Les gouverneurs de régions de Taoudenni et Ménaka nommes : Signe de décrispation entre le gouvernement et la communauté internationale

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Pomme de discorde entre le gouvernement et la communauté internationale, la création des nouvelles régions connait une avancée. La nomination des gouverneurs des régions Taoudenni et de Ménaka pourrait être un signe de décrispation.

 

La nomination en conseil des ministres, le 19 janvier 2016, des gouverneurs de régions de Taoudenni et à Ménaka est un début d’application de l’accord pour la paix et la réconciliation. La création de nouvelles régions et collectivités est vivement sollicitée par la communauté internationale et la dernière réunion du Conseil de sécurité des Nations unies en a fait un préalable.

Les deux nouvelles régions étaient jusque-là des démembrements des régions de Tombouctou et de Gao. La localité de Taoudenni est considérée comme le fief de la communauté arabe installée dans le vaste désert au bord de Tombouctou. L’érection de cette bourgade en région répond à la volonté de cette communauté de trouver un mode de gouvernance propre à ses spécificités.

Selon des indiscrétions, la nomination d’un  gouverneur obéie à ces critères, car l’inspecteur des impôts Abdoulaye Alkadi a eu la caution des dignitaires de la communauté. Mais cette décision de nommer un gouverneur dans cette zone reculée sera aussi butée à un problème d’administration, car sa particularité est qu’elle est habitée par des populations nomades.

Le grand défi est comment délimiter Taoudenni et résoudre la lancinante question de la sécurité des agents de l’Etat. La tâche ne sera pas facile et l’enjeu pourra être la cohabitation entre administration et collectivités à l’heure de la régionalisation.

Ménaka était un cercle de la région de Gao mais qui se glorifiait de ses attaches poussées avec la région de Kidal. Ménaka a été toujours un enjeu pour les rebellions successives et a échappé à plusieurs reprises à l’Etat central. En érigeant cette ville en région, les décideurs voulaient contenir les velléités séparatistes qui ont pris de l’ampleur ces derniers temps. Le premier gouverneur de Ménaka, Daouda Maïga connaît bien la région et a été très actif dans la crise. Tout comme Kidal, Taoudenni et Ménaka sont administrés par des cadres qui ont eu la caution de la notabilité et légitimités traditionnelles.

En attendant, c’est la loi qui porte création de nouvelles régions qui ne semble pas connaître d’avancées notoires. Toutefois, des sources font remarquer qu’elle connaîtra son application en 2017. Si le projet de loi a été initié par le régime d’ATT, il gagnera à être élucidé par le pouvoir actuel.

Alpha Mahamane Cissé

 

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