L’adresse du Président à la Nation

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Après donc le meeting populaire du 05 juin à Bamako sur la place de l’indépendance, c’est donc le dimanche 14 juin qu’Ibrahim Boubacar Keita a rompu le silence par une adresse à la Nation.

Ce discours tant attendu par de nombreux maliens a été diversement interprété par les uns et les autres. Si certains l’ont trouvé expressif par le fait que tous les points, toutes les revendications connues ont été évoquées, si pour eux IBK a été franc en disant ce qu’il avait au fond de son cœur, pour d’autres c’est la déception.  Déception par le fait qu’IBK n’a fait aucune proposition concrète par rapport aux doléances prônées par le meeting du 05 juin. Au contraire, il appelle les maliens à faire foi aux institutions de la République. Donc pas de démission rappelant ainsi les propos de Moussa Traoré, en réponse aux exigences du mouvement démocratique « N’tè, sèbèkoro

tè ». Selon toute analyse, le président ne se sent intéressé que par la satisfaction de la revendication des enseignants par rapport à l’exécution de l’article 39. Est-ce pour affaiblir le mouvement du 5 Juin ? Et pourtant au cours de ce discours, il dit prendre en charge l’ensemble des doléances pour faire face à toutes les revendications sociales. Mieux encore il se dit ouvert au dialogue avec les initiateurs du mouvement du 05 juin. Pour de nombreux maliens, IBK n’a fait aucune proposition concrète visant à l’apaisement du climat politique. Or tout le monde sait que les dernières élections législatives ont été très mal gérées par « les neufs sages » de la Cour Constitutionnelle. Combien de mal élus sont en train de se pavaner gaillardement dans les locaux de l’hémicycle. Toujours dans son intervention, IBK se réjouit d’avoir reconduit Boubou CISSE dans sa fonction de premier ministre. Or, cet homme tout en reconnaissant en lui un cadre valable a échoué dans sa fonction de premier ministre. Du temps de Boubou CISSE, l’école malienne et l’enseignant ont été bafoués, vilipendés. Cette école a été divisée entre les écoles du public et les écoles du privé comme si nos enfants n’avaient pas les mêmes droits à l’étude. L’armée reconstituée dont pouvait s’enorgueillir Boubou CISSE s’est sabordée aux portes de Kidal. Le dialogue que le premier ministre a voulu initier entre les dogons et les peulhs a échoué parce que les premières cités l’ont désavoué. Voilà donc que le président dans sa sagacité lui fait des éloges bien qu’il soit décrié par de nombreux maliens. Quoi qu’on dise, la plupart des commentaires tenus par-ci et par là laissent apparaître clairement que la majorité des maliens sont déçus par le discours de son excellence El Hadj Ibrahim Boubacar Keita. Là où on pense avoir du concret, l’abstrait et le flou ont pris place. L’espoir attendu a tourné au désespoir ou c’est « la montagne qui a accouché d’une souris ».

M.M. Dembélé

 

 

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