A propos de la Reforme constitutionnelle : « Le nouveau Président aura plus de pouvoir que le Roi du Maroc »

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Le Gouvernement du Mali a déposé un projet de loi visant la révision de la constitution du Mali du 25 février 1992. Avant de soumettre le texte gouvernemental à une session plénière des députés maliens, la Commission Lois de l’Assemblée nationale a initié des séances d’écoutes, afin d’avoir une idée des éventuels amendements. Après avoir écouté les Présidents des groupes parlementaires, les membres de la Commission lois ont eu, le 18 juillet 2011, une longue séance de travail avec les responsables des partis politiques du Mali. Si rien n’a filtré de la salle Aoua Keita de l’Assemblée nationale, la réaction d’un certains nombre de responsables de partis politiques prouve à suffisance que le projet de la révision la constitution  n’a pas la bénédiction de tous.       

A la sortie de la salle Aoua Keita, Soumana Sacko, ancien Premier ministre de la République du Mali, aujourd’hui Président de la Convention nationale pour une Afrique Solidaire-Faso Hèrè (CNAS-Faso Hèrè), a bien voulu nous donner ses impressions. « Nous saluons la Commission lois de l’Assemblée nationale qui nous a convié à cette rencontre. Ce qui n’a pas été le cas lorsque le CARI pilotait le dossier », a-t-il déploré, comme pour dire que le projet de reforme constitutionnelle n’est pas le fruit d’une large consultation des forces vives de la nation malienne. Il a rapidement ajouté : « Nous estimons que la reforme envisagée est inopportune, inutilement coûteuse et mal inspirée».        

Pire  Soumana Sacko pense que « la reforme est loin de renforcer la démocratie malienne ». Selon lui, « elle va remettre en cause les acquis de mars 1991». En somme, Soumana Sacko a été formel : « Fondamentalement, si cette reforme passe, le Président de la République aura plus de pouvoir que le Roi du Maroc.  Nous ne pouvons pas l’accepter. Le 26 mars est arrivé parce que le peuple a estimé que plus jamais, on ne devait avoir un dictateur au Mali, même sous un couvert pseudo-constitutionnel », a-t-il conclu.
Assane Koné

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