Le redécoupage risqué du léopardis

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Le Généralus léopardis avait, bel et bien, annoncé la nouvelle qui, aujourd’hui, donne du crédit à la rumeur : le morcellement de certaines régions en d’autres régions. II semble que, pour être effectif, ce projet n’attend que la fin des élections et l’approbation du Département de l’administration territoriale. Mais  diable, se demande-t-on,  un autre découpage administratif, c’est pour quoi faire ?…

Aux dires d’un agent dudit département, joint par téléphone, les raisons d’un tel redécoupage  revêtent deux aspects : la démographie et la décentralisation. Et d’expliquer : «  Dans quelques années, la population malienne augmentera de 11 à 25  millions d’habitants. Ce  qui rendrait plus difficile l’accès des citoyens à l’administration publique, au regard du nombre actuel des régions et autorités rattachées. En augmentant le nombre de ces autorités administratives,  on répondrait mieux aux attentes et contraintes de la décentralisation ». Au nombre de ces contraintes : la mise en place des responsables des nouvelles entités administratives, les dépenses et logistique afférentes à leur traitement, leur logement, l’achat et l’entretien des lieux de travail et de résidence, sans parler… du personnel…

Du reste, certains citoyens, interrogés sur la question, estiment que certaines entités… administratives se retrouveront trop petites et peu peuplées pour prétendre au statut de région ou de capitale régionale. Et d’autres, y  voient  des raisons, non seulement politiques, mais aussi électoralistes. Aussi, un fonctionnaire de l’institut géographique National (IGN), va plus loin : «  Moi je ne vois qu’une raison à la création de ces futures régions, préfectures et sous-préfectures. C’est pour récompenser ceux qui auront le plus contribué à l’élection du Président de la république, en 2007. En les nommant à de nouveaux postes ! C’est aussi  un moyen de contenter certains politiciens, au cours de ce second manat. La mode veut qu’au Mali, on récompense les plus méritants, après chaque élection ».

Toujours est-il qu’aux huit régions existantes, viendront s’ajouter huit autres, selon nos sources. Ce qui fera un total de 16 régions, d’où la création d’autres préfectures et sous-préfectures, et la nomination d’autres préfets et sous-préfets. Kayes perdra les régions… de Nioro et de Kita. Koulikoro dira  adieu à Fana, et Mopti sera tronquée de Bandiagara. Menaka sera libre de la tutelle de Gao. Bougouni et Koutiala prendront leur « indépendance » vis-à-vis de Sikasso ; quant aux commune de Kati et Kalabankoron, elles seront rattachées au district de Bamako. Sur cette lancée, Diré, Niafunké et Goundam se sépareront-elles de Tombouctou ?…

Mon dieu fasse que nous nous trompions ! Se peut-il que des régions et localités, liées depuis des lustres par l’histoire et la géographie, se voient séparées un beau matin, d’un coup de crayon ?  Ce qu’il faut craindre, ce sont les conséquences de ce nouveau redécoupage administratif. Certaines localités, en voie de morcellement,  commencent, déjà, à se regarder en chiens de faïence.

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