Le Grand Marché en passe de devenir la plus Grande décharge de Bamako

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Chassez le naturel, il revient au galop. Cette assez assertion est encore plus vrai quand il s’agit de la gestion des ordures de la capitale. En échange des milliards annuellement débités du trésor public vers les comptes de l’entreprise marocaine OZONE, Bamako, la vitrine du pays, est encore loin de recouvrer son ancienne réputation de ville coquette et renvoie plutôt l’image très peu enviable d’une cité-dépotoir. La grande équation d’enlèvement des ordures ne pose plus seulement au niveau des dépôts de transit traditionnels. L’incapacité du partenaire marocain à gérer l’environnement des Bamakois est visible sur les abords des principaux marchés de la capitale. Si le marché de Médine est confondu avec une décharge, il est difficile de s’expliquer le décor horrible et l’environnement fétide qui se sont emparés du Grand Marché de Bamako. Quand ils sont franchissables par les usagers du trafic (automobilistes et motocyclistes), les amas d’ordures sont aplatis et se confondent avec la chaussée au point de faire disparaître le goudron. Dans le cas contraire ils s’amoncellent et bloquent le passage au point de créer l’embouteillage en obligeant les usagers à se disputer les rares passages praticables de la chaussée. Bref, on a comme l’impression que les camions d’OZONE sont interdits d’opération au Grand Marché tant il est transformé au plus grand dépotoir du Mali.

L’esprit et le symbole du 22 septembre mis à mal

Dans une semaine, jour pour jour, le Mali va commémorer sa 59 année d’accession à la souveraineté nationale et internationale dont près d’une dizaine d’années d’indépendance nuancée par la crise et son corollaire de compromission de l’intégrité territoriale. Il s’ensuit logiquement une nette baisse d’enthousiasme, de ferveur et d’engouement pour cette date historique – dont la chaîne est sur le point d’être rompue d’une génération à l’autre. La disparition progressive de l’esprit du 22 septembre est par ailleurs perceptible dans l’abrègement d’une année à l’autre du calendrier de la fête amputé de nombreuses activités ayant jadis fait son attrait. Le public est par exemple privé de nombreux jeux et présentations comiques dont les enfants raffolaient et pourraient encore raffoler. Et certaines générations montantes vont probablement vieillir sans savourer les «torches de flambeau» qui illuminent des artères que parcourent nuitamment les défilés militaires à chaque veille. En définitive, si la crise est sur le point d’avaler ce qu’il reste du 22 Septembre, il fallait bien aussi que son esprit disparaisse pour que la crise s’installe et atteignent certaines dimensions.

Distribution de médailles aux relents de culte de la personnalité

On eut dit que le président IBK était en train de marcher dans les pas de son prédécesseur. A l’instar d’ATT, en tout cas, il s’est livré dernièrement à une générosité spectaculaire dans la distribution de médailles. Sauf qu’à la différence de l’ancien locataire de Koulouba, le résident de Sebenikoro s’est distingué par le choix d’une occasion pour le moins intrigante pour manifester sa largesse. Les Maliens sont en effet habitués à être les témoins de reconnaissance des mérites à la faveur de circonstances mémorables et de portée collectives comme la date d’accession du pays à l’indépendance ou le jour anniversaire des forces armées. Mais ils ont eu droit, pour la première fois sans doute, à la célébration d’une célébrité plus qu’à la consécration de serviteurs anonymes de la nation. Et pour cause, la distribution massive de reconnaissances le 04 septembre avait visiblement pour dessein de sortir de l’oubli une date curieusement tombée dans l’anonymat, l’investiture d’IBK en l’occurrence. Ce faisant, on est en droit d’en avoir comme l’impression que Koulouba est en train de tomber, à défaut du culte de la personnalité, dans la provocation car la prise de fonction d’IBK avait été vivement contestée par une partie de la classe politique.

Le chef de file de l’opposition raté l’occasion d’innover

C’était à la faveur du point de presse récemment organisée par le FSD et au cours duquel Soumi avait fait publiquement part de la procédure de haute trahison déclenchée contre le chef de l’Etat et les ministres éventuellement impliqués dans la tonitruante affaire des avions cloués au sol. A occasion, le chef de file de l’opposition n’a point omis d’aborder avec les confrères journalistes ses inquiétudes sur le Centre en dénonçant les séries macabres qu’il impute à l’incompétence des autorités. Bref, la vieille rengaine ressassée, en dehors du fait que l’opinion a pu se rendre compte que les possibilités de poursuite pour haute trahison peuvent allées au-delà des seuls anciens présidents et peuvent concerner également les présidents en exercice, quitte à ne pas aboutir. Soumaïla Cissé peut également se réjouir d’avoir innové en invitant l’assistance à observer trois (3) minutes de silence au lieu de la minute habituelle. Du jamais entendu à travers le monde et l’originalité de Soumi a pu faire sourire plus d’un à travers la capitale. Et pour cause, l’innovation s’est adressée à des concitoyens qui n’ont presque jamais eu la patience d’observer les 60 secondes de silence.

La Rédaction

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