Kadi Diallo : Une inspectrice de police prête à relever tous les défis

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Une des rares et  braves femmes officiers de police du Mali, dynamique, souriante et attentionnée, cette dame de 90 kg est très active. Fort connue, elle est  présente au Rond-point de la Paix chaque jour aux heures de pointe, c”est-à-dire le matin de 7h30 à 9h et de 16h30 à 18h le soir.

Les Bamakois l’auront certainement reconnue, il s’agit de Kadi Diallo, celle que tous les usagers apprécient. Inspectrice de police au Groupement Mobile de Sécurité (GMS), cette féministe se bat quotidiennement pour rehausser l”image de celles qu”on surnomme «sexe faible». Un mot qu”elle n”aime pas du tout car "Sans les femmes, le monde ici-bas n”existerait pas. Les hommes doivent tout aux femmes "rn

Kadi a tout d”abord entamé son cycle primaire à l”école de Hamdallaye Plateau, de 1969 à 75. Ensuite, ce fut  le lycée Askia Mohamed, avant la régionalisation du secondaire qui l”a menée au lycée de Kayes, où elle a passé la première partie du bac et échoué à la seconde. Elle a alors changé de voie pour se tourner vers l”Institut National des Sports (INS) en 1982,  pour devenir professeur d”éducation physique.

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A la quatrième année de ce cycle, elle l’abandonne, au profit de la police, où elle a brillamment été admise au concours en décembre 1985, avec l”appui de son fiancé, à l”époque enseignant, qui disait qu”ils allaient former un très joli couple avec un mari enseignant et une épouse policière. Son rêve est alors devenu réalité. Ils se sont mariés, mais il est décédé il y a de cela deux ans. Kadi Diallo est aujourd’hui veuve et mère de quatre enfants, deux garçons et deux filles.

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L”amour pour la tenue, Kadi l”a toujours eu, car elle trouve qu’elle rend ses porteurs attrayants. Comme elle a de tout temps été sportive, à 45 ans, Kadi s”entraîne toujours, tous les soirs sur le terrain du GMS. Il y a de cela trois ans, elle fut affectée à la circulation routière. Quelques mois plus tard,  l”Inspectrice Kadi Diallo sera nommé facilitatrice du Rond-point de la Paix, communément appelé Rond-point du Foyer de l”air, à l”entrée du pont Fahd.C”est elle qui réglemente la circulation à cet endroit.

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En effet, la circulation y est assez dense, ce qui fait qu”il faut six policiers, en plus de l”Inspectrice, aux heures de pointe. Bien que gérer la circulation à Bamako soit loin d”être une partie de plaisir, Kadi Diallo arrive tout de même à tirer son épingle du jeu. De grande expérience, elle a commencé par la Police judiciaire et celle de l”aéroport, avant la circulation routière. Elle dit "dans toute chose de la vie qu”on exerce, il faut d”abord le vouloir, avant de s’y impliquer. Je suis dans la police par vocation et non par hasard. Partout où on mettra, je ferai pareil qu’ici, voire plus si je le peux." 

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Elle estime que régler la circulation à l”entrée du pont Fahd motive, car c’est un coin tout le temps animé pour quelqu”un qui aime bien son travail, et que les agents sont en contact direct  avec toutes sortes d”usagers, automobilistes, motocyclistes, cyclistes et piétons. Kadi est fort appréciée. D”ailleurs, un taximan affirmera "C”est l”une des rares femmes que j”ai vues dans la circulation à Bamako. Elle est très courageuse, sociable, toujours souriante ".  Il est peu courant qu”un taximan parle bien d”un policier, surtout lorsque l’on sait que tout le monde pense qu”ils sont comme chien et chat. Ces propos prouvent donc la bonne foie de Kadi dans l’exercice de sa profession.

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Elle confirme, affirmant entretenir de bons rapports avec tous les usagers, sans exception. Souvent, il en a qui s”arrêtent juste pour la saluer, la féliciter, ainsi que ses collaborateurs policiers. Tout le monde la respecte parmi ces collègues, particulièrement les jeunes avec qui elle passe la journée sous le soleil. Kadi est quotidiennement présente au  poste aux heures de pointe, où tout le monde est en activité, pressé de déposer les enfant à l”école, pressé d”arriver au bureau ou de rentrer à la maison. Les difficultés de gestion de la circulation, selon Kadi, sont surtout liées à la méconnaissance et au non respect du code la route par les usagers, les motocyclistes en premier lieu. Evidemment, à Bamako aujourd”hui, les motos sont plus nombreuses que les voitures et les propriétaires sont surtout de jeunes élèves, étudiants ou commerçants, souvent venus des régions. Ils ignorent tout du code de la route.

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Certains conducteurs de voiture ne savent ni quand ni comment chevaucher d’une ligne à une autre. "Je dirais vraiment qu”ils ne méritent pas leur permis, puisqu”ils ignorent les rudiments du code. Ce qui fait que je parle plus que je ne réprime. En fait, je leur parle à longueur de journée pour leur faire comprendre ce qu”il faut faire, ce qu”il ne faut pas faire. Au moins, les gens pourraient prendre 15 mn les samedi soir pour regarder l”émission sur la circulation routière. Mais bon, ils commencent à respecter un peu les consignes, surtout en ce qui concerne le port de cla einture de sécurité. C’est une première dans l”histoire du Mali, qu”une décision soit prise et soit appliquée par la majorité des usagers, pour la sécurité des uns et des autres"

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Féministe Kadi Diallo l”est et elle l”assume. Elle n”est pas d”accord avec l”appellation de sexe faible. L”inspectrice estime "qu”à partir du moment où c”est la femme qui épaule l”homme, où c”est nous qui mettons les enfants au monde, je dirais plutôt que nous sommes le sexe fort. Nous nous battons pour relever les défis. Il faut que la femme émerge même au-delà de ce que pensent les autorités, on complète les hommes évidemment, mais on peut également faire tout ce qu”ils font. De ce fait, nous ne sommes pas faibles et ne saurions l”être ".

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L”interlocutrice est également membre dirigeant de l”Association des femmes policières et de celle des épouses de policiers,  qui a le jour en février dernier. Elles promeuvent l”amitié, la symbiose entrefemmes, enfants et policiers et policières. Ce qui fait a amené les épouses de policiers à monter un jour en ville pour réglementer la circulation. L”objectif de cette association est aussi de rehausser l”image de la police.

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Fatoumata Mah THIAM DOUMBIA

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