Gouvernance démocratique: ATT doit rendre compte au peuple !

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Le Maliba de nos ancêtres, autrement dit le grand Mali, deviendra-t-il le Maloyaba, c’est-à-dire la grande déception sous le règne ATT ? C’est du moins le cri de cœur d’un Malien de la diaspora résidant en Chine, à l’autre bout du monde, parce que ce si se passe dans son pays n’est pas beau à voir ni à entendre : la perte de souveraineté nationale et la corruption généralisée à cause du leadership bancal du président ATT qui n’a pas l’étoffe ni l’envergure des anciens locataires de Koulouba, de l’indépendance à nos jours. Aussi, M. TOUNKARA, puisque c’est de lui qu’il s’agit, en appelle-t-il à un sursaut d’orgueil pour mettre le holà à cette situation qui ne doit plus durer à ses yeux.
 
Depuis la nuit des temps, la fonction primordiale d’un leader a toujours été de préserver l’intégrité territoriale de son pays, sauvegarder la souveraineté nationale et défendre l’intérêt national, d’où la signature du traité de Wesphalie de 1648 entre les différents empires ou royaumes européens au 17e siècle.
Depuis les évènements du 23 Mai 2006 jusqu’à ce jour, la partie nord du pays échappe complètement au contrôle des autorités du pays, d’où nous ne sommes pas pratiquement loin d’une situation très différente de la Côte d’ivoire où le nord est coupé du reste du pays. Les activités du GSPC dont les éléments sont des Algériens deviennent de plus en plus fréquentes depuis la prise des touristes européens sur le territoire algérien et qu’ils les ont traînés sur notre territoire. Le GSPC a élu domicile sur notre territoire à l’indifférence totale de nos autorités sous prétexte que le Sahara malien est vaste et que nous n’avons pas les moyens de contrôler nos frontières. N’est-ce pas que nous sommes en train de vivre une situation typique du Congo Kinshasa où les Rwandais s’infiltraient et font leur autorité ?
Les accords d’Alger négociés et validés malgré l’opposition de l’opinion nationale ont montré leur limite à quelques mois de leur application. Il est cependant prouvé que celui que nous considérons comme notre ami et voisin, médiateur de surcroît, apporte son appui financier et logistique à l’alliance du 23 mai. Nos autorités brillent toujours par une insouciance assourdissante. Ce qui préoccupe le prince du jour, c’est où trouver une source de financement pour sa campagne présidentielle, d’où sa honteuse alliance avec le président ivoirien Laurent GBAGBO connu comme ennemi juré des Maliens de la Côte d’ivoire.
Ahmed Sékou TOURE disait ceci : "On ne peut pas construire une nation en s’enfermant dans la confusion". Et Sékou TOURE d’ajouter : "Pour faire marcher le moteur de développement, il faut trois mouvements combinés : être derrière, au milieu et devant son peuple". Le célèbre slogan de la campagne électorale de ATT candidat en 2002 "retrouvons ce qui nous a réuni" ne correspond plus à sa conception de ATT président, il  s’est séparé  du peuple puis qu’il en fut ainsi à travers la pratique de gestion des affaires publiques, à travers la prise en otage de l’intégrité territoriale et la menace de l’existence de la souveraineté nationale. Une petite anecdote, le guide de la révolution libyenne Kaddafi a déposé une plainte contre un journal algérien l’accusant de vouloir déstabiliser l’Algérie à travers son projet de résurrection des Etats touareg du Sahara. Cependant, notre pays a été traité d’Etat voyou par la même presse algérienne, mais il n’en a rien été. Alors où est le caractère souverain de notre Etat ? La noblesse, la grandeur d’un Etat se mesure par la personnalité de son leader, son charisme qu’il soit pays riche ou pauvre. 
Nous sommes un pays pauvre, il est vrai ; mais il ne faudrait pas que nous perdions quand même notre dignité, notre honneur, notre souveraineté nationale pour lesquels nous nous sommes battus durant des siècles. Notre pays s’était toujours affirmé dans le concert des nations malgré notre bas niveau de développement économique. Modibo KEITA s’était fait remarquer dans la lutte pour la libération de l’Algérie qui aujourd’hui sert de point d’appui pour l’alliance du 23 Mai. L’actuel président de l’Algérie en sait beaucoup surtout qu’il avait passé tout son temps à cette époque à Gao pour lancer son assaut contre les troupes françaises. Modibo s’était fait remarquer aussi dans la résolution de la crise qui opposait le Maroc à l’Algérie autour du problème de Polisario. Le mot NON ALIGNE vient du Mali toujours sous le temps Modibo KEITA, en pleine guerre froide quand les anciens pays colonisés par les grandes puissances venaient d’être sevrés de la lutte pour la libération nationale, se sont retrouvés à Bandung pour définir leur position face aux blocs socialiste et capitaliste. C’est ainsi qu’il a été convenu d’adopter la proposition du Mali "le mouvement des non alignes". Sous le régime du CMLN, le Mali n’a toujours pas été si mauvais, il a continué les efforts entamés par son prédécesseur dans la lutte pour la libération des peuples en poursuivant son appui à l’ANC. Moussa TRAORE quand il assumait vaillamment le leadership de l’OUA, le Liberia était en proie à la guerre civile ; il a pu convoquer et réunir les différents groupes rivaux à Bamako autour d’une même table afin de déterminer d’une piste de sortie de crise. Sur le plan national, il n’a jamais cautionné l’idéologie des mouvements et fronts unifiés de l’Azawad qui avaient déclenché leur mouvement d’autonomie au début des années 90. Sous Alpha Oumar KONARE, le Mali a continué à être une lumière dans la sous région ou dans l’Afrique tout entière de part ses prises de position, ce qui lui a valu beaucoup de rivalité à commencer par Laurent GBAGBO, Oumar Bongo Odimba sur ses leçons de démocratie. Il fut comme Modibo un artisan de l’intégration Africaine dont il est aujourd’hui acteur. Sur le plan national, dans la résolution de la crise du nord, c’était une référence. Pas question d’accorder une autonomie à une partie du territoire nationale, le champ de la décentralisation a été lancé, tout le monde a trouvé son compte selon qu’on soit du nord au sud, à l’est ou à l’ouest.
Qu’est-ce que nous retiendrons du cas de ATT dans dix ans ou plus ? Le combat qui se dessine déjà  est celui de la partition du Mali, je ne sais pas quand ; mais à court, moyen ou long terme, nous en parlerons ; et ATT assumera toutes les responsabilités, nous en écrirons dans nos manuels d’histoire contemporaine du Mali.
La seconde observation à laquelle nos compatriotes doivent être très vigilants, c’est que l’arrivée d’ATT au pouvoir a été un porte-malheur pour le Mali, du niveau micro (à l’échelle du Mali) jusqu’au niveau macro (à l’échelle internationale). Pour preuve, je commence par le niveau macro. Élu en 2002 et ayant été investi le 8 juin 2002, le 19 septembre, la crise éclate en Côte d’Ivoire et asphyxie notre développement économique, vu l’importance du port d’Abidjan pour nos échanges économiques et commerciaux. En 2004, la crise acridienne envahit notre pays avec comme conséquence l’installation de la crise céréalière. La chute du cours du dollar, la chute prix de coût du coton et de l’or qui constituent nos devises et la hausse du prix du baril de pétrole sont autant des aspects que nous allons enseigner à nos enfants dans nos manuels politico-économiques du régime d’ATT.
Au niveau micro autrement dit national, il faudrait noter l’invasion acridienne de 2004 avec pour conséquence l’installation de la crise céréalière et l’inflation galopante. En  Mai 2006, la rébellion ressurgit. Même si on ne veut pas en parler, moi, je le dis. Car c’est réel, nul ne peut l’ignorer. Il ne s’agit pas de constater que chaque fois qu’on fait couler du sang pour reconnaître qu’il y a rébellion, mais à partir du moment qu’une partie du territoire échappe à tout contrôle par le fait des éléments armés qu’ils soient violents ou pas, il y a rébellion.
Je ne vais pas rentrer dans les détails de la corruption endogène que tout le monde sait, nous espérons que dans l’éphéméride du régime et dans la perspective des élections qui s’annoncent que le dégât s’arrête là. Le Maliba tend à devenir Maloyaba dû au comportement négatif de ses dirigeants et le manque de patriotisme exacerbé. Nous ne dormons pas sur nos deux oreilles, nous attendons un compte rendu fidèle et aucune erreur ne sera plus tolérée.
TOUNKARA Djibrilla, depuis la Chine

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