Depuis l’instauration du pluralisme politique en mars 91, le Mali cherche à se doter d’un Etat compatible avec le nouveau contexte politique, un Etat capable de renforcer la démocratie, d’assurer la sécurité et la justice et de promouvoir le développement économique et social. Dans ce contexte, les autorités politiques ont opté pour deux choix majeurs à savoir d’une part, la décentralisation et d’autre part, le désengagement de l’Etat du secteur productif et son recentrage sur les missions d’orientation, de régulation et d’incitation.
Au regard de ces orientations, la décentralisation apparaît comme le cadre idéal de l’adaptation de l’administration au contexte politique. Une meilleure harmonisation entre l’Etat et le citoyen, la réponse à la demande d’autonomisation dans le respect de l’unité nationale et de l’intégrité territoriale. A l’occasion du colloque sur la réforme administrative organisé le week-end dernier par Horizon… 2025, M. Adama Sissouma, directeur national des collectivités territoriales a fait le point de la mise en œuvre de la décentralisation au Mali de 1992 à nos jours.
Tout en mettant en relief les principaux acquis, les difficultés ou contraintes majeur, et les perspectives à court et moyen termes.
Pour M. Sissouma, la décentralisation a connu ces dernières années des avancées incontestables tant au plan institutionnel qu’en terme de fourniture de services de proximité aux populations. Il développe quatre domaines principaux qui, à ses yeux, nous permettent de nous rendre compte des efforts faits et des résultats atteints.
Il s’agit : de la mise en place du cadre juridique et institutionnel de la décentralisation ; la mise en œuvre du transfert des compétences et des ressources de l’Etat aux collectivités ; la mise en place de dispositifs d’accompagnement des collectivités territoriales ; l’amélioration de l’offre de services de bases aux populations.
Il ressort du rapport du conférencier du jour que, depuis le démarrage des collectivités, l’Etat leur consent d’importants efforts financiers. Les montants des subventions destinées à l’investissement et au fonctionnement des collectivités territoriales ont présenté : 2 106 000 000 Fcfa en 2002, 2 048 000 000 Fcfa en 2003, 5 180 860 000 en 2004, 4 902 860 000 Fcfa en 2005.
Quant aux subventions à la tutelle, elles ont atteint les niveaux ci-après : 625 000 000 Fcfa en 200, 800 000 000 Fcfa en 2002, 824 000 000 Fcfa en 2003, 1 296 290 875 en Fcfa, 1 296 290 934 en 2005.
En réponse aux incohérences, et insuffisances constatées, la Dnct a orienté ses efforts dans le sens de l’élaboration d’une « stratégie nationale de formation des acteurs de la décentralisation ». Cela a permis la constitution d’un vivier de secrétaires généraux et de régisseurs pour remédier au manque et l’instabilité de ressources humaines au sein des collectivités afin d’assurer un fonctionnement régulier de leur administration. C’est au total un vivier de 89 secrétaires généraux et de 397 régisseurs que la Dnct a formés avec l’appui de l’Usaid.
On note également la création d’une cellule d’appui à la fonction publique des collectivités territoriales.
Le Fonds d’investissement des collectivités territoriales ( Fict) géré par l’Anict s’est révélé un instrument d’importance pour les collectivités. Abondé à la hauteur de 25.353.889.188 Fcfa pour l’exercice triennal 2001-2003, ce Fonds a atteint un niveau de décaissement de plus de 96%. La création de 46 centres de conseil communal( Ccc) dans 49 cercles mis en place par 26 opérateurs choisis parmi les bureaux d’études, projets/programmes Ong opérant dans les différents cercles. Le nombre de conventions signées avec l’Anict, dans le cadre de la mobilisation des ressources du 1er Fonds d’Investissement des collectivités territoriales, porte sur 2691 projets, constitués majori-tairement de nouvelles constructions de salles de classe, de siège de mairie, de pistes rurales, de points d’eau, de maternités et des dispensaires, d’aires d’abattages et de marchés.
Il ressort du rapport général d’exécution technique et financière du 1er Fict 2001-2003, les données suivantes : 199 communes ont réalisé 5 projets et plus ; 140 communes ont réalisé 4 projets ; 160 communes ont réalisé 3 projets ; 186 communes ont réalisé 2 projets, 72 communes ont réalisé 1 projet ; 4 communes ont réalisé 0 projet.
La répartition sectorielle se présente comme suit : secteur éducation 903projets ; secteur hydraulique et gestion des ressources naturelles 342 projets ; secteur équipement de structure 926 projets ; secteur équipements marchands : 251 projets ; et enfin le secteur de la santé avec 269 projets.
Abdoulaye OUATTARA