi, car l’entreprise agit dans la légalité et est à l’origine de la création de  nombreux emplois.  Ce qui est économiquement rentable pour le pays »,  a déclaré le ministre qui a réitéré la détermination du gouvernement de la transition à  poursuivre avec les opérations de démolition. «  Il faut que l’autorité de l’Etat s’affirme », a-t-il laissé entendre.

Siaka DIAMOUTENE/Maliweb.net 

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9 COMMENTAIRES

  1. Bravo Monsieur le ministre, il faut de l’ordre dans ce pays face aux délinquants de tout genre.

    Les BULDEZERS vite pour en finir avec la dictature de certaines collectivités et leurs complices,

    Un pays ne peut pas perdre sa licence aéroportuaire à cause de quelques tordus.

  2. Collegue, evidemment quand on fait 3 semaines au pouvoir dont 2 pour affronter les berets rouges et assoir son pouvoir, casser les maisons n’est pas vraiment une priorite.A moins qu’on est venu au pouvoir exclusivement pour cela.Je ne pense pas que cela soit le cas de Sanogo.
    Quand a ATT c’est le president des pauvres, des laissser pour compte.ATT ne va pas demolir les maisons des pauvres.Il etait bon mais son probleme etait le laxisme.
    On ne gere pas un pays dans le laxisme.

  3. Les propos du ministre ne sont pas convaicants, il faut aller visiter Dakar, des maisons a usage d’habitation sont a zero pas de l’aeroport, cette transition est meme illegale, car ils ont ete mis en place sans l’avale du vote populaire, ceux ci veulent revendre ces terrains demolis a des riches pour s’enrichir avant la fin de la transition, sinon ATT a fait son mandat sans touche a une maison dans la zone aeroportuaire, idem pour General Sanogo, il ya d’autres priorites plus importantes que d’aller casser la maison des paisibles populations, les 2 tiers du pays sont occupes par les bandits il faut resoudre cela d’abord

  4. Kinguiranke 13 Fév 2021 at 09:30;

    Cette TRANSITION va apporter du changement. Il le faudrait. Sinon un Président de la République élu à l’issue des prochaines élections générales et qui aspire à durer au POUVOIR, en se faisant réélire…, ne prendra pas de décisions impopulaires même si ça concerne des corrupteurs et des corrompus. Il fera avec et rien ne changera…
    Du coup, ” le nouveau-Mali ” que nous espérons tous risque de pas voir le jour maintenant. Ce serait dommage…
    Donc, ce POUVOIR de TRANSITION a besoin de notre soutien.
    Des habitudes ont été prises au fil du temps depuis l’indépendance du pays jusqu’au 18 Août 2020. Il ne va pas être simple de changer ces habitudes et les mentalités facilement et du jour au lendemain… Alors, souhaitons à la TRANSITION de pas faiblir.
    C’est mon OPINION… !

    Vivement le Mali pour nous tous.

  5. Il ya des voies légales à suivre pour avoir un terrain.
    Quand tu donnes l’argent à un gendarme pour avoir un terrain tu encourages la corruption.Tot ou tard les problemes apparaitront.Car le gendarme corrompu est capable de prendre l’argent d’autres personnes pour le meme terrain.
    Les gendarmes de l’aéroport ne s’occupent pas de la vente des terrains.
    Nous avons acheté nos terrains a usage d’habitation chez SIFMA Dieu merci aucun problème.Tu paies pluscher mais tu est tranquille.

  6. ” … le ministre …
    … devant les membres du CNT, a déploré la responsabilité des collectivités dans l’occupation de la zone. « Le maire du district n’a aucune compétence pour faire des relevés topographiques sur un domaine déclaré d’utilité public… ” …///…

    :
    Le Gouvernement de l’époque aurait dû alors empêcher le Maire du District d’effectuer ce qui ne relevait pas de sa compétence. Mais on l’a laissé faire. Pourquoi… ???

    “… les lettres d’attribution des parcelles n’ont pas été obtenues dans un cadre légal… ” . Certes, mais avec la complicité des Agent de l’ÉTAT Malien.

    Le MINISTRE a fait son travail.
    Mais seulement à moitié.
    A moitié, parce qu’il ne prévoit pas de dédommager les propriétaires dont les maisons ont été démolies ou dont les terrains leur ont été retirés.
    Pourquoi dédommager ces Propriétaires… ?
    Parce que ce sont des Agents de l’ÉTAT Malien ( … des Maires, des Gouverneurs, des Préfets et des Sous-Préfets… ) qui leur ont donné des Documents officiels de propriété. Ce qui a dû les convaincre de construire.
    Si on ne peut plus faire confiance en nos Maires, nos Gouverneurs, nos Préfets et nos Sous-Préfets… C’est désespérant.
    Et c’est pas juste… !

    Vous trouvez pas… ?

    Vivement le Mali pour nous tous.

    • Il faut rappeler que la gendarmerie de l’aéroport est aussi complice car au moment où les constructions se faisaient les gendarmes percevaient 200000 à 300000fcfa par lot pour que les propriétaires de terrains réalisent les constructions. Le gendarme SANGARE faisait le tour de terrain tout le matin.

    • Bamake, dommage car tes generaux, tes maires, tes gouverneurs, tes ministres, tes prefets et tes sous-prefets etc..n’inspirent aucune confiance car tous font ce qu’ils ont appris depuis 1992 avec l’avenement des focntionnaires milliardaires sous Alpha Omar Konare et qui continue et a atteind le sommet sous Boua le ventru IBK avec la grande surfacturation et des marches de gre a gre.

      • Pour confirmer les propos de Djenninke voici le numero de l’un des Gendarmes qui percevait l’argent sans quittance et ordonnait à poursuivre les travaux. Il s’agit du numéro :69 50 98 07.

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