Qui croire face au recule au Mali ?

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Le dernier conseil des ministres du mercredi 5 courant s’est penché sur un document de première importance. Il s’agit du document dit Cadre stratégique de lutte contre la pauvreté. Pour ceux qui n’y comprennent rien encor, il s’agit du document de référence, le premier, le seul et l’unique en matière de politique stratégies de développement au Mali.

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C’est un bréviaire pour les autorités maliennes et pour l’ensemble des partenaires techniques et financiers.

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D’après ledit document, la pauvreté a considérablement reculé au Mali. Autrement dit, le nombre de Maliens vivant avec un revenu annuel de plus 156 195 CFA (seuil de pauvreté) s’est accru considérablement. Le taux en hausse est passé de 47,5 % en 2002 à 56 % en 2006. Officiellement, les autorités malienne s’en réjouissent. Pour cause, cette hausse a été enregistrée malgré, selon le Gouvernement, «les aléas climatiques, la baisse des cours du coton, la hausse du prix du pétrole, l’invasion des criquets…».

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Point n’est besoin d’appartenir à la haute sphère de décision ou au cercle fermé des finances pour comprendre l’ampleur du fossé entre ces chiffres officiels et la réalité de la pauvreté. Dans leur galère de tous les jours, les Maliens ne comprendront pas encore davantage dès lors que le recul de la pauvreté est exprimée, calculée, en terme monétaire (156 195 CFcfa par an). Parce que l’argent, c’est ce qui manque le plus aujourd’hui.

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Dans le même document, le gouvernement avance des chiffres sur le taux brut de scolarisation qui est passé à 75 % contre 64,4 % en 2002. Le document ne renseigne pas cependant sur le coût de l’accès école. Encore moins sur celui de la santé, sur laquelle l’évaluation porte plutôt sur le pourcentage de Maliens vivant à 5 km d’un centre de santé (5 1% en 2006 contre 44 % en 2002). Autre chiffre en hausse, c’est celui de Maliens ayant accès à l’eau potable. Le pourcentage passe 57 % en 2002, contre 67,4 % en 2006. Le gouvernement donne également des chiffres sur l’accès au téléphone sans en déterminer l’incidence sur la pauvreté ambiante. Ainsi, en 2006, sur 100 habitants, 11,5 personnes ont accès au téléphone, contre 6,25Malinens en 2005 et seulement 3,37citoyens en 2004.

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C’est une doux euphémisme que d’affirmer que tous ces chiffres et résultats (5 % de taux de croissance) n’ont eu aucune incidence sur le panier de la ménagère. La situation est telle que ce panier fait déborder la révolte populaire.

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Pourvu que le gouvernement ouvre les yeux sur les chiffres pour regarder en face la réalité qui crèvent l’œil.

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B. TAMBOURA

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