ADEMA-PASJ : Les HUIT FAUTES reprochées à Soumeylou

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“Lors de sa réunion du mercredi 29 novembre 2006, le Comité Exécutif de l’Adéma-Pasj a proposé à la 8ème conférence nationale l’exclusion du parti des camarades Soumeylou Boubèye Maïga, Issa Diarra, Binta Yattassaye, Ibrahim Abba Kantao et Oumar Ag El Méhidi”, a annoncé M. Dioucounda Traoré dans une lettre circulaire n°130/CE-Adéma-Pasj/2006 datée du 4 décembre 2006 adressée aux secrétaires généraux de sections Adéma-Pasj de l’intérieur et de l’Extérieur. Que reproche-t-on réellement à ces camarades qui sont tous membres du Comité Exécutif?

L’ERREUR DE SOUMEYLOU

Soumeylou est, depuis un certain moment, en rébellion contre le reste de son parti. Il multiplie des prises de position amenant les observateurs à se demander s’il n’était pas devenu un intouchable au sein de l’Adéma à cause des rôles qu’il a joués jusqu’ici dans la Ruche. En effet, quand on parle de Soumeylou, on voit l’image d’un manoeuvrier, celui qui fait et défait tout tant à l’Adéma que sur la scène politique. Cela s’explique par le fait qu’en sa qualité de 1er vice-président du CE, l’homme a présidé la commission électorale du parti. Ce qui fait de lui le puissant directeur des campagnes électorales de l’Adéma. Puisque chacun était obligé de composer avec lui depuis 2002, qu’on le veuille ou pas, soit pour être candidat aux différentes élections, soit pour solliciter un appui venant du parti (argent ou véhicules). A peine s’il n’était pas devenu un indispensable à l’Adéma.
Cependant, que Soumeylou soit dit influent à l’Adéma, cela était dû au fait qu’il avait l’appui du président Konaré, détenteur de l’appareil d’Etat. Mais, il s’agit d’une influence qu’il préférait exercer étant hors de la direction nationale du parti. Son souci était à coups sûrs d’occuper les postes de nomination dans l’appareil d’Etat et non de devenir membre du CE. Une façon pour lui d’avoir le maximum d’argent pour la réalisation de ses ambitions politico-électorales futures?

En tout cas, Soumeylou, sous l’ère Konaréenne, fut chef de cabinet du président de la République avant d’aller passer sept années à la tête des services de renseignement où le budget échappe à tout contrôle. Ce n’est qu’à deux ans du départ d’Alpha de Koulouba que M. Maïga a accepté de faire son entrée au CE à la faveur du congrès extraordinaire qui chassa IBK.
Ministre des Forces Armées et des Anciens Combattants d’alors, Soumeylou savait vraisemblablement qu’avec la suppression de la notion de candidat naturel dans les textes, il lui fallait intégrer le CE pour garder une chance d’influencer les électeurs lors des primaires, puis à la convention nationale devant élire et investir le candidat de l’Adéma à la présidentielle de 2002.

LES SECTIONS PROPOSENT

Alors, finaliste malheureux à la convention, Soumeylou donne l’impression de se prendre pour un candidat naturel du parti pour 2007 pour deux raisons . Primo Soumaïla Cissé a quitté pour créer l’URD. Secundo, la convention nationale a disparu des textes régissant l’Adéma. A-t-il bien tiré les leçons de son échec à la convention, en comprenant que cette défaite était le possible signe avant-coureur de la chute de son étoile à l’Adéma?
Il est difficile de le dire, puisque l’homme se retrouve défenseur d’une candidature interne en 2007. Mais, ce qu’il semble oublier, c’est qu’il n’est pas le seul intéressé par la candidature à l’investiture du parti. Ils sont au moins quatre cadres Adéma qui ambitionnent, chacun, de devenir le dossard du parti de l’Abeille en 2007. Alors, pour éviter la répétition du scénario de 2002, le CE-Adéma avait élaboré un document contenant trois options. Faut-il un candidat interne? Faut-il un candidat dans le cadre d’une alliance politique? Faut-il soutenir ATT?

Appelées à se prononcer sur le document, les sections ont majoritairement choisi la dernière option. Pour éviter une autre cassure, les structures à la base ont demandé que le parti soutienne ATT en 2007. Cette tendance sera confirmée par la conférence nationale de novembre 2005.

LA CONFERENCE NATIONALE DISPOSE

Dans ces recommandations, la conférence nationale a décidé de traduire le soutien politique actif du parti en soutien électoral à l’actuel Président de la République dans le cas d’une candidature pour un second mandat. Elle a engagé le CE à approcher toutes les forces politiques décidées à soutenir la candidature d’ATT afin de préparer ensemble les prochaines échéances électorales et à définir ensemble avec ces forces une plate-forme sur cette question.

En invitant le CE à mener sans délai une campagne de sensibilisation du peuple Adéma sur cette importante décision, la conférence “lance un appel à tous les militants et responsables du parti pour une adhésion totale à cette décision afin d’éviter à notre parti de connaître les déchirements de 2002”
Ces recommandations sont respectées à la lettre par le CE qui est en train de peaufiner la plate-forme avec certains partis dont la signature est prévue aujourd’hui dans l’après midi.

Par rapport à la campagne de sensibilisation, elle commencera demain, ce, jusqu’au 31 décembre, avec l’envoi des missions dans les sections. Tout porte à croire que dans son entendement, le CE n’avait pas l’intention d’aller voir les militants sans la copie de la plate-forme. Il n’y était pas contraint puisque la conférence nationale n’a pas fixé un délai pour la campagne de sensibilisation. L’essentiel est que la prochaine conférence nationale prévue les 27 et 28 janvier 2007 n’arrive sans que la plate-forme d’union ne soit adoptée et que la campagne de sensibilisation des militants ne soit terminée.

LE CE EVITE LE PIEGE

En décidant l’option ATT, la conférence nationale a autorisé le CE de sévir contre quiconque ne respectera pas sa décision. Pour l’avoir fait, Soumeylou et 4 autres camarades ont été suspendus à compter du 29 novembre 2006. C’est la 8ème conférence nationale qui décidera de les exclure ou pas du parti. En sanctionnant Soumeylou et ses fantasins sur la base des articles 73 des statuts et 88 du règlement intérieur, Dioncounda Traoré et camarades évitent au CE de tomber dans un piège.

Beaucoup pensaient que le CE allait sanctionner les fautifs sur la base de l’article 90 du règlement intérieur qui qualifie de fautes lourdes, entraînant la sanction d’exclusion d’office quiconque fera acte de candidature contre un candidat ou une liste de candidats investis par le parti. Mais, le comité Exécutif, pour qu’on ne l’accuse pas d’avoir violé les textes, a suspendu les fautifs, tout en remettant leurs dossiers à la Commission Centrale de Contrôle Administratif du parti qui va les instruire et les soumettre à la 8ème conférence nationale.

LES HUIT FAUTES DE SOUMEYLOU

Après avoir sanctionné les mis en cause, le CE, conformément aux textes, a procédé à la notification individuelle à Soumeylou et fantasins. Cela a l’avantage d’éviter que les intéressés ne disent pas qu’ils ne sont pas au courant d’une telle décision. Convoqués régulièrement à la réunion, seul Issa Diarra sur les cinq a répondu à l’appel. Pourtant leur présence pouvait servir à adoucir la sanction si des explications convaincantes étaient données par eux.

Malheureusement, les explications de Issa Diarra n’ont pas convaincu les participants à la réunion qui ont décidé de prendre une sanction. Comme motifs principaux de sanction des mis en cause, selon la lettre de notification de Soumeylou, “le Comité Exécutif a retenu les injures, les accusations graves, les actes d’indiscipline prémédités, caractérisés et avérés en ce sens que, entre autres :

1. Au mépris de la Circulaire n° 129/CE-ADEMA PASJ du 13 Novembre 12006, vous avez organisé et participé physiquement au meeting de lancement du mouvement politique “ Convergence 2007” par l’ASMA ;

2. Si “l’ASMA”, de part son récépissé de création, a un caractère apolitique, l’acte de lancement de “Convergence 2007” n’est pas apolitique. Vous n’avez rien fait pour vous désolidariser de cette dérive, ce que vous ne pouviez pas ne pas constater en tant que haut responsable politique très expérimenté ;

3. Au cours du meeting de lancement de “Convergence 2007” des injures, des accusations graves ont été proférées à l’endroit des responsables politiques maliens y compris de notre Parti et l’action d’un gouvernement du Mali auquel notre Parti, l’Adéma PASJ est partie prenante. Vous ne vous êtes pas démarqué, bien que ces pratiques soient sanctionnées suivant les dispositions de l’Article 73 des Statuts du Parti ;

4. Votre implication, votre adhésion, votre soutien, votre disponibilité pour “Convergence 2007” sont à l’antipode des résolutions de la 7ème Conférence Nationale du Parti, notamment en ce qui concerne le soutien de l’Adéma PASJ à l’actuel Président de la République Amadou Toumani TOURE s’il briguait un 2ème mandat aux élections présidentielles de 2007 ;

5. Votre comportement a méprisé la 7ème Conférence Nationale qui a, dans ses recommandations au Comité Exécutif, engagé celui-ci à faire respecter avec vigueur la discipline au sein du Parti et “à prendre des sanctions immédiates contre le travail fractionnel, quelles que soient sa nature et son origine”.
6. Vous n’avez pas répondu à la convocation qui vous a été adressée par téléphone le jeudi 23 novembre 2006 pour une réunion du présidium du Parti le vendredi 24 à 18 Heures au siège et qui avait à son ordre du jour la discussion sur la tenue du meeting de lancement de “Convergence 2007” par l’ASMA. Comme argument évoqué, vous vous êtes dit très occupé par l’organisation dudit meeting ;

7. Vous n’avez pas non plus répondu à la convocation qui vous a été adressée par téléphone le mardi 28 novembre 2006 à une réunion du Secrétariat Permanent le même jour à 18 Heures au siège et qui avait à son ordre du jour l’analyse de la situation créée au sein du Parti par la tenue du meeting de lancement de “Convergence 2007” par l’ASMA dont vous êtes le mentor ;

8. Au total de tout ce qui précède, le Comité Exécutif du Parti a constaté que vous vous en êtes tenu à votre position déclarée à la clôture de la 7ème Conférence Nationale du Parti, à savoir le refus de la décision très largement majoritaire du Parti est la transformation du soutien politique en soutien électoral au Président Amadou Toumani TOURE, s’il était candidat pour un deuxième mandat aux élections présidentielles de 2007.

En violant ainsi un des principes démocratiques fondamentaux du Parti et consacré dans l’Article 4 du Chapitre II des Statuts portant sur les fondements et principes du Parti qui “fait obligation à la minorité de faire sienne de la décision de la majorité”, vous saviez à quoi vous vous exposiez.”
Quoi qu’il en soit, si la sanction de suspension est effective, ce n’est pas le cas pour l’exclusion. La conférence nationale peut refuser de l’entériner arguant que les camarades suspendus ont adopté un comportement exemplaire et qu’au nom de l’unité et de la cohésion du parti, il faut les excuser. En serait-il le cas ?

On se souvient d’un cas similaire à l’Adéma. Il s’agit de la radiation de Moussa Badoulaye Traoré en 1998, lorsqu’il était maire de la commune II. Malgré la sanction, il a adopté un comportement exemplaire, en ne posant aucun acte pouvant nuire au parti. Il a écrit à son comité pour présenter ses excuses et demander sa réintégration. Le comité a saisi la sous-section qui, à son tour, a informé la section. Finalement, le CE a accepté son retour. M. Traoré est aujourd’hui maire du District par la volonté du CE.

Oumar SIDIBE

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