Jean Antoine Samaké, porte-parole de la coordination des syndicats de la police nationale : «Le mot d’ordre de sit-in suspendu pour poursuivre les négociations sur les autres points dans un délai d’un mois»

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Après plusieurs jours d’intenses négociations soldées par un accord sur huit points de revendication contenus dans un cahier de doléances de 12 points de revendication, la Coordination des syndicats de la police nationale a décidé de suspendre son mot d’ordre de sit-in prévu initialement pour le lundi 18 mars devant la Direction générale de la Police nationale (Dgpn) et le mardi 19 mars dernier devant le ministère de la Sécurité et la Protection civile. L’information a été donnée par le porte-parole de la Coordination, Jean Antoine Samaké, au cours d’un grand rassemblement tenu le lundi 18 mars dans l’enceinte du Groupement mobile de sécurité (Gms). Aux termes de la rencontre, il a bien voulu nous accorder un entretien au cours duquel il est revenu sur les moments de la négociation entre la partie syndicale et la hiérarchie policière.

Aujourd’hui-Mali : Pouvez-vous nous expliquer les différentes doléances de la coordination des syndicats de la police nationale ?

Jean Antoine Samaké : les doléances de la coordination des syndicats de la police sont, entre autres, le paiement des frais de sécurisation des 1er et 2ème tours de l’élection présidentielle de 2018, le rappel de la prime globale alimentaire (Pga) de la dernière promotion des élèves sous-officiers de police, la réintégration des policiers radiés de 2012 à nos jours et du cas des 119 diplômés, l’octroi de la qualité d’Officier de police judiciaire (Opj) aux sous-officiers de police, la dotation complète de tous les policiers en armé individuelle, la nominations des Officiers de police dans les postes de commandement, la modification de la décision n°2019-0602/DGPN-DPFM du 4 mars 2019 portant l’organisation et le déroulement du concours professionnel (quotas et critère), la mise à la disposition des unités de police de Bamako pour emploi des éléments de la section musique comme convenu, le dédommagement des policiers victimes des évènements de Kidal, l’adoption d’un arrêté portant l’organisation des concours professionnels, l’application correcte de l’article 134 du Statut de la police nationale pour prendre en compte le cas des éléments de Nara, Tombouctou, Gao et Ménaka, la relecture du Décret N°08-351/PRM du 26 juillet 2008 fixant le taux et les modalités d’octroi des primes allouées aux fonctionnaires de la police nationale, la modification de l’article 10 du Décret N°2018-077/P-RM du 15 mars 2018 fixant les modalités d’application du Statut des fonctionnaires de police (limite d’âge au concours professionnel).

Pouvez-vous nous faire le point des négociations ?

Au jour d’aujourd’hui, les négociations avancent avec l’administration malgré quelques acquis, notamment la modification du décret d’application de notre statut portant grille indiciaire, l’obtention de 44 bourses pour une école de police en Russie, la continuité de la dotation en arme individuelle des éléments du Gms-MO, la mise à la disposition des musiciens au Gms-MO pour emploi, le déblocage d’un mois de prime de zone et de prime globale alimentaire spéciale des éléments de Gao et Tombouctou, le dédommagement des victimes des évènements de mai 2014 de Kidal, et enfin le projet de construction du Gms de Tombouctou.

Nous nous réjouissons de la médiation de l’Inspecteur général de police Namakoro Diarra, ancien directeur général de la police et conseiller spécial du Premier ministre, mais qu’à cela ne tienne nous avions suspendu le mot d’ordre pour permettre de continuer les négociations dans un délai d’un mois.

Quelles sont vos perspectives ?

Nos perspectives consistent tout d’abord à réunir l’ensemble des policiers afin qu’ils mobilisent davantage pour une satisfaction totale de nos revendications.

Pour nos cadets qui viennent d’être dotés en arme, nous insistons que cet outil doive d’abord leur permettre d’assurer leur sécurité et celle de la population. Aussi, qu’ils sachent que ces armes ont été payées avec l’impôt des paisibles citoyens et en aucun cas elles ne doivent se retourner contre eux, sauf en cas de légitime défense et avec bien sûr une proportionnalité d’arme.

Nous demandons aux policiers de rester mobilisés dans leurs unités respectives et que nous revendiquerons avec professionnalisme, tout en travaillant.

Propos recueillis par Boubacar PAÏTAO

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