Adéma PASJ : Marimanthia Diarra peut-il faire remonter la pente ?

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Le redressement du parti va le revivifier : il en avait grand besoin après des années dans une majorité présidentielle balayée par la bourrasque populaire. Dans quel domaine proposera-t-il nettement mieux ou carrément autre chose que ce qu’il n’a pas fait encore?

En termes de rapports numériques, il n’est pas facile de minimiser, le verdict électoral du congrès. Le fauteuil de président est échu à Marimanthia Diarra pour un mandat de cinq ans, traduisant un vœu de changement. Avec 45 des 54 suffrages exprimés, Marimantia Diarra s’est offert une écrasante victoire. Élu pour cinq ans, celui qui est aussi maire de Dianguirdé, dans le cercle de Diéma (région de Kayes), a reçu le soutien d’Adama Noumpounon Diarra et de l’ancien ministre Moustapha Dicko. Candidats eux aussi à la présidence du parti, ils ont finalement décidé de se ranger derrière Diarra. Celui-ci a également pu compter sur le soutien de nombreux cadres, à l’instar du maire de Bamako, Adama Sangaré, et de Yaya Sangaré, porte-parole du parti qui en devient le secrétaire général.

Le redressement du parti va le revivifier : il en avait grand besoin après des années dans une majorité mise à mal par un soulèvement populaire et le coup de grâce de l’armée. Mais on s’interrogerait en vain sur la signification globale de sa volonté à remonter la pente. Dans quel domaine le parti Adéma proposera-t-il nettement mieux ou carrément autre chose que ce qu’il n’a fait? Il va falloir trouver à redire à tout, ce qui sera de bonne guerre à l’approche des prochaines présidentielle et législatives, mais il n’a encore rien à dire. Les candidats au poste de président se sont présentés aux délégués, sans programme, sans recette. Le seul atout, et il n’est pas négligeable, comme les résultats l’ont montré, est de pouvoir se réclamer d’une galerie de personnalités respectables qui firent excellente figure contre le sortant qui ne pouvait espérer la répétition du raz de marée, et qui pâtit en outre du déclin de l’astre présidentiel. Ce que Marimanthia Diarra fera de sa victoire est une autre affaire, un autre roman qu’il a des mois pour écrire…

S’il n’y a pas lieu de négliger cette victoire, il convient aussi de sentir ce qu’il a de mortifiant pour le perdant Tiémoko Sangaré. Certes, ce dernier ne s’attendait certainement pas à un miracle, mais il n’y a pas d’homme politique qui, dans le secret de son cœur, ne caresse le rêve d’une heureuse surprise. Le leader avait subi les contrecoups de l’usure du pouvoir, amplifiés par les mauvaises performances aux dernières élections générales et avait réussi à fédérer contre lui toutes les oppositions, y comprises celles émanant de ses premiers soutiens d’alors, notamment du maire Adama Sangaré.

Elections lourdes d’enjeux

Les prochaines élections sont lourdes d’enjeux pour l’avenir du Mali mais aussi pour l’Adéma, qui cherche à compter ses forces après la bourrasque qui a emporté IBK.« Le parti appréciera la stratégie à adopter pour la prochaine élection présidentielle dans le cadre d’une conférence nationale », a expliqué Marimanthia Diarra qui ambitionne d’huiler l’ensemble des mécanismes « sans délai » en vue du scrutin.

Ce serait un exploit pour une majorité en formation politique, après des années difficiles, d’arriver à se hisser dans le peloton de tête. Sacré premier parti du Mali dix ans durant à partir de 1992, l’Adéma conserve un contingent qui lui permettrait de faire bonne figure face à son ex-allié le plus puissant, le Rassemblement pour le Mali (RPM). « Nos textes sont très clairs, a affirmé Adama Diarra. Il faut être membre de l’Adéma depuis au moins cinq ans pour espérer être son candidat. On ne peut pas vendre le parti au plus offrant. » Voilà ce qui est bien dit ! Mais le parti de l’abeille n’a pas écarté de nouer des alliances robustes.

Georges François Traoré

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