L’ADM au chevet des réformes constitutionnelles d’ATT : Les dessous de la prompte montée au créneau de Madani Tall

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Le président de la République Amadou Toumani Touré voudra établir le répertoire de ses véritables soutiens avant de descendre de la colline du Pouvoir dans 10 petits mois. Ceci dans la mesure où, à quelques mois de la fin de l’ultime mandat, même le dirigeant le plus adulé à l’entame de son mandat cherche désespérément ses  vrais amis. Par sa récente sortie médiatique pour défendre les réformes constitutionnelles, le président du parti Avenir pour le Développement du Mali (ADM) Madani Amadou Tall non moins Conseiller aux affaires économiques d’ATT semble appeler à une loyauté …prolongée.

Après le répit observé dans le landernau politique à la faveur du mois sacré du Ramadan, les acteurs politiques viennent de reprendre leurs… activités. Le président du parti Avenir pour le Développement du Mali (ADM) a mis cette reprise à profit pour monter au créneau et adresser quelques piques aux "agitateurs qui font des dénonciations creuses du projet de la nouvelle Constitution sans aucune proposition alternative, leur fonds de commerce politique".

     En choisissant d’aller, le plus tôt possible, le lundi 5 septembre dernier à la Maison de la presse à la rencontre des hommes des médias pour témoigner publiquement soutien sans faille au projet de relecture de la loi fondamentale malienne de février 1992, Madani Tall et ses amis de l’ADM cherchent visiblement à marquer quelques points à leur compteur de sympathie à ATT.

D’abord, l’histoire retiendra, pour toujours, que le parti des trois baobabs a été la première formation politique à aller au charbon pour "soutenir, sans réserve, les réformes constitutionnelles" initiées par un président de la République, qui se prépare à quitter les affaires dans dix petits mois.

Or, il est établi qu’ATT a beaucoup souffert, dans un passé récent d’un esseulement au moment où il avait plus que jamais besoin de ses laudateurs, prébendiers et autres thuriféraires d’amis les uns plus opportunistes que les autres. Par cette sortie, le Conseiller aux affaires économiques du Chef de l’Etat, Madani Amadou Tall, veut certainement montrer à son mentor à qui il voue une amitié filiale depuis son jeune âge (ses 23 ans, selon ses propres termes) qu’il est un de ses véritables et sincères lieutenants.

Et, puisque l’on avait beaucoup supputé sur les motivations réelles qui avaient poussé ce jeune économiste à créer une formation politique alors que le PDES aurait pu incarner ses aspirations, le président de l’ADM montre là une justification de son engagement politique autonome.

L’élu communal de Déguémbéré (dans le Cercle de Bandiagara) envoie, par cette sortie médiatique et les actions de sensibilisation que son parti compte lancer pour défendre le projet de révision, un signal fort aux autres formations politiques de la majorité présidentielle. Comme pour dire "Quand une initiative du président est contestée, nous devons rapidement venir à sa rescousse". Ce message est un tocsin dans les oreilles du Parti pour le Développement économique et la solidarité (PDES) dont les premiers responsables semblent en avoir cure des houleuses contestations dont risque de faire l’objet le projet de réformes du Chef de l’Etat.

A la tête de ceux qui se sont autoproclamés les " héritiers d’ATT ", les premiers responsables du PDES comme Hamed Diané Séméga, Jeamille Bittar, Ahmed Sow (Conseiller spécial du Chef de l’Etat) ne sont-ils pas plutôt préoccupés de leur positionnement de " candidat présidentiable" qu’à réfléchir aux éventuels soucis du Chef de l’Etat ? C’est au point qu’on se demande en quoi le PDES peut-il justifier l’étiquette de " parti présidentiel " que plus d’un observateur lui colle.

Par ailleurs, certains observateurs n’hésitent pas à voir en cette promptitude du leader de l’ADM à voler au secours du locataire de Koulouba, des yeux doux que  Madani Tall ferait au faiseur de roi ATT.  De là à conclure que ce jeune leader cherche à tirer un quelconque drap de dauphin du président ATT, il y a un grand pas que nous n’osons pas franchir; même si dans le monde politique, les retombées de toute  action sont difficiles à quantifier.

Toute proportion gardée, le président de l’ADM affirme ne pas craindre l’adversité que peut lui susciter cette sortie médiatique. Seulement, cette adversité peut aussi être source de bien de sympathies puisque, comme on le sait, l’on a souvent tendance à prendre fait et cause pour la victime. Surtout si cet agneau sacrificiel a été constitué pour l’icône qu’est ATT.

En définitive, même si l’ADM n’a, peut-être, pas ravi  la vedette aux formations politiques de la majorité comme l’ADEMA, l’URD, le CNID, le RPM,  son jeune président, qui a été le délégué de la diaspora malienne d’Amérique du Nord à la Conférence nationale d’après 26 mars 1991 aura marqué un coup politique. Quitte à lui de l’amplifier pour en tirer profit dans la perspective des prochaines élections générales de 2012. 

Bruno D SEGBEDJI

 

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