Dialogue national inclusif : Entre fonds de commerce politiques et pressions diplomatiques

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Le dialogue politique national inclusif est redevenu, depuis le mois de juillet 2019, l’un des sujets phares du débat politique. Se saisissant opportunément des conflits communautaires dans le Centre du pays, les autorités du pays pensent qu’il y’a urgence à aller à un dialogue national inclusif pour trouver une issue à la crise que traverse notre pays.

Une belle initiative qui, malheureusement, est confronté à de sérieux problèmes, du fait que la démarche du Chef de l’Etat et du Triumvirat fâche une partie de la classe politique et de la société civile. Et pour que le Chef de file de l’opposition participe à ce dialogue, le pouvoir de Bamako ne lésine pas sur les moyens. Il nous revient de source diplomatique, que pour que Soumaila Cissé participe à ce dialogue, un lobbying est en train d’être fait par le pouvoir de Bamako envers son homologue du Sénégal Macky Sall.

La machine de la diplomatie est donc en marche, avec son budget colossal pour faire bouger les lignes, car ce dialogue sans l’URD et le bloc politique Front pour la sauvegarde de la démocratie (FSD), est voué à l’échec. Mais comment comprendre que pour désamorcer la tension de la crise post-électorale, le chef de l’Etat en personne avait appelé son jeune frère pour un échange direct et que celui-ci boude ces assises nationales ? Où en sommes-nous avec la suite de cette rencontre, surtout qu’au sortir de cette rencontre avec le président IBK, Soumaila Cissé parlait d’une seconde rencontre.

Où en sommes-nous avec le processus ? Pourquoi ne pas enclencher le dialogue direct entre le chef de l’Etat et l’opposition pour aplanir les divergences ? Faut-il débourser encore des sous pour aller plaider auprès d’un autre chef d’Etat, une cause nationale ?

S’il est vrai que ce dialogue est une affaire de  gros sous, au point que certains acteurs ont leur plan diabolique derrière leur tête pour se la couler douce, au détriment d’une recherche sincère et vraie de sortie de crise.

Il faudra parer au plus urgent, qui est de faire asseoir toutes les filles et fils de la nation autour d’une même table pour parler du Mali. Au lieu de s’engager dans des faux-fuyants pour aller solliciter le voisin d’à côté. Qui, d’ailleurs, a su mettre de l’eau dans son vin, pour faire les bouger les lignes dans son pays, pour le même dialogue national, en recevant Abdoulaye Wade, l’ex chef de l’Etat sénégalais, afin de discuter avec ce dernier. Et, par la suite, gracier l’ex-maire de Dakar, Kalifa Sall.

Le dialogue national n’est pas une affaire entre le président IBK et son challenger à l’élection présidentielle Soumaila Cissé. Pas plus qu’il ne s’agisse d’une démarche politique visant à décréter une unité de façade permettant à quelques dealers politiques et autres opportunistes de tous poils de partager certains strapontins.

Il y a des familles maliennes qui ont été victimes de violences et meurtries dans leur chair qui attendent, depuis des années, la vérité et la justice pour faire enfin leur deuil. Et ce dialogue national sera l’occasion pour elles de poser le problème.

Paul N’GUESSAN

 

 

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