Arrestation de Mahamadou Camara : Fossé entre l’exécutif et le Parquet

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« La détention de Mahamadou Camara a fortement déplu au haut sommet de L’État », la phrase a été lâchée par le Procureur du Pôle économique et financier, Mamadou Kassongué, au lendemain du rejet de la demande de liberté provisoire de M. Camara.

 Le 27 mars dernier,  l’ancien directeur de cabinet du président de la République avec rang de ministre, Mahamadou Camara, a été inculpé par le Pôle économique et financier pour « complicité de favoritisme » dans l’affaire des équipements militaires. Les dossiers des autres personnalités c’est-à-dire d’anciens ministres impliqués sont transmis à la Cour Suprême pour saisine de la Haute Cour de Justice.

Une semaine après l’arrestation de M. Camara,  ses conseillers introduisent une requête demandant une liberté provisoire. Sans autre forme de procès, la demande de liberté provisoire leur a été refusée. Autrement dit, l’ancien ministre de la Communication reste en prison en tout cas jusqu’à ce que la Cour Suprême saisie pour la même requête ne se prononce ou du moins s’il venait que son nom figure parmi les bénéficiaires de la grâce présidentielle.

Si au sein de l’opinion, l’on ne comprend pas les réels motifs qui ont prévalu à l’arrestation de Mahamadou Camara, puisque jouissant d’une « protection législative», au niveau de l’exécutif, c’est la consternation si on a croit le Procureur de la république du Pôle économique, Mahamadou Kassongué, qui a lâché « la détention de Mahamadou Camara a fortement déplu au haut sommet de L’Etat ».

Pour des proches du président, le Pôle économique a outrepassé ses prérogatives par rapport au cas Mahamadou Camara. Et de se défendre que M. Camara était directeur de Cabinet de la présidence de la république avec rang de ministre.  Même son de cloche chez certains juristes qui en ont fait leur chou-gras avec des interprétations en faveur ou en défaveur.

Sur la question, le Procureur du Pôle économique qui a reçu la couverture de ses pairs du Sam-Sylima (il était président du Sam), a fait une sortie de clarification. C’était à l’occasion d’une rencontre qu’il a eu avec les deux syndicats Sam-Sylima.

Pour M Kassongué « l’Exécutif est en train de faire une interprétation biaisée des dispositions de l’article 616 du code de procédure pénale qui n’accordent le privilège de juridiction qu’aux seules personnalités ayant rang et prérogatives de ministre ». Il poursuit « Que s’agissant de l’inculpé susvisé, il n’avait simplement que rang de ministre comme l’atteste d’ailleurs son acte de nomination. Que le droit pénal étant d’interprétation stricte, le Pôle estime qu’il n’a fait qu’une judicieuse application de la loi dans ladite procédure et que sa position demeura constante ».

Le Pôle économique en maintenant l’ancien directeur de cabinet de la présidence de la République dans les mailles de la justice, n’a-t-il pas l’intention de bien fouiller sous les pieds du président IBK ?  Ce qui est sûr à l’allure où vont les choses, Mamadou Kassongué et les siens veulent mettre sur la place publique les choses les plus secrètes de la république en tout cas dans cette affaire d’achat d’équipements militaires.

Faut-il rappeler qu’un directeur de cabinet est l’homme par qui passent tous les dossiers du président de la République.

Dans cette affaire, un rapport spécial du Bureau du vérificateur général du Mali révèle 28,5 milliards F CFA d’irrégularités financières.

Djibril Diallo

 

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1 commentaire

  1. Vraiment les choses sont bien claires dans cette affaire. Journalistes et magistrats corrompus, de grâce laissez Me Kassogué et ses hommes conduire ces affaires à terme. On ne peut pas vouloir d’une chose et de son contraire, vouloir d’un État de droit et encourager l’impunité parce que tout simplement on a touché à un proche. Ce que vous pouvez espérer c’est Mr le Procureur aille jusqu’au malgré les menaces et autres intimidations, même si c’est IBK qui doit répondre des faits. Est-il au dessus de la loi? Mais hélas on est au Mali où on a assisté impunément à la violation des textes de lois par le PM.

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