Accumulation de scandales au sommet de l’Etat : L’opposition profite de la matière à elle offerte par le régime d’IBK

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Démonstration de force réussie par les partis de l’opposition, "Président IBK Sabali !"
Salle comble pour le meeting de rentrée de l’opposition malienne, le 7 septembre à Bamako.
David Baché / RFI

Le moins que l’on puisse dire, c’est qu’en ce début de mandat d’IBK, l’opposition politique a de la matière. Le régime  du ‘’Kankelentigui’’ ne cesse d’accumuler des dérives et des scandales inédits. De la mainmise de la famille présidentielle sur l’administration avec le bombardement de proches à des postes ministériels et surtout pas n’importe lesquels,  aux affaires de surfacturations lors de l’achat de l’avion présidentiel et des équipements militaires, le régime  d’IBK  tend à donner raison à l’opposition, dont le chef de file n’est autre que l’honorable Soumaila Cissé, ex-challenger d’IBK au second tour de l’élection présidentielle de 2013.

Longtemps critiquée pour ses prises de positions et ses dénonciations contre le régime jugées hâtives, les faits qui s’emballent commencent à donner  raison à l’opposition, qui a toujours tiré la sonnette d’alarme sur  les dérives que les Maliens risquent de subir avec  le régime d’IBK. Et, l’histoire commence à lui donner raison, au regard des sulfureuses affaires que le pays a traversées en un laps de temps : passations de marchés de gré à gré à la présidence, affaires de surfacturation sur l’achat de l’aéronef  présidentiel et des équipements militaires….

De la matière en cascade pour l’opposition

Marqué à la culotte par l’opposition, certains  observateurs de la scène politique avaient jugé cela comme étant de l’acharnement  contre le régime d’IBK de la part de Soumaila Cissé et des siens.  Des hommes politiques qui  ne parvenaient pas  à digérer leur défaite face à un IBK plébiscité par les Maliens par plus de 77% des voix au second tour de l’élection  présidentielle de 2013.

Les critiques de l’opposition ont commencé après la formation de son premier gouvernement dirigé par Oumar Tatam Ly. Un gouvernement formé essentiellement par des proches du président (sa famille et ses familles par alliance).  Ensuite, les critiques de l’opposition vont s’envenimer après les élections législatives où son fils Karim Keita va être élu député à l’Assemblée nationale. Ce qui va surtout irriter l’opposition tout comme d’autres hommes politiques même  issus de la mouvance présidentielle, c’est le choix de celui-ci comme président de la commission Défense et Sécurité de l’Assemblée nationale devant un Niamè Keïta, ancien Directeur général de  la police à qui il avait été demandé d’être son adjoint à ce poste. Bien qu’il ne dispose d’aucune expérience en matière de sécurité, encore moins de défense. Le choix de son beau-père, Issaka Sidibé pour occuper le perchoir en a ajouté son lot de critiques. Des situations que l’opposition, à travers le groupe parlementaire Vigilance Républicaine pour la Démocratique et (VRD), n’a cessé de dénoncer.

Pendant que cette situation est latente, voilà que le  régime d’IBK se rend coupable d’autres situations plus graves : rejet de l’ancien avion pour faute de documents de propriété, achat d’un nouvel avion à 20 milliards FCFA, d’équipements militaires dont les services de contrôles (Bureau du vérificateur général) et les auditeurs  du FMI vont déceler des surfacturations  à la pelle, à hauteur de plusieurs milliards de nos francs. Cette affaire d’aéronef va susciter la colère dans certains milieux où l’on estime que son achat n’était pas une priorité, car d’autres priorités plus pressantes étaient sur la table du gouvernement. Ce qui va conforter l’opposition dans sa posture de vigile de notre démocratie. Au tant de raisons qui ont poussé, celle-ci à déposer une motion de censure contre le gouvernement dirigée par le jeune Premier ministre Moussa Mara, successeur d’Oumar Tatam Ly à la Primature.

Bien sûr que la motion n’avait aucune chance de passer, malgré les hostilités de certains caciques du RPM à l’égard du Premier ministre issu des rangs de Yèlèma. Un parti certes de la majorité présidentielle, mais pas vu d’un bon œil. Comme on le dit en Bambara, deux personnes visant le même plat d’autrui ne peuvent s’accepter.

Le Premier ministre Moussa Mara fut le premier à se prononcer devant les députés sur les raisons qui ont poussé le président à acheter un nouvel aéronef. Il avait expliqué que celui qui a été laissé en héritage par ATT, n’était plus en état de voler, une situation certifiée selon lui par des techniciens en la matière. Mieux, que le Mali ne disposait d’aucun document pouvant certifier sa propriété sur cet appareil. Car il pourrait être saisi n’importe où, faute de papiers de propriété.

C’est le même Premier ministre Moussa Mara qui avait expliqué que le nouvel aéronef avait été acquis à 20 milliards FCFA  à travers un prêt contracté à la BDM-Sa remboursable sur quatre (4) ans.

Face aux bruits que cette affaire a soulevés, ajouté à celui des équipements militaires, les bailleurs de fonds vont chercher à  y voir clair, histoire de connaitre la destination des fonds qu’ils allouent à Mali.

Une surfacturation, s’élevant  à plusieurs milliards FCFA, sera décelée. Avant que ceux-ci n’exigent, la publication les résultats des audits faits par la Cour Suprême et le Bureau vérificateur général sur les sites de la Primature et par la presse, comme condition de reprise des décaissements. Après l’information de l’opinion publique nationale, le FMI exige des sanctions qui devront être infligées  aux responsables des surfacturations, la mise en application des mesures plus rigoureuses pour  ces genres d’achats.

Même s’il intervient très souvent dans la presse, le chef de file de l’opposition était resté longtemps sans animer une conférence de presse. Sa dernière grande sortie médiatique remonte au lendemain des élections présidentielles de 2013. Une sortie médiatique au cours de laquelle, il avait reconnu sa défaite, avant de promettre de s’engager dans une opposition républicaine et démocratique.

Mais mercredi  dernier, il était face à la presse. Occasion pour lui de profiter des matières à eux offerte, par le régime pour dénoncer  « la mauvaise gouvernance » et les dérives que le pays traverse depuis l’arrivée d’IBK au pouvoir.

G.Diarra

 

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