Drôle de service aéroportuaire à Tombouctou

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Seule compagnie d’exploitation commerciale du trafic aérien entre la capitale et le septentrion, Sky-Mali excelle de plus en plus dans l’abus de son monopole sur ce secteur. Face au caractère périlleux et aléatoire des moyens traditionnels, ses vols hebdomadaires demeurent les plus prisés malgré des tarifs onéreux pour une exploitation domestique. Selon qu’il anticipe ou non sa réservation, le passager peut débourser jusqu’à 270 000 francs CFA environ pour un billet aller-retour sur Tombouctou par exemple, soit le même prix que coûte le trajet Bamako-Abidjan. Sauf qu’à la différence des vols internationaux, le passager domestique parcourt son trajet dans un confort en deçà de la fortune qu’on lui réclame pour le voyage. Pas de rafraîchissement, pas de dégustation tout le long d’un vol qui dure quand même plus d’une heure d’horloge. Ça n’est pas tout. Pour la récupération des bagages, figurez-vous que ce sont des tricycles qui se chargent de les transporter depuis les soutes. Ils sont ensuite déversés à même une dune de sable où les propriétaires se chargent de les identifier dans une cohue indescriptible. C’est sur la même dune que des agents d’assistance au sol procèdent à une vérification approximative de la conformité des talons avec les bagages des passagers. Autant dire qu’ici toute réclamation est vouée à l’échec.

 Entre le CSP et la Plateforme, le fossé ne se rétrécit pas

Entre les entités autonomiste et loyaliste de l’Azawad, aucun rapprochement ne se dessine depuis les bisbilles consécutives à la création du Comité Stratégique Permanent sans une certaine frange de la Plateforme des mouvements du

14 juin. Il s’agit de celle dirigé par Ould Hanoune, qui n’est plus en odeur de sainteté avec leurs alliés de l’Adrar. Alors qu’ils siègent ensemble au Comité de suivi de l’Accord pour la paix et la réconciliation, les deux mouvements de l’Azawad ont du mal à aboucher la même trompette et rament à contre-courant l’un de l’autre. Pendant que les composantes du CSP boudent les autorités et le CSA, celles de la Plateforme loyaliste se présentent comme les meilleurs alliés de Bamako et prennent une part ostensiblement active aux Assises Nationales de la Refondation par ailleurs boudées par la tendance opposée. On a pu récemment apercevoir les signaux d’une normalisation des rapports avec la présence remarquée des leaders de la Plateforme à Kidal au congrès du HCUA, composante essentiel du CSP. Mais le fossé n’en est manifestement pas plus rétréci qu’on croyait, à en juger par le rejet de cette main-tendue par l’un des deux camps opposés. En effet, le CSP, a l’issue de sa dernière rencontre à Kidal, a suggéré dans le cadre des missions qu’il s’est assignées, la levée de tous les check-points contrôles par leurs mouvements respectifs, à l’effet de permettre un ravitaillement correct des populations et leur accès aux denrées de première nécessité. Après en avoir accepté le principe Dnsep en un premier temps, la Plateforme loyaliste a fini par opposer un niet catégorique à cette suggestion. Et comme un signe d’accentuation de la tension, chaque protagoniste s’illustre depuis quelques jours par une démonstration de ses forces de frappe à travers l’exhibition d’arsenaux de guerre.

Rassemblées par la Rédaction

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